AVERTISSEMENT III
tard des arguments qui maintenant lui semblent sans recours possible. C'est un exemple entre bien d'autres, car c'est en conséquence de nombreuses luttes contre des opinions dont il s'était fait d'abord, de bonne foi, le propagateur par la plume et par la parole, qu'il est arrivé peu à peu dans les directions les plus diverses à y substituer une explication compatible avec l'allure générale du milieu géologique. Car, c'est avec une véritable surprise dont il n'y a pas lieu de souligner le charme, qu'il a reconnu peu à peu la convergence de toutes les théories de détail vers une synthèse grandiose consacrant l'harmonie des vestiges de tous les âges et de toutes les sortes contenus dans la masse terrestre : synthèse qu'il désigne sous le nom d'Activisme.
Cette fois, ce n'est plus simplement, comme avec Prévost et Lyell d'homologies qu'il s'agit entre les périodes comparées les unes aux autres. C'est la négation même de la limitation et de la réalité de ces périodes ; c'est l'affirmation de la continuité des effets mutuellement associés par le jeu de véritables appareils, fonctionnant de concert avec l'allure de tissus et d'organes définis. C'est, par conséquent, la répudiation à priori de toute supposition de cataclysmes généraux, de toute « révolution du globe » : c'est la proclamation de la vie qui régit toutes les parties de l'ensemble planétaire, la négation de l'immobilité ou pour mieux dire de la statique naturelle, qui ne trouve pas même un refuge dans la substance des cadavres,
IV AVEBTISSEMENÏ
où le premier effet de la « mort » est de déclancher un paroxysme de vie parasitaire.
Il va de soi que de semblables conclusions n'ont pas été sans provoquer des résistances de tous genres, chez les adeptes encore nombreux des anciens points de vue : il fallait s'attendre à les voir user contre les prétentions nouvelles, de toutes les ressources de leurs arsenaux : protestations indignées parfois exprimées (sans mandat d'ailleurs), pour « dégager, en quelque sorte, le crédit de la science française au regard de létranger»; obstacles et même veto opposes à la publication de résultats acquis; même conspiration du silence, manœuvre qui fut de tout temps si sévèrement qualifiée, etc. Et cependant, une fois aiguillé dans cette voie, si radicalement inverse des vieilles idées qui tablaient sur la mort et l'inertie des profondeurs de la terre, on arrive très vite à y voir s'accentuer le caractère évolutif de chaque catégorie de phénomènes.
Par exemple, une couche de sédiment marin étant donnée, et subissant l'enfouissement sous des dépôts plus récents, elle se montre en proie à une foule d'actions qui la modifient sans relâche et qui la font ressembler de plus en plus, à mesure que le temps s'écoule, aux éléments des « formations géologiques ». Chaque progrès en ce sens est le germe d'un progrès ultérieur et il peut être indiqué, à cette occasion, de noter que l'auteur tout en écrivant Y Histoire géologique de La mer, a été amené plus d'une fois