LES SOURCES THERMALES
•monlé. dans rinlervalle des deux voyages, à Mariara de 4**, 7. à las ïrincheras de 6**, 7. C'est que dans cet intervalle avait eu lieu le tremblement de terre qui avait bouleversé la ville deK^aracas: le mouvement avait sans doute ouvert des canaux plus profonds, amenant les eaux de plus bas. Les eaux thermales de las Trin- -cheras, qui sourdent d'une fontaine granitique, sont presque pures. Apres plusieurs cascades très pittoresques et entourées d'une végétation luxuriante, elles forment le rio de Aguas Calientes, rempli de crocodiles qui y sont attirés par la chaleur agréablement diminuée.
M. Domeyko a cité, dans ses mémoires sur le Chili, des sources minérales, au nombre de quatre sortant les unes à côté des autres dans un espace de 12 à i5 mètres de lonj^ueur, et dont quelques-unes marquent plus de Se"* de différence dans leur température, quoique les ouvertures d'où elles sortent, se trouvent à la distance de 2 à 3 pieds Tune de l'autre.
Et voici un tableau des températures de nos principales «ources thermales.
dhaiides-Aigues (Cantal).
Ax (Ariège)
Amélie (Pyrénées - Orientales)
dette (Pyrénées - ( )rien taies)
Plombières (Vosges). .
Bagnères-de- I^ 11 c lion (Haute-Garonne) .
Bourbonnc(Haule-Marne).
Dax (Landes)
La Motte (Isère).
La Bourbouie (Pny - de - Dôme)
^ana veilles ( Pyrénées - Orientales)
Le Vernet (Pyrénées-( )rientales)
Si"C.
es
Go
Go
Pietrapola (Corse). ... 58
Bourbon- La ricy (Saône-el- Loire)
Guagno (Corse)
Carcan icres(A riège) .
Saint - Sauveur ( Hautes - Pyrénées)
Bourbon - rArchaiiibault (Allier)
Evaux (Creuse)
Cauterels (Hautes - Pyré -
nées) 53 1/2
Luxeuil (Haute-Saône). . 52
Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) 5 1
Lamalou-Fks (Hérault). . ^8
Aix-les-Bains (Savoie). . ^7
Bien entendu, il s'ajrit ici de la température la plus haute <lans une même localité, les différentes sources des stations thermales étant loin d'avoir toutes le même degré de chaleur.
îfiS INKILTHATItLN DKS KAIX hK l'Ll'IK
I^es sources chaudes ont une très grande influence sur la végétation, et I^eroq en cite des exemples:
A Evûux (Creuse), où les travaux des llomains étaient combl«^!» depuis quel(|ue temps, des eaux minérales chaudes, s*érhappant du terrain primitif, s'écoulaient sous la terre végétale et enlrelcnaient une température souterraine très élevée : la main appliquée sur les rochers percevait fort bien cette chaleur. Des arbres. d<»s noyers surtout, dont les racines descendaient jusqu'aupri*< des sources, acquéraient promptement un volume énorme et un feuillage tout à fait extraordinaire. Les légumes semcs sur ce terrain d(»vanvaient la croissance de tous ceux des environs et n'attendaient pas le printemps pour se développer. On fut quelque temps à se rendre compte dr la raison de celle fertilité : elle apparut lorsqu'on déblaya les quelques mètres de terre qui cachaient les sources.
Chaudes- Aifrues, dans le Cantal, doit à ses sources chaudes une température (extrêmement douce et des avantages économiques précieux. Ses eaux, dit Leco(|, représentent pour elle la richesse d'une foret de .l^o hectares, car la quantité de chaleur (ju'ellcs produisent cha<pic jour équivaut à la combustion de 5.000 kilogrannnes de charbon par jour ou de i s. ooo kilogrammes de b(»is. Cliacjue ménage a sa part de chaleur. De» conduits de bois apportent aux maisons IVau qui circule sous l«'s planchers l'hiver. — 1 été on laisse* tiédir en pure perte le ruisseau de Hemontalou. On lav(\ bien entendu, son linge san« d'autres frais cjue ct»lui du savon. Le foulage des draps, Tépilage des porcs ne coûtent (pie le travail de l'ouvrier. Enfui, c'est plaisir (le faire cuire* (*l éclore des (pufs.
La s(»urc<* (hi Parc, (jui est à 8(S" et dont la vapeur est si chaude (pion ne peut en approcher la main, sort pourtant des fentes d'une roche tout*» tapiss(''e dune mousse magniii(pic et d'une algue. la Tmiif/ln rrlini/a. (pii croit m<'me à l'intérieur des^rîflons.
Les jçeysers. — Les phis curieuses, h»s plus importantes de» sources consid('ré(*s seulement au point de vue de la température s(jnl les LTcNsers. caractérisés par le jaillissement intermittent de xdumineuses colonnes d'eau poussées verticalement ou obli(piement |)ar de la vapeur très chaude.
LES «iKYSEHS 169
Les plus anciennement étudiés sont les geysers d'Islande, dont la plupart sont situés dans une plaine longue de 6 kilomètres et large de 2, bornée par une chaîne de montagnes, le Barnar-IIell, qui fait partie d'un contrefort de l'Hécla. Cette région s'annonce par d'épaisses vapeurs, par des grondements sourds. Sous le sol silicifié, l'eau bout sans cesse, jaillissant de temps en temps de tous les côtés.
Nous empruntons à un voyageur, le docteur Labonnc, le récit d'une éruption du Grand Geyser.
« Les courlis, dit-il ('), qui planaient en bandes nombreuses so mirent à fuir en poussant des cris aigus, et le sol trembla, ce qui signifiait : une éruption va se produire ! Nous n'eûmes, en effet, que le temps de courir à toutes jambes pour arriver à point jusqu'au bord du Grand Geyser.
(( Une puissante colonne d'eau, aussi large que rorifice à sa base, jaillissait alors en s'évasant dans les airs avec d'effroyables sifllements, tandis que la terre frémissait sous nos pieds et qu'un bruit formidabb» semblait sourdre de la vallée fumante. Ensuite, la gerbe retomba dans le gouffre, mais pour remonter immédiatement après ; il y eut de la sorte quatre ascensions et quatre chutes consécutives, qui jouèrent quatre minutes; puis, comme dans un feu d'artifice, arriva le bouquet, qui fut la plus haute projection de la douche brûlante, jusqu'à 3o mètres. Après quoi tout rentra dans Tordre. Quand la vapeur à odeur légèrement sulfureuse qui nous enveloppait eut été dissipée par le vent, je gravis le monticule de silice qui entoure le réservoir et je pus plonger le regard jusque dans la cavité du puits.
(( Le Geyser était si bien épuisé sous l'effort de sa dernière poussée qu'il était absolument vide, et il fallait regarder tout au fond pour percevoir le liquide bleuâtre en ébullition. Ce n'est en effet que graduellement que l'on voit, par la suite, l'eau s'élever de nouveau et venir allluerà la surface libre du canal. La température des parois de la cheminée un moment vidée est telle que rorifice du Geyser se dessèche immédiatement. Je mis à profit cette propriété pour y faire rôtir des oiseaux destinés au déjeuner du lendemain, Ce prosaïque usage du Geyser est chose commune. »
(') I^a iSc.tiire. du lO jiiillol 1887.
17<» INFILTHATION UKS FAIX DK PLUIE
Le canal du Grand Gcvser a environ !\ mètres de diamètre à son orifice. Il va en se rélrécissanl dans les profondeurs de la terre. Un bassin conique dominant la plaine de 3 mètres entoure le (.leyser, formé par ses dépuis de tufs siliceux (geyserile) disposés (*i\ plaques minces et extrêmement dures.
Les jaillissements du Grand (joyserétaient plus fréquents autrefois qu'aujourd'hui. Un observateur qui voyageait en Islande en I77ti dit qu'ils se produisaient à plusieurs reprises par jour. D'après le docteur Eugène Uobort, le phénomène, en i835, se manifestait ordinairement une fois en vingt-quatre heures. El selon le docteur Labonne (i88fi), il s'espaçait de trois en trois jours.
Le Strokkr, peu important avant le tremblement de terre de I7S(), est maintenant le geyser le plus considérable de l'Islande. Il a des éruptions spontanées très fréquentes : mais on peut aussi provoquer le jaillissement en jetant des mottes de tourbe dans la <*lieminée, (|ui est beaucoup moins grande que celle du Grand (ievser. Aussitôt, le bouillonnement devient moins fort dans la source et finit par cesser entièrement : le silence s'établit, règne quelques instants, puis on perçoit un bruit semblable ù celui que produit une masse liquide (|ui commence à bouillir.
u Une immense colonne d'eau, dit encore le docteur Labonne. jaillit environ une heureaprès. et cela nous advint sans le moindre avertissement, au moment même où je m'edortais de me rendre conq)tc du mouvement rotatoire du liquide au fond du lube. Le premier jet sort avec une maestria et une fureur incomparables : un rugissement assourdissant l'accompagne, tandis <|uc \o snl Irembh» comin<» pour le (ieyser. et souvent cette tré- [)i(latioii s'iiccu^io à plus de kx^ inèires. ». Les éruptions d'eau *-c répèN'ul jusqu'à (piin/e ou vingt fois, coup sur coup: un jet Il a pas soii\rnt Ir temps de retomber avant le jaillissement de l'autre. L eau du (irand ( icvser et celle du Strokkr se maintien* nent à la tcnipératurc de loV-
Le Petit (ie>ser. qui est au sud-ouest du Strokkr, ne s*élance j tinai'^ à plu*^ de i> mètres, mais son débit est continuel et d*une «'\tr<'me aboiidariee.
Parmi les .'{."kk) s( Mirées ebau(le< du Yellowstone Park, Ltah 1 Mlat--l iiis i, on eoinplr plus de Si) ge\sers.
LKS GEYSERS 171
« Les plus grands, dit M. Marcellin Boule (') qui les a visités, sont TExcelsior, le Monarque, le Géant, la Huche, le Splendide. Excelsior est le roi des geysers. Son cratère a 100 mètres de diamètre. Ses éruptions, très irrégulières, sont remarquables par leur violence. Des quartiers de roc sont parfois projetés dans les airs à 80 mètres de hauteur. La quantité d'eau émise à chaque éruption est si considérable qu'elle élève de plusieurs pouces le niveau de la rivière voisine, la Firehole.
« La colonne d'eau bouiUanlc du Géant est moins volumineuse que celle de TExcelsior, mais elle s'élève à une hauteur beaucoup plus considérable : 260 pieds au début de l'éruption. Celle-ci a lieu régulièrement tous les six jours et dure une heure et demie.
« Le geyser le plus populaire du Parc s'appelle le vieux Fidèle, parce qu'il joue à des intervalles réguliers. En 1891, xî'était toutes les cincj ixiinutes. Actuellement, il n'entre en éruption que toutes les 70 ou 80 miautcs. Son cratère est admirable. Ses concrétions de gcysérite sont de toute beauté. »
En Nouvelle-Zélande, la région des geysers s'étend le long du Waikalo, à une distance de i kilomètre et demi sur les deux rives. Les sources les plus remarquables dans la contrée sont comprises dansunelargemasseblanchâtrededépotssiliceuxde i2omètresen tous sens. Là sont soixante-seize sources jaillissantes. De llochstetter, témoin de plusieurs éruptions de ces geysers, raconte que l'eau s'agitait tout à coup et formait instantanément un jet puissant qui s'élevait en ligne oblique à une hauteur de près de 7 mètres, conservant une température de 9^'* centigrades. Puis, le bassin se vidait, laissant voir une ouverture étroite en forme d'entonnoir, d'où s'échappaient des vapeurs. 11 y eut trois éruptions dans l'espace de quatre heures.
Une autre fontaine, voisine de celle-ci, lança au moment du tremblement de terre de Wellington, en i8/»8, un jet d'eau avec iles pierres, qui s'éleva à trente mètres d'altitude et s'y maintint pendant près de deux ans.
Près du village de Tokadou, sur un espace de 3 kilomètres, «'étend une autre région de sources jaillissantes. De la haute
(*) La Nature, du 22 mars irjoa.
172 INKILTKATIUN DKS KAL'X l»K IMAIK
Hier, 011 aperçoit la colonne de vapeur qui s'échappe du Pironi.
Mais ce qui en Nouvelle-Zélande excite par-dcssug tout l'admiration des voyageurs, c'est la région des lacs, qui dépasse en inanirest<itions geyséiiennes les phénomènes les plus étonnants de rislande. Le Uotomahara, ou lac chaud, qui n'a pas tout à fait I 000 mètres do long, sur ^ioo de large, est situé à plus de 3ooo niMres au-dessus du niveau ile la mer. Des collines arides l'entourent; ses eaux sont verdàtres, ses hords marécageux. De toutes parts jaillissent des colonnes d'eau bouillante qui échauffent le lac tout entier et le couvrent de vapeur. Les principales sources sont sur le rivage oriental du lac. La plus belle est le IV'Tarnta (Uoche-Tatouée), dont les eaux s'échappent en bouillonnant dans le lac par des terrasses successives, offrant l'aspect du marbre blanc et ornées de stalactites d'une pureté éclatante. Vingt-cinq geysers alimentent le Uolomahara(*).
11 y a d'intéressants geysers au Japon, an Mexique, etc.
Les sources minérales. — Sans nous préoccuper de la température, nous distinguerons parmi les sources minérales, les eaux salées, les eaux sulfurées, les eaux sulfatées, les eaux carbonalées et les eauxcarl)oni(juées, les eaux ferrugineuses, les eaux boratées. les eaux sulfuri(|uées, les eaux chlorhydriquées, les eaux bitumineuses et les eaux à très faible minéralisation.
Les sources salées les plus frappantes, sinon les plus répandues, sont, comme les geysers, associées à la fonction volcani(pie. Ce sont les salses ou volcans de boue, que Ton voit aux deux lîxlrémités de la clunne du Caucase, en divers points de 1 Italie, aux environs de Turhaco (\ouvelle-(îrenade), dans l'Ile CélMx*. à Java. et<\
Spallan/ani(|ui. on \';^\)^ a étudié la salse de Sassuolo, nous en a donné une description particulièrement intéressante à notre j)oint d(* vue( '). <( Kll<» se présente sous la forme d'un cune terreux, haut de deux |)it'(ls. terminé par un entonnoir dun pied de diamètre, d'où sorlrnl. p:ir inlervalh»s. des bulles de 4 ou ô |)ouces de diamètre qui. a |>eine formées, éclatent et disparais-
<■) * "}'i'j^ fl'iii-^ l^* /'«ji /-.*%;.'</.<. Trailut tinii ru^caii. i» \ol. in-8. Pari», an VIII.
LKS SOURCES MLNÉRALES 178
sent. Ces bulles soulèvent une terre argileuse grisâtre, imprégnée d'eau et semi-fluide, qui déborde au-dessus de Tentonnoir et descend le long des parois extérieures. A cette époque, les éruptions de la salse paraissaient très faibles en comparaison de celles qui étaient survenues dans les temps passés; ces dernières avaient fourni vers Touest des coulées de boue, qui s'étaient étendues jusqu'à la plaine où passe la grande route et elles occupaient une aire d'environ trois quarts de mille de tour. » Il y eut en i835 une éruption violente de boue. En appliquant Toreille contre le sol, on entendait un bruissement semblable à celui d'un écoulement d'eau. La quantité de matière terreuse rejetée pendant cette éruption s'éleva à plus de 100 millions de mètres cubes.
Les volcans de boue de Turbaco, connus sous le nom de volcancitos, sont au nombre de vingt. Les plus grands, formés de terre glaise ont 6 à 7 mètres de hauteur et au moins 9.5 mètres de diamètre à la base. Au sommet se trouve un orifice circulaire de i'",5o à 2 mètres de circonférence, et la partie supérieure de l'entonnoir est remplie d'eau reposant sur une couche de boue.
L'eau salée est intimement associée aux gisements de pétrole. Elle imprègne en quelque sorte les couches du bassin de Bakou, jaillissant, froide ou chaude, sur certaines lignes d'élection selon lesquelles les strates du sol sont pliécs ou même traversées par de grandes cassures. Aux Etats-Unis, les sondages de Pittsburg ont fait connaître que trois substances jaillissantes y sont renfermées dans un seul et même récipient, dans des roches closes de toutes parts, où, suivant leurs densités relatives, coexistent trois niveaux superposés, le plus profond, d'eau, le second, de pétrole, le plus élevé, de gaz comprimé. Si l'issue ouverte par le trou de sonde n'intéresse que la région supérieure, c'est exclusivement du gaz qui sort, et quand il cesse, l'appareil naturel demeure inerte, son moteur, qui était la pression du gaz, ayant disparu. Mais si le sondage est pourvu d'un tube qu'on pousse au travers de toute l'épaisseur du gaz, pour le faire pénétrer dans le pétrole qui est en dessous, la détente du gaz donne lieu à un jet d'huile minérale qui durera aussi longtemps que le tube plongera dan^ le liquide. Enfin, si on a poussé le tubage jusqu'au fond de la
17^ INFILTUATION DKS KAtX l)K l'LCIE
poche, on assiste à trois éruptions successives : la première d'eau salée, la deuxième de pétrole, la troisième de gaz.
Les sources salées les plus communes ont une tout autre origine, et pendant longtemps elles ont été, après la mer, les seules mines de sel; plus tard, elles ont indiqué les points où le précieux minéral devait ntro cherché, et c'est à leur sortie que Ton doit, par exemple, la découverte du célèbre gisement salin et potassique de Stassfurth, en Prusse. Nous en citerons quelques-unes :
Balaruc (Hérault) possède une source à 4"'* qui renferme par litre () grammes de sels, dont 7 de chlorure de sodium. L*eau jaillit sur les hords de l'étang de Thau ; elle a des propriétés excitantes employées contre le lymphatisme ;
Les eaux de Bourb(»nne (Haute-Marne) renferment par litre 6 grammes de chlorure de sodium ;
Les sources minérales de Kissingen (Bavière) sont, grâce au magnifique pulls artésien qui va chercher Teau à622 mètres, une véritable mine de sel :
Le Salzbourg, dont Ir nom est bien significatif, possède les bains de Ueichenhall, alimentés par une vingtaine de sources salées, sortant du calcaire; les salines deBerchtesgaden, dans les galeries profond(»s descpiellos se trouve un lac salé de 100 mètres sur ^-^o. alimenté par une source a\ant 'Ji"]" «de sel avec une température constante de 8 à <|" crniigrades ; le Salzberg d'Ischl qui contient une source salée el une source sulfureuse; le Salzberî» de Ilallsliidl. au-dessus du précédcnl, n'a, au contraire, que des ftMilaines «l'eau douce, au milieu de ses gisements salins que, pnur 1 extrîiclion du sel. on inon<Ie deau que l'on pompe, après l'v a\«)lr laissé séiounuT un mois. \
(t Le pnxtMlr (le 1 inondation, dit le docleiu'Labat ('), pratiqué durant des siècles, introduit dans la masse et dans la structure des montiiLMics de sel gemme, des modifii^ations importantes : r<»au dissout \rs cristaux de sel disséminés dans Targile et laisse un dépôt argileux sur le plancher des chambres, tandis que la voûte est attaquée il diminue d é[)aisseur à chaque inondation; en suite, qu'après un hjiii: lenqis, les argiles salilères sont rem-
(') iJific sur Is'hl ft le Snl:f:>itnmcr'ja!.
LKS SOrRCKS MINEKALKS 17;)
placées par des couches d'argile peu salée, et que la montagne est comme criblée de vasles cavités. »
Les eaux de Kreuznach (Prusse rhénane) et celles de Wiesbaden (Nassau) sont aussi extrêmement riches en chlorure de sodium.
« La vallée de Touzla-Sou, en Asie-Mineure, ou vallée de Teau salée, mérite une mention toute spéciale. Elle est entourée près de son embouchure descarpements qui frappent tout d'abord par leurs teintes blanches variées de bleu, de rouge et de jaune. En examinant leurs flancs tournés du côté de la vallée, on les voit complètement désagrégés et décomposés par une multitude de filets d'eau salée qui jaillissent de leurs fissures et qui, ens'écoulant dans la plaine, l'ont revêtue d'une croûte fendillée, au travers de laquelle sortent également une foule d^ petits jets d'eau. En traversant la plaine située au nord-est du village de Touzia, on sent brûler la semelle de ses chaussures chaque fois que les pieds se trouvent en contact avec une de ces fontaines presque imperceptibles qui sourdent partout du sol, et dont la température est de 78 à 90 degrés centigrades. De distance en distance, la plaine est sillonnée par de petits bassins que Ton y a creusés, afin d'y concentrer l'eau et de Ty laisser s'évaporer, ce qui s'opère avec une étonnante rapidité et donne naissance à des quantités de sel très pur. Les jets d'eau qui s'élancent des flancs des montagnes se multiplient et acquièrent un énorme développement à Test-nord-esl du village tie Touzia. C'est ainsi qu'à peu près a dix minutes de marche de ce village, là où la vallée se rétrécit en une gorge, on voit sortir, des flancs du rocher une magnifique gerbe dont la longueur est de l'^J)^ et la grosseur à sa base de 3/| centimètres. L'eau de ce jet a une température si élevée qu'à deux reprises mes tliermonijètres éclatèrent aussitôt que je les y eus plongés. Le goût de l'eau est extrêmement salé; c'est probablement une dissolution de chlorure de sodium toute pure, et au plus haut degré de saturation. Au-dessus de cette gerbe, une foule de petits jets s'élancent des fissures des rochers. Réunis, tous ces jets forment un ruisseau d'eau bouillante qui coule dans le ïouz la-Sou (*). »
(') Tchihalchcff, Le liosphore et Constant inople.
Ut^-
17C INKII/PHAÏION DKS KATX l)K ÏM.l'IK
Les eaux sulfurées se répartissent en deux catégories, selon qu*elles renferment du sulfure de calcium ou du sulfure de sodium. Dans le premier cas, dont Enghien, près Paris, et Allevard (Isère) nous fournissent des exemples, le sulfate de chaux des l)ancs de pierre à plâtre est privé de tout son oxvgène par la combustion lente de détritus végétaux passés à Tétat de lignite. Beaucoup d'eaux sulfatées, comme celles d'Aix-en- Savoie, donnent naissance de même à du sulfure de calcium elà de riiydrogène sulfuré.
Les eaux sulfurées sodiquessont beaucoup plus importantes mais leur origine est moins certaine. Il parait probable cependant qu'elles se sont originairement chargées de sulfate de soude et que c'est une réduction p(»stérieure qui a produit le sulfure. Quant à l'agent de cette réduction, on s'accorde à le voir dans des micro-organismes appelés sulfuraires. qui vivent et se multiplient a des températures pouvant atteindre 60 ou même dépass(T 70" degrés centigrades.
Os eaux sont en abondance dans les Pvrénées. Le type en est Harèges, dont les neuf sources exhalent une odeur d'hydrogrène sulfuré. Elles sont éminemment excitantes, bonnes contre les engorgements successifs aux fractures et aux luxati<»ns. les rétractions musculaires et tendineuses. Elles durent leur première célébrité à M""" de Maintenon. qui y conduisit le duc du Maine. Les Kau\-Honnes. dans le val d'Ossau, sont employées contre h*s maladies du larvnx et du poumon. Elles ne sont séparées des Eaux-( ihaudes que par six kilomètres. Les Eaux- (Ihandes iw méritent leur nom (|ue relativement aux EauxlUnuies, car leur tenq)éralure ne dépasse point 3(V'. Cauterets a treize sources, dont la (*haleur \arie depuis «to jusquà Tio**, et la minéralisation depuis O'.no5r> jus(|u'à «»'*',o,'io8 de sulfure de sodium, dette grande di>ersilé dans les propriétés physiques cl chimi(|ues donne à ces eaux di's \ertus bien diflerenles. On les enq>loie surtout contre le rhumatisme et les maladies de p(*au.
Les n<»nd»reu>es sources de Ludion étaient employées par les llomains, car Stralnjn les mentionne sous le nom do- thermes onésiens. à cause» de la rivière d'One, gave (|ui traverse la vallée. On lit, il y a un demi-siècle, des travaux dans rétablisse*