‹ Histoire géologique de la pluieChapitre 38 sur 62 · ROLE DK L'EAU DANS LA FONCTION VOLCANIQUE · texte numérisé non relu

ROLE DK L'EAU DANS LA FONCTION VOLCANIQUE

Une légère pluie peut produire dans les cendres rejelées par Téruplion un granulage qui donne lieu ordinairement à de trè* petites agglomérations, mais qui dans les lits de cendres^ recouvrant les ponces de Pompéi abondent, avec les dimensions d'un gros pois Ç), Dans le cas d'une pluie considérable, de petits globules peuvent se produire au cours même de leur chute.

L'eau répandue par les volcans peut encore causer d'autre» catastrophes, quand un lac enfermé dans le cratère se trouve projeté avec les matériaux obstruant la cheminée, L^éruption du Kloët, à Java, en i863, fut Tune des plus extraordinaires de ce genre. Le cratère, fermé depuis 1848, se brisa en partie, répandant tout son contenu. Alexis Perey'(^) enregistre de» rapports très précis sur cet événement :

ce Vers minuit trois quarts, le mont Kloët commença à vomir un torrent de vase bouillonnante, au milieu d'un bruit de tonnerre, de décharges électriques et d'éclairs qui durèrent jusqu'à trois heures. L'éruption et l'émission de boue étaient si violentes, la masse de celte vase bouillante était si grande qu'au bout d'une heure et demie environ elle avait atteint Blitar, chef-heu de la division, situé à i5 kilomètres du volcan ; le courant était si brûlant que le pays était rempli d'une vapeur chaude. »

On pense bien que les torrents neigeux qui, pendant les éruptions, reçoivent des masses de matériaux incandescents, laissent écouler de leurs flancs, des torrents brûlants. Mais, là aussi, l'énorme quantité de vapeur d'eau rejetée par le volcan suffit, sans neige, à produire des inondations terribles.

Humboldt raconte qu'en i8o3, dans une seule nuit, toute la neige, sur l'immense cône du Cotopaxi, fut fondue et s'écoula en torrents d'eau chargés de cendres et de boue.

Quelquefois, les lacs qui occupent les cratères nourrissent des poissons. En 1691, le volcan d'Imbambaru en rejeta une telle quantité que leur putréfaction donna la fièvre au voisinage. Quel-

(*) Nous avons vu des pi»olithes nombreuses dans des cendres de la montagne Pelée (Martinique).

(*) Note sur les tremblements de terre en i803. Extrait des Mémoires de l' Académieroyale de Belgique, i865.

2'io CnLLAHOKATION hK LA PLIIK AIX FONCTIOX'^ AUTOXOMEî^

(ju(*roîs. la houe provenant de ces cratères contient tant de mafi(M*e carlKmcc, provenant des algues et autres plantes d eau. «pielle arrivf li s'enllamnier.

Toutes les phases de ractivîté volcanique témoignent de i't'nornie (|nantité d'eau que la terre enferme dans ses flanc«. (i'cîst ainsi (pie Ton connaît dc^s étuves volcaniques, dont la plus r(*h'*t)re est dans les Champs Phlégréens, aux environs de Naples ri est connue sous le nom d'Ktuves de Néron. Les Uomains \ prenaient des hains de vapeur. Celle vapeur s*écliappe dune source très chaude située dans les profondeurs de la monlagne.

Des solfatares se dégage une matière gazeuse, de rhvdrogene sulfuré, ordinairement mélangé de vapeur deau. Il y a d*innomhrahles solfatares, dont la plus célchre est celle de Poiuzoles et <lont la plus puissante est peut-être celle de White-Island, à deux milles du littiMal de la Nouvelle-Zélande, en face de la baie de IMcnlN . Au centn» de cetle j>etile île est une sorte de cratère rempli d(* vase en éhullition constante. Toute la surface de Tlle e$t en outre percée de .{no à 'loo ouvertures, qui émettent jour et nuit d(\s jets hrùlants de vapeur et des fumées sulfureuses.

Kntiii, l'on a fait (^ ) une classification des émanations gazeuf^es dt»s volcans, les fumerolles, d'après la température qui règne dans le |)oint où elles apparaissent, et qui montre rénorme proportitm dans hnpielle la vapeur d'eau \ est parfois mélangée.

(]*» sont :

i" Les J)inicrollf's srrltrs, dont la température est supérieure it Thm)" v\ <pii ne procurent point d'eau, quand on les condense. mrnu* en faisant intervenir un froid de i5" au-dessous de zéro. Klh's sont pres(jue entièrement formées des vapeurs de chlnrunvs anliNtlrcs, parmi lescpiels prédomine le chlorure de sddium ou m*1 marin (just|u'à ()'i p. i(u>) et où figurent les chlorures de potassium, de manganèse, de fer et de cuivre.

;<" Les y//^/i/7*o/A'.v r/c/(/(\v. dont la tenq)éralure varie de 3oo à Thh)'\ Klles se déiragent un peu plus Inin du cratère que les précédentes et >onl caractérisées par un énorme excès de vapeur

i". I.fs «.'./ti- i/>/ii.'i.< dr V,\'<»rr,' U'rrt'stn\ p ■.«37. l il \oIiimc in-i8 de la BîblÎAiIh" .jut' il«- iMiil.'Miplii»' <»i.it'nli!iijUf i^Ti' inill<). l*ari<. li|io.

HÔLE UE LEAIT DANS LA FONCTIOS VOLC-^SIOUE a3i

■d'eau et par une proportion variable d'acide chlorhydrîque et d'acide sulfureux, auquel est mélangée souvenl une quantité sensible de percblorure de fer en vapeur. Dans les localités d'émergence de ces fumeroHes, on constate fréquemment, sur les

^.iiircn Iheimiloi <1ea entmin de UimDiam-MsskoutiDe (l>. . lie Ccn^tiDliDg (Algr™), comme eiem,.!» d« rimonUt k II ■urHicc dît eani [|'iDt]lli\iU<>iV"aulerninc |irov<:iiant de la pluïo cl ilinicnlaiit ua cannai cenlrifueo de inalii'iv» Hiinéralfa el siirloul de sel marin, cluui rhloniré» et de rluiui lulhlée. Ls );riiran dit dr la Cairacle jouît d'un débit rie i.iio.ooo litre* d'eau en il, Lei

«cories, le dépôt de lamelles de fer oligîsle, admirablement cristallisé.

Cette circonstance a procuré à tiay-Lussac l'occasion de faire des recherclies qui doivent compter parmi les contributions les plue précieuses que la chimie ail jamais fournies à la géologie.

De ce travail capital est résultée la notion que les gîtes métal-

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