‹ Histoire grecque; les peuples orientauxChapitre 11 sur 19 · L.A MONARCHIE TIIÉOCILVÏIQUE · texte numérisé non relu

L.A MONARCHIE TIIÉOCILVÏIQUE

§ 37. Saül et Samuel. Samuel avait communiqué au peuple l’énergie, la confiance en lui-même et l’ardeur guerrière; mais en môme temps il avait rehaussé la puissance sacerdotale. Cependant, comme les fils ne suivaient pas les voies des pères, mais transgressaient la justice, les Israélites redoutèrent de nouveaux dangers pour leur liberté et soubaitèrent, à l’exemple des peuples voisins, un roi qui les conduisît, comme chef permanent, à la guerre et è la victoire. En vain le vénérable grand-prêtre cherchat-il à les détourner de cette pensée en contradiction avec la législation mosaïque, en vain leur peignit-il sous les plus sombres couleurs les alllictions et l’oppression qui les attendaient sous la conduite d’un roi; les Israélites s’obstinèrent et Samuel se vit forcé d’oindre Saul (1050) choisi pour roi par le peuple. Saül était un homme d’élite, fort et vaillant; mais comme il fonda sa domination plutôt sur la force armée que sur les saintes institutions, comme il n’observa pas strictement les ordonnances de Moïse, mais oHVit un holocauste de sa propre main et, après une victoire sur les Amalécites, ne détruisit pas, ainsi que l’avait ordonné Jéhovah, tout ce qui

était tombé entre ses mains, il fut rejeté. Samuel fut irrité contre le prince qui, enflé d’orgueil par ses exploits et sa puissance, suivait son chemin propre, et c’est pourquoi il sacra roi en secret le jeune David de la race de Juda, pasteur entreprenant et rusé, dévoué au parti des prêtres. Saül fut en proie à une sombre mélancolie que David seul parvenait h dissiper en jouant de la harpe. Mais d’une part, l’envie que faisait naître en lui la réputation acquise par le jeune pasteur dans les combats contre les Philistins, de l’autre un pressentiment secret de sa vocation future , poussèrent Saül à hlîïr et ù persécuter David, quoique celui-ci lût intimées ment lié avec Jonathan, le propre lils de Saül, et marié avec l’une de ses filles. David parvint cependant il échapper aux embûches de son adversaire. Lorsqu’enün, après une bataille perdue contre les Philistins, Saül se fut transpercé de son épée, David régna sur Juda et sur Benjamin où la législation do Moise avait jeté ses plus fortes racines. Il demeura six ans ii Hébron, tributaire des Philistins, tandis qu'Isboseth, fils de David, gouvernait les autres tribus. Mais affaibli par la mort du vaillant Abner, Isboseth perdit par degrés toute puissance et toute considération, jusqu’à ce qu’enfin il fut assassiné par scs propres capitaines ; David alors fut reconnu pour roi par tout le peuple; il rendit bientôt les Israélites maîtres du pays de Cbanaan et fit oublier par ses hauts-faits les moyens à l’aide desquels il était parvenu au trône.

§ 38. David et Salomon. Le règne de David

(vers 1030) est le point le plus éclatant de l’iiistoire Israélite. Par des guerres heureuses, il étendit le royaume vers le sud jusqu’à la mer Rouge et vers l’est jusqu’à l’Euphrate; il fit son marchepied de la ville de Damas et détruisit sans retour la puissance des Philistins; en compagnie de son hrave capitaine Joab, il soumit les tribus hostiles des 3Ioabites, des Ammonites et des Edomites, et vengea d’une fa^on cruelle les défaites antérieures; il conquit la capitale des Jébuseéns, Jérusalem avec la forteresse de Sion, et la choisit pour résidence et pour centre du service divin. C’est pourquoi il fit apporter en grande pompe l’arche d’alliance de Kirjath-Jéharim à Jérusalem, au son des harpes, des cymbales et des tambours, et institua un culte solennel, dont l’une des parties essentielles consistait dans le chant d’hymnes religieux {psaumes), dont il avait composé lui-même quelques-uns des plus beaux. Il lui fut donné de tresser dans la couronne royale le laurier de la poésie lyrique. Malgré l’attentat par lequel il s’empara de la femme û'Urie, malgré plus d’une autre faute, David resta « l’homme selon le cœur de Dieu , » parce qu’il obtint sans cesse le pardon de Jéhovah par son repentir profond et ses pénitences. Il organisa l’armée et s’entoura d’une vaillante garde d’étrangers; il améliora l’administration, augmenta le revenu royal et le trésor public, et rehaussa le pouvoir et la considération de la couronne. La fin <le son règne fut troublée par la révolte de son bieiiaimé fils Absalon, dévoré d’ambition et égaré par de mauvais conseillers. Confiant dans la faveur popu-

HISTOIRE ANCIENNE

lairc que son père avait perdue par sa sévérité, tandis que lui-même la gagnait par d’aimables prévenances, le jeune homme chercha h s’emparer de la couronne. David perdit la capitale et se sauva au dessus du Jourdain. Mais la fortune ne tarda pas h sourire de nouveau au roi prudent. Absalon trouva la mort dans la fuite; il resta suspendu par ses longs cheveux aux branches d’un térébinthe. A son lit de mort, David transmit la couronne à Salomon, le fils qu’il avait eu de Bathsebath traîtreusement enlevée h Urie, et lui recommanda de ne point laisser ses ennemis impunis. Salomon (vers 1000), le sage, qui arriva au trône en passant sur le cadavre d’Adonija, son frère aîné, acheva l’œuvre de son père. Il se distingua dans les arts de la paix autant que David s’était distingué dans l’art de la guerre. Il orna la capitale d’édifices somptueux et fit construire sur le mont Moriali, par des artistes et des artisans tyriens, le magnifique temple entouré d’un grand nombre d’habitations de prêtres et d’autels, qui fut l’objet de l’admiration universelle à cause de la richesse de ses dorures, de ses sculptures et de son ornementation. En même temps, les familles des prêtres furent soumises à une nouvelle classification. Mais Salomon s’écarta en beaucoup d’occasions des lois de Moïse. Il s’associa aux voyages des Phéniciens Ophir et amassa de grands trésors (lui augmentèrent son penchant pour le faste, le luxe et la volupté; il fit venir des chevaux d’Égypte et organisa une armée permanente avec des chariots de guerre et de la cavalerie; il fit construire de

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