HÉBREUX
riches palais et s’entoura d’un splendide état de cour; il eut un grand nombre de femmes étrangères « qui firent détourner son cœur après d’autres dieux; » il partagea leur idolâtrie et se mêla à leurs sacrifices. Ainsi, sa haute raison et sa sagesse « plus grande que celle de tous les fils de l’Orient et que toute la sagesse de l’Égypte, » ne le préservèrent point de la folie. Le sage jugement que Salomon prononça entre deux femmes qui se disputaient la possession d’un enfant, son habileté â proposer des questions embarrassantes et h les résoudre, survécurent longtemps dans les récits populaires. Il passa pour le représentant de l’âge d’or du royaume d’Israël , dont tout l’éclat fut répandu sur sa tête. Tout ce que produisirent le corps des prêtres et celui des chanteurs, tout ce que le peuple édifia de noble et de durable, fut considéré comme l’œmvrc de Salomon et honoré de son nom, comme par exemple les « Proverbes, » le « Cantique des cantiques, » le poème didactique de « l’Ecclésiaste. » Les récits de la sagesse, de la richesse et de la magnificence surhumaines du roi de Juda, fondateur • de Tadmor, furent tellement grossis par les générations postérieures, que Sideiman leur apparut comme un puissant magicien, comme un dominateur des esprits et des démons, comme un souverain des forces occultes de la nature; il s’est conservé jusqu’à nos jours sous cette forme dans les récits et les contes orientaux et il a pénétré tout le domaine de la poésie au milieu des vicissitudes politiques et religieuses. Mais le règne brillant de Salomon a aussi
HISTOIRE ANCIENNE
son côté ténébreux: de l’état patriarcal était sortie une monarcliie despotique, avec les impôts et les corvées qui pesaient lourdement sur le peuple ; à l’autorité personnelle des anciens et des chefs de tribus, dont on recberebait autrefois le jugement, s’était substituée la violence des employés royaux qui interprétaient la loi selon leurs caprices et levaient des tributs sur la propriété franche jusque-lii. C’est pourquoi, sous le règne de Salomon déjîi, JEroboam excita une sédition qui fut comprimée, è la vérité, et dont l’instigateur fut obligé de s’enfuir en Égypte. Mais quand Roboam, fils de Salomon, marcha sur les traces de son père, et, poussé par les jeunes gens « qui avaient grandi avec lui » rejeta les demandes du peuple qui sollicitait un adoucissement de la charge des impôts, dix tribus se séparèrent de lui et choisirent pour roi Jéroboam de la tribu d’Éphraïm. Juda et Benjamin restèrent seuls fidèles à la maison de David.