‹ Histoire grecqueChapitre 2 sur 45 · GRÈCE · texte numérisé non relu

GRÈCE

Nom, étendue et configuration g^^érale. — Montagnes et cours d'eau — Divisions géographiques. — Productions ; caractère général du sol grec.

Nom 9 élendue et eonflsaraUon sénérale.

■ « Qu'entendez-vous par la Grèce? demande ironiquement

' Philippe de Macédoine aux Étoliens, quand ceux-ci lui reprochent d'être un roi Larhare. Où placez-vous ses limites? Et vous-mêmes, pour la plupart, êtetj-vous Grecs? » Ce nom eut la même fortune qù^ celui d'Italie ; tous deux

' voyagèrent d'une extrémité à l'autre de la Péninsule qu'ils servirent plus tard à désigner tout entière. Un getit canton de rÉpire s'appela d'abord ainsi; mais le mot gagna de procEeen proche, et s'étendit peu k peu sur la Thessalie, les pays au sud des Thermopyles et le Péloponnèse. Dans la suite, il comprit encore l'Épire, l'Tllyrie jusqu'à Épidamne, enfin la Macédoine. Par une autre singularité, le nom de Grèce était inconnu à la Grèce. Elle s'appelait elle-même Relias, le pays des Hellènes. Nous ignorons les motifs qui ont

. fait prévaloir le mot de Grâscia dans la langue romaine. Mais nous-mêmes ne désignons-nous pas les peuples d'outre-Rhin par un nom qu'ils ne connaissent point?

La Grèce est l'une des trois péninsules qui terminent l'Europe au sud. Si l'on mesurait son étendue au bruit qu'elle •

fait dans le monde, elle serait une vaste région ; en réalité, elle est le plus petit pays de TEurope. Sa superficie, les îles comprises , est loin d'égaler celle du Portugal ; mais ses rivages sont si bien découpés que leur étendue surpasse celle de tout le littoral espagnol. Au nord, elle tient au massif des Alpes orientales qui la séparent de la vallée du Danube, une des grandes routes des migrations asiatiques en Europe. Au sud, elle plonge par trois pointes dans la Méditerranée, presque sous la latitude de Gibraltar et en face d'une des plus fertiles provinces de l'Afrique. Séparée par la mer, de l'Aile, de l'Afrique et de l'Italie, elle s'en rapproche par ses îles. Les Gyclades, qui conmiencent près du cap Sunion, vont Ee mêler aux Sporades qui touchent à l'Asie. De Corcyre on voit l'Italie, du cap Malée les cimes neigeuses de la Crète, et de cette île les montagnes de Rhodes et de la côte asiatique. Deux journées de navigation mènent de la Crète à Cyrène; il en faut trois ou quatre pour atteindre l'Egypte. Gomment s'étonner que la Grèce ait rayonné bien au delà de ses frontières par son commerce, ses colonies et sa civilisation, quand tant de routes s'ouvraient devant ellel

nontaffnes et cours d^eau.

Ce que l'Apennin est pour l'Italie, le Pinde l'est pour la Grèce. Il se détache des Alpes orientales, comme l'Apennin des Alpes maritimes, et descend au sud, séparant l'Illyrie de la Macédoine, l'Épire de la Thessalie, et couvrant la péninsule d'innomlD râbles ramifications. Les monts Cambuniens s'appuient, au nord des sources du £mc6y sur cette chaîne centrale et courent droit à l'est, vers les bords du golfe Thermaïque, où ils se relèvent pour former la masse colossale de YOlympe. Cette montagne, haute de plus de 3000 mètres, se présente, du côté de ia Macédoine, comme une immense muraille taillée h pic. Au midi, ses pieds baignent dans le Pénée ; de l'autre côté du fleuve se dresse VOssa^ le rival de l'Olympe , qui garde presque aussi longtemps que lui, dans l'été, les neiges de l'hiver. L'issue que le Pénée s est frayé ' entre les deux monts est la vallée de Tempéy célèbre dans

/antiquité par le charme et Timposante beauté des sites qui la décorent. Cette vallée sauvage, si resserrée en quelques endroits, que dix hommes y pourraient arrêter une armée, était cependant le seul passage fréquenté qui menât de Macédoine en Thessalie. Comme les monts Cambuniens ferment la Thessalie par le nord, le montJEto la ferme par le sud et se termine aussi, sur le golfe Maliaque, par un défilé fameux, celui des Thermopyles.

Entre les monts CamEunîens et TCEta s'étend YOthrys^ qui

presque toute la Tnessaiie est vraiment ce que rappelait Xerxès, un vallon facile à noyer sous les eaux, si on leur fermait la seule issue par oîi elles s'échappent, la vallée de Tempe. La poésie avait trouvé dans cette région quelques-unes de ses plus gracieuses et de ses plus terribles légendes. Cette vallée de Tempe, le bras du fils d'Alcmène ou le trident de Neptune l'avait ouverte. Sur la cime de l'Olympe et ses neiges presque éternelles, au milieu des nues qui l'enveloppent et que déchire la foudre, s'élevaient les trônes des douze grands dieux. C'est dans la Thessalie que les géants avaient combattu les maîtres de l'Olympe ; là que les Muses vinrent, aux noces de Thétis et de Pelée, prédire la naissance d'Achille et la ruine de Troie . Le laurier d'Apollon croissait d'abord à Tempe; et sur le Pélion furent coupés les arbres dont on fit le navire Argo, auquel Minerve donna pour mât un des chênes fatidiquesae Dodone. Au sud de la Thessalie et de l'Épire, un inextricable réseau de montagnes couvre la Grèce centrale. Une chaîne qu'on peut regarder comme la continuation du Pinde descend jusqu'au golfe de Corinlbe entre l'Étolie et la Locride. Une autre qui se détache de celle-ci dans la Doride court à Test et comprend les monts célèbres du Parnasse où Delphes s'élevait, de l'Hélicon, le séjour des Muses, du Cithéron où Œdipe tua Laios, du Parnès, du Pentélique' qui passe derrière Athènes et porte son acropole, de THymette enfin '^ont le laàurion et le cap Sunion sont les dernières terrasses/

Cette chaîne, souvent brisée, envoie vers le sud, entre les golfes Saronique et Corinthien, un puissant rameau qui forme une seconde péninsule à T extrémité de la première, s'y étale circulairement, et donne au Péloponnèse la figure d'un cône tronqué dont le sommet est à cinq ou six mille pieds au-dessus de la mer.

Par cette disposition de ses montagnes, la Grèce est, si j'ose dire, un piège à trois fonds. Les monts Cambuniens et rOlympe s'élèvent au nord, comme une première barrière. Si cet obstacle est franchi ou tourné, l'assaillant sera arrêté par rCËia aux Thermopyles et enfermé dans la Thessalie. Ce passage encore forcé, la Grèce centrale n'est plus défendue, parce que les hauteurs n'y forment point une chaîne continue; mais la résistance peut reculer jusqu'à l'isthme de Gorinthe, où elle trouve de nouveau une formidable position, au milieu de montagnes d'accès difficile qui, en beaucoup de points, ne laissent, entre leurs flancs abrupts et la mer, que deux routes dangereuses suspendues au-dessus des flots.

Les eaux intérieures de la Grèce pouvaient être également fermées aux navires des peuples anciens sur trois points : au nord de l'Eubée, pour couvrir les Thermopyles; près de l'Euripe, pour défendre les approches de l'Attique ; dans le détroit de Salamine, pour protéger l'isthme de Corinthe.

La mer se trouvant partout à une faible distance des montagnes, la Grèce n'a que des cours d'eau peu étendus. Les plus considérables sont le Pénée et VAchéloûs (130 et 175 kilom. de longueur). Plusieurs de ces fleuves, l'Eurotas, l'Alphée, le Styx et le Stymphale, ont sous terre une partie de leur cours ; presque tous ont le caractère capricieux des torrents. Les pluies d'automne et d'hiver tombant sur des montagnes décharnées, descendent rapidement vers les vallées qu'elles inondent. Avec l'été arrive la sécheresse, car le calcaire compacte des montagnes ayant peu absorbé, ne rend nen, les sources s'épuisent, et le torrent, naguère furieux, coule à sec.

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A voir le grand nombre de divisions politiques faites en ce petit pays , on les croirait arbitraires ; presque toutes ont été dessinées par la nature même sur le sol. La Thessalie a formé une seule région , malgré TOthrys , parce que cette montagne , assez haute pour être la ligne de partage des eaux , ne Test pas assez pour être la ligne de démarcation des hommes. Seulement la vie a été bien autrement active aux bords des golfes Maliaque et Pagaséep, qui s'ouvrent ^'^' sur la Grèce, que dans le bassin solitaire du Pénée : les villes s'y pressent comme les légendes.

Les deux Locrides opuntienne et épicnémidienne couvrent les pentes qui descendent à la mer eubéenne, la Béotie celles qui s'inclinent à l'intérieur vers le lac Gopaïs. Mais la Béotie a deux jours sur deux mers : par le pays d'Aulis sur l'Euripe, par la vallée de Creusi sur le golfe de Gorinthe.

La Phocide , plus haut dans la montagne , enveloppait la Béotie, et, comme elle, touchait aux deux mers. La Doridej haute et froide vallée entre l'Œta et le Parnasse, aurait pu n'être que le commencement de la Phocide. Le canton montagneux des Locriens Ozoles offrait à ce peuple d'inexpugnables retraites. Pausanias tire leur nom de l'odeur de leurs vêtements en peaux de, bêtes non préparées; un de leurs poètes, des fleurs qui embaumaient l'air de leurs montagnes. J'ai peur que le poëte n'ait tort ; leur vie grossière donne raison à Pausanias.

Leurs voisins à l'ouest, les Étoliens , habitaient un pays sauvage, où les villages, bâtis sur la pente des rocs, restaient l'hiver sans communications entre eux. Ces hauteurs sont les dernières ramifications du Pinde et de l'Œta qui viennent mourir d'une part sur les bords du fleuve Achéloiis, de l'autre, sur ceux du golfe de Gorinthe, au point le plus étroit de cette mer , là où la côte du Péloponnèse n'est qu'à 1600 mètres de distance. C'est par là que les Étoliens iront, dans les derniers temps, ravager si souvent la presqu'île, comme ils passeront entre le Pinde et l'Œta pour piller la

6 Ca.VPITRE PREMIER.

Thessalie. Ils n'ont que ces deux portes ouvertes sur la Grèce.

L'Achéloûs, dont le delta grandit sans cesse , les séparait de VAcarnanie, autre région montagneuse renfermant quelques lacs, avec de vastes pâturages, et entourée de trois côtéâ par la mer. Le nord-est de TAcamanie, seul, n'était pas défendu; les tribus de l'Épire y pénétrèrent. Les Amphilo-1 chiens, qui habitaient de ce côté, étaient à demi grecs et h demi barbares.

A l'extrémité opposée s'étendait une presqu'île bien mieux dessinée , l'Attique , que le Githéron et le Parnès séparaient ile la Béotie, que le Pentélique et l'Hymette partageaient en deux versants , et qui s'inclinait vers trois mers. Malgré ces directions divergentes, c'était une âe& contrées les mieux faites de la Grèce. Beaucoup de villages , mais une seule ville, l'asile commun, le marché, le comptoir et la forteresse du pays : Athènes, entre l'Ilissos et le Céphise ; au pied de rocs escarpés qui portaient sa citadelle, à huit kilomètres du Pirée, qui dans ses trois ports pouvait abriter 400 vaisseaux. Toute la vie de l'Attique devait se porter en ce point ; elle s'y concentra. Tous les échos de l'Asie vinrent y retentir, toutes les affaires du monc^e s'y traiter , toutes les doctrines, tous les arts s'y épurer et y grandir. Le genre humain salue encore avec reconnaissance la patrie de Socrate, de Phidias et de Sophocle.

En suivant la côte qui regarde Salamine , on trouve dans un fertile vallon, séjour favori de Cérès, Eleusis qu'Athènes attira et retint sous son influence, et, entre deux rochers, Mégare qui, protégée par ses montagnes , échappa à cette attraction. Mégare est la porte de l'isthme. Pindare compare cet isthme à un pont jeté par la nature au milieu des naèrs pour lier ensemble les deux principales parties de la Grèce. Mais ce pont est si hérissé de montagnes , que le passage en est difficile et qu'il suffirait de quelques hommes résolus pour y arrêter une armée. Cette position de Mégare et ses deux ports sur les golfes Saronique et Corinthien faisaient toute son importance. Mais dans Tune de ces mers elle trouvait la marine rivale de Corinthe, dans l'autre celle d'Athènes,

cette redoutable concurrence devait la tuer. Entre Schœnous et Léchéon l'isthme n'a guère plus de quatre à cinq kilomètres de largeur. Aussi on transportait souvent par terre les vaisseaux d'un de ces ports à l'autre , afin d'éviter les longueurs et les périls d'une navigation autour du Péloponnèse. Démétrius t^oliorcète, César et Néron songèrent à creuser en cet endroit un canal.

Le Péloponnèse a trois régions bien caractérisées : le bassin central, ou TArcadie, enveloppé d'un cercle de montagnes qui ne s'ouvre qu'à l'ouest, du côté d'Olympie, en un étroit défilé par où l'Alphée s'échappe; la Laconië, ou le bassin de l'Eurotas : la Messénië , ou le bassin du Pamisos ; les deux dernières tenant aux montagnes de l'Arcadle, et sé« ■ parées Tune de l'autre par le Taygèta. Le reste, c'ëst-à-dîre le littoral du nord , n'est qu'une suite de courtes vallées descendant à la mer, et dont chacune avait une ville qui formait un État à part. Les anciens y distinguaient cepëndànl trois régions particulières : l'Élide , la plus fertile région du Péloponnèse , l'Achaïe et l'Argolide ; ils ne faisaient habituellement d'exception que pour Sicyône et Gorinthë qui, chacune , donnaient leur nom au pays environnant.

L'Argolide reproduit presque la figure de l'Attique. C'est aussi une presqu'île entre trois mers. Mais la capitale n'est pas au centre ; son port était mauvais, même pour les navires des anciens , et elle avait Sparte à ses côtés. Aussi , après avoir jeté un vif éclat dans les temps primitifs, elle iie joua, comme Thèbes , qu'un rôle secondaire , sans avoir comme cette autre rivale de Sparte et d'Athènes la gloire éclatante de Leuctres et de Mantinée pour dédommagement de sa longue obscurité.

Productions ) caraetère général du 0OI grée»

Les montagnes de la Grèce couvrent les neuf dixièmes de sa surface, et ne laissent à découvert qu'un très-petit nombre de plaines dont les plus grandes se trouvent en Thessalie. Aussi cette province était- elle la seule qui nourrît une bonne et forte race de chevaux. Ces montagnes, aujourd'hui privées

de leurs antiques forêts , ne sont pas plus riches que celles de ritalie en métaux précieux. Cependant , on tirait du cuivre et de l'amiante de l'Eubée ; du fer de la Béotie , du Taygète et des îles de Mélos, de Sériphosetd'Eubée; Ghalcis en fabriquait des armes excellentes , et ses ouvriers se vantaient d'avoir su les premiers travailler le cuivre. Il y avait de l'argent en Épire , en Gypre , à Siphnos et dans TAttique où Athènes, aux jours de sa puissance, occupa 20 000 hommes dans ses mines du Laurion. Dans THémus et rOrbêlos , dans la Thessalie > au mont Pangée , entre la Macédoine et la Thrace , et dans les îles de Siphnos et de Thasos, on trouvait de l'or. L'Hèbre, en Thrace, en roulait dans ses flots. L'Attique et les îles , surtout Paros , avaient des marbres renommés et Lemnos les meilleurs vins de la Grèce.

Dans les pays montagneux , les plaines sont d'ordinaire d'une extrême fertilité. La Thessalie, la Messénie, le nord de l'Élide et l'Eubée, qui fut le grenier d'Athènes, ne démentaient pas ce principe. La Béotie devait aussi à ses nombreux cours d'eaux et à leurs dépôts longtemps accumulés une surprenante fertilité , surtout la vallée inférieure du Céphise, fécondée coname l'Egypte par des inondations périodiques. Mais les habitants, gâtés par cette nature trop généreuse, s'engourdirent dans les plaisirs sensuels. Tandis que l'Attique, si pauvre, se couvrait d'une active et ingénieuse population , la Béotie nourrit un peuple dont la pa£ôssa-d'.êsprit devint proverbiale , bien qu'il ait compté Hésiode et Pindare parmi ses enSints. Les régions élevées de l'Arcadie et ses vallées verdoyantes que mille ruisseaux arrosent, avaient pour habitants une race d'hommes qui ont quelques traits de ressemblance avec les Suisses par leurs mœurs simples et pastorales, leur esprit belliqueux, leur amour du gain et leur dispersion en de nombreux villages.

Prise dans son ensemble, la Grèce n'était pas assez fertile pour nourrir ses habitants dans l'oisiveté et la mollesse ; elle n'était pas assez pauvre non plus pour les contraindre à dépenser toute leur activité dans la recherche des moyens de subsistance. La diversité du sol Surimposait cette diversité

de travaux qui multiplie les aptitudes et excite le génie des peuples, qui provoque la variété des idées par celles des connaissances, c'est-à-dire la civilisation. De leur sol les Grecs reçurent bien plus qu'aucun autre peuple l'obligation d'être à la fois pâtres et laboureurs, mineurs et marchands ; ajoutez : en face ou à proximité des contrées alors les plus civilisées , la Lydie , la Gbaldée , la Phénicie , l'Egypte et Carthage.

Un pays, en Grèce, résume par excellence tous ces avantages de sol et de position, la stérile Attique, avec ses fertiles campagnes de Marathon et d*£leusis qui rendaient soixante de produit pour un de semence, avec ses oliviers, son miel parfumé de l'Hymette, ses marbres du Pentélique, ses mines du Laurion, son atmosphère si pure que du cap Sunion on apercevait l'aigretteetja lance de Ja-Minaia» du-EaxJhénon ; et, mieux^que tout cela, avec la mer qui, de trois côtés, lui sert de ceinture. Chaque fois qu'ils montaient au Parthénon, les Athéniens découvraient ces îles nombreuses semées autour d'eux, sur les flots, comme pour devenir leur domaine, ou les mener sans péril aux côtes de Thrace, d'Asie et d'Egypte.

La Grèce était donc un magnifique théâtre préparé à l'activité humaine. Que le despotisme eût approché de cette terre et de ces hommes, que Darius ou Xerxès eussent vaincu à Marathon ou à Salamine, et les heureuses influences du sol et du climat eussent été neutralisées ; la Grèce ancienne fût devenue ce que les empereurs et les sultans ont fait de la Grèce moderne, une terre de désolation. Mais le génie de la liberté s'assit au foyer de ce petit peuple victorieux; il éleva leur âme que la servitude eût dégradée ; .il les aida à tirer de leur sol et d'eux-mêmes tous les trésors qu'une nature bienfaisante y avait déposés, que des institutions mauvaises et des circonstances contraires eussent rendus stériles.

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