‹ Histoire grecqueChapitre 37 sur 45 · BIST. GB · texte numérisé non relu

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empoisonné par un de ses fîls, et fut dit-on placé sur le bûcher avant d'avoir renda le dernier soupir (289).

C'est peu d'années après que les Syracusains appelèrent Pyrrhus, roi d'Épire. Il refoula les Carthaginois à Touest, mais un échec qu'il essuya devant Lilybée, l'empêcha d'achever la délivrance de l'île, et il se retira, comme il était venu, en aventurier, pillant les temples sur sa route.

On connaît le mot qu'il dit en quittant la Sicile : c Quel ' beau champ de bataille nous laissons aux Romains et aux Carthaginois I »

Pour tenir tête à Carthage, maîtresse incontestée de l'Afrique et des deux tiers de la Sicile, il ne suffisait plus de Syracuse. Elle le sentit si bien qu'eUe renonça elle-même à son ancienne politique, et que sous Hiéron, qui la gouverna sagement de 275 à 215, elle se résigna d'abord au rôle d'alliée des Carthaginois contre Rome, d'où venait désormais le plus grand danger. Vaincu avec eux, Hiéron obtint des Ron^ains cinquante ans de paix, et la domination paisible de plusieurs villes siciliennes : période qui nous mène jusqu'en 212, où Syracuse, après avoir bravé toutes les forces d'Athènes, et tant de fois celles de Carthage, succomba sous Tépée de Rome. Du moins à la dernière page de son histoire parut un grand nom : celui d'Archimède, puissant géomètrOt qui la défendit deux ans contre Marcellus,

COIÎCLUSION.

Le créateur de la comédie grecque, Ëpicharmey disait il y a vingt-quatre siècles ; « Tous les biens s'achètent aux dieux par le travail. » Ge que le poète disait, la Grèce le fit. G*est par une activité dont nul peuple n'avait encore donné l'exemple que les Grecs parvinrent à se placer si haut parmi les nations. Ils couvrirent les côtes de la Méditerranée de citée florissantes. Us firent d*uQ pays étroit et pauvre le maitra du monde par les armes et le commerce, mais surtout par la. civilisation.

Dans les sciences, ils ont à peu près créé, en établissant les méthodes, c'esl-à-dire les moyens de perfectionnement, les mathématiques, la géométrie, la mécanique et Tastrono* mie, ébauchées seulement par TÉgypte et l'Assyrie ; ils ont commencé la botanique et la médecine.

Si, pour les sciences, nous sommes allés beaucoup plus loin en marchant dans la voie ouverte par Hippocrate, Archimède, Aristote et Hipparque, celle de l'observa* tion patiente et du raisonnement pur, dans les lettres, dans les ans, dans la philosophie, les Grecs sont restés les maîtres éternels : Romains et modernes, tous n'ont été que leurs élèves.

Ils ont porté à la perfection le poëme épique (Homère); l'élégie (Simonide); l'ode (Pindare); la tragédie, dont Eschyle, Sophocle et Euripide avaient su faire une grande fête religieuse, patriotique et morale ; la comédie (Aristophane, Ménandre); l'histoire (Hérodote, Thucydide); Télo-

quence de la tribune (Démosthène, Eschine); celle dn barreau (Isocrate, Lysias).

Pour les arts, le monde suit encore leur impulsion et imite leurs modèles. Nous copions leur architectare en variant leurs treis ordres, et leurs statues mutilées sont la plus belle décoration de nos musées.

En philosophie, comme ils n'avaient point de livres saints, par conséquent, ni corps de doctrines arrêtées, ni classe sacerdotale gardant avec jalousie pour elle seule le dogme et la science, ni aristocratie sociale limitant le champ de la pensée, ils laissèrent aux esprits la liberté la plus entière. Aussi ont-ils constitué la philosophie morale et politique dans son indépendance* Ils en firent le domaine de tous et ne lui assignèrent d*autre but que la recherche.de la vérité. Par là, ils ouvrirent à Tintelligence un immense horizon. Ce que le sentiment seul atteignait vaguement, la raison alla le saisir, et avec quelle puissance ? Vingt siècles ont-ils beaucoup ajouté aux découvertes philosophiques des Hellènes?

Enfin telle était la fécondité de cet heureux génie, que sur les ruines mêmes de la société grecque a poussé cette belle doctrine morale du stoïcisme qui, combinée avec l'esprit chrétien et modifiée par lui, peut faire encore les grands caractères et honorer l'humanité.

Mais il y a des ombres à ce tableau. Gomme théoriciens politiques, ils ont été admirables, surtout Âristote , et ils n'ont su organiser que des . eitês. L'idée d*un grand État leur était antipathique, et jamais, si ce n'est pour un moment aux guerres médiques, ou trop tard au temps de la ligue achéenne, jamais ils n'ont consenti à unir fraternellement leurs forces et leurs destinées. Aussi ont-ils perdu leur indépendance le jour où se forma à leurs portes et avec les ressources de leur civilisation, la monarchie militaire, à demi barbare, à demi hellénique des Macédoniens. Rome eut moins de peine encore à les réduire.

La religion grecque si favorable à l'art, à la poésie, ne le fut pas à la vertu. En représentant les dieux, personnifica-

tions des forces de la nature, comme livrés aux plus honteuses passions, commettant le vol, l'inceste, Tadultère, respirant la haine, la vengeance, elle obscurcissait la notion du juste et légitimait le mal par l'exemple de ceux qui auraient dû être la représentation du bien. Alors, par le développement parallèle, mais en sens contraire des légendes divines et de la raison humaine, il arriva que le polythéisme grec se trouva dans cette condition, mortelle pour un culte, que la religion fut d'un côté et la morale de Tautre. Celle-ci attaqua celle-là et en eut raison : les dieux tombèrent de rOIympe et Therbe poussa aux parvis des temples. C'eût été bien si ces dieux détrônés avaient été remplacés par la conscience humaine qu'un viril enseignement aurait éclairée et purifiée. Cet enseignement viril, il se trouvait çà et là, dans les paroles des poètes et des philosophes; mais la foule ne les écoutait pas. Livrée aux superstitions honteuses par où finissent, pour les faibles, les grandes croyances, elle resta sans défense, quand les tentations mauvaises lui vinrent avec la corruption asiatique que lai avait inoculée la conquête d'Alexandre. L'or déprava tout : les hommes et les institutions. Ces mercenaires des Séleucides et des Ptolémées, ces ministres de débauches dans les voluptueuses cités de l'Asie, ces hommes sans patrie depuis qu'ils étaient sans liberté perdirent, avec les mâles vertus, le généreux dévouement qui les avaient faits si grands à Marathon et aux Thermopyles, le respect de soi, le culte du beau et du vrai qui avaient formé tant de bons citoyens et préparé tant de chefs-d'œuvre. La Grèce produisit bien encore de loin en loin un homme supérieur, comme une terre longtemps féconde, mais épuisée, continue à donner quelques fruits savoureux ; pour la multitude, n'ayant plus rien de ce qui fait tenir un peuple debout, son âme s'abaissa: elle n'honora qu'un dieu, le plaisir, avec les servilités et les bassesses qui composent son cortège. « La patrie, dit un poète de cette triste époque, elle est où l'on vit bien. » Et ceux qui ne pouvaient bien vivre avec une fortune ramassée çà et là dans le sang ou la boue, s'arrangèrent pour vivre aux dépens d'autrui. Dans le haut empire romain^ les héritiers d'Aristide,

de Périclès et de Phocion eurent foutes les industries malfaînes en partage^ et dans le bas empire ce grand esprit grec finit par ce qui est le précurseur des dernières raines^ par Tesprit byzantin.

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I. Géograpbib PHTSiQuis. — Notxi, étendue et confignration générale. — Montagnes et cours d'eau. — Divisions géographiques. — Productions; caractère général du sol grec 1

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