XVIII LETTRE PASTORALE
pied des autels, et l'appui de nos immortels protecteurs nous serait de plus en plus assuré ; de nouveaux prodiges éclateraient sous nos yeux, puisque c'est toujours la foi vive qui les obtient et qui les opère. N'en doutez pas : les justes dont nous venons vous entretenir, abaissent, avec bonheur, leurs regards paternels vers cette terre qui leur rappelle et les douces émotions de la famille et de la patrie, et les fruits surabondants de leur primitive et divine mission.
Eh quoi! les anges, s'écrie saint Bernard, s'occupent de nous dans le Ciel, et les saints, qui sont de même nature que nous, pourraient nous oublier! Ils ne s'intéresseraient pas à des infortunes qu'ils ont eux-mêmes éprouvées! Non. Pour ne plus connaître la souffrance, ils ne sont pas insensibles à la nôtre; sortis d'une grande tribulation, ils ne méconnaissent pas ceux qui gémissent encore. »
« Soyez bien assurés , dit saint Grégoire de Nazianze , que ces saints évêques qui ont donné leur vie pour leur troupeau , ne l'ont pas délaissé , mais qu'ils sont toujours au milieu de nous, qu'ils nous conduisent dans les saints pâturages, qu'ils y marchent à notre tête, qu'ils connaissent leurs brebis, qu'ils combattent pour elles contre les loups, et qu'ils ne permettront pas à l'étranger de s'insinuer furtivement dans la bergerie, comme un voleur, pour détourner les âmes de la saine doctrine dont ils les ont nourries. C'est là le fruit de leur intercession auprès de Dieu pour nous. »
Enfin, en terminant, nos très-chers Frères, qu'il nous soit permis , tant en notre nom qu'an nom de tous ceux qui ont pris part à cette publication si importante pour le diocèse , de vous
DE MGR l'ÉVÊQUE DE GAP. XIX
rappeler ici, comme étant la fidèle expression de nos sentiments , l'aveu et la prière que le grand saint Augustin faisait à l'évêque Evodius, auquel il adressait un ouvrage analogue à celui-ci, et dont les éléments avaient été recueillis par des notaires ecclésiastiques, nommés à cet effet.
« Nous avons essayé, dit l'évêque d'Hippone, de répondre à vos vœux, nous confiant moins en notre propre faiblesse que dans la grâce de Dieu et le secours de vos saintes prières , afin que les œuvres merveilleuses que Jésus-Christ a opérées et qu'il daigne encore opérer au milieu de nous, par les reliques du glorieux saint Etienne , premier martyr, ne demeurent pas inconnues à nos frères par suite d'un coupable silence; mais qu elles soient racontées avec une pieuse dévotion, et que ceux qui aiment Dieu puissent s'en réjouir. Comme nous n'avons pas cherché à embellir notre récit par la richesse du langage, ne voulant que dire fidèlement la vérité, nous n'avons paà rougi de citer quelquefois tout simplement les paroles des personnes guéries ou témoins de certains prodiges ; et nous savons que les hommes de bien et de religion préféreront la vérité, exprimée en termes très-simples, à toutes les faussetés qu'on leur débiterait en style brillant et pompeux....
« Nous vous prions, en même temps, ô vous qui entendrez lire ou qui lirez ceci avec foi, avec piété, de vous souvenir, dans toutes vos sai7ites prières, du dernier des pécheurs qui a écrit ce livre au nom du Seigneur; et si vous y trouvez des imperfections, ne vous rebutez pas , mais que la vérité trouve toujours, auprès de vous, un favorable accès. » ( Mirac. de S, Etienne, premier martyr.)