‹ Histoire illustrée de l'exposition universelleChapitre 4 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le premier soiil de eette commisBion, si pniManmieiit

secondée par M. Arlès-Durour, serrétaire général , qui avait pour auxiliaires MM. Aoguès, Férémé et Tagnard, fut d'ordonner aux préfets la création de comités locaux dans chaque département, et dMnviter les f;ouyernements étrangers à organiser des comités spéciaux partout où ils le jugeraient convenable, et à accréditer des commissaires à Paris; Ces comités devinrent les intermédiaires officiels et obligés entre la commission impériale et toutes les personnes qui se pro* posaient de concourir à l'Exposition universelle de 1855. Ils durent entrer en communication directe avec la commission, et correspondre avec elle par l'intermédiaire de leurs présidents et secrétaires pour tous les renseiiynements et éclaircissements dont ils pourraient avoir besoin dans l'intérêt de leur mission. La commission les prévint qu'elle leur transmettrait successivement tous les documents, instructions et avis propres à les éclairer sur toutes les questions relatives à l'Exposition.

En mettant ainsi les comités en mesure de la suppléer et d'agir directement sous ses inspirations, la commission déclinait tous rapports et toutes correspondances avec les particuliers ou associations industrielles.

Les comités eurent pour mission d'exécuter et faire ex^ cuter, en ce qui les concernait, les dispositions du règlenuMit général , dont la rédaction devint ro])jet des premiers travaux d'une sous-commission de neuf membres , prise dans le sein de la commission impériale , et présidée par S. A. I. le prince Napoléon*

11 fut en outre enjoint aux comités de répandre , dans le ressort de leurs localités, tous les avis de nature à éveiller fortement l'attention des intéressés sur Tobjet de TExposi-

TUi INTRODUCTIUN.

tiou; d*ouvpir des registres pour rinscription des industriels

• qui se proposaient de prendre part à l'Exposition, avec la désigoatiou de leur» produits et de l'espace qu'ils devaient oceuper; d'encourager la fabrication des produits propres à jeter de Téclat sur notre industrie ; de visiter à cet effet tons les lieux de production de leurs localités; de remplir en temps opportun les fonctions de jurjs, et statuer sur le rejet et Tadmission des produits proposés ; d'expédier, avec les pièces et documents nécessaires , les- produits admis ; de siernaïer, dans un rapport écrit, les services rendus à Tagricultui*e et à l'industrie par des chefs d'exploitation, des contre-n)attreSy des ouvriers ou journaliers demeurant dans le ressort de leurs localités; enfin d'exciter autour d'eux le désir do visiter rExpositiou et de faire connaître à la commission impériale les mesures qui leur sembleraient propres à procurer au plus grand nombre possible d'ouvriers les moyens de la visiter.

Daii> un ra[)porton date du 8 mars 1855, la Commission impériale rendit un juste hommage aux travaux des comités en constatant qu'Us avaient tous rivalisé de zèle et d'activité pour remplir dignement la tâche qui leur avait été confiée, et qu'on leur devait en grande partie les documents nécessaires au classement et à l'installation des produits. Cette tâche avait été difficile et même pénible cependant, car par suite de l'insuffisance du palais de l'industrie et de ses annexes, il fallut réduire de deux tiers l'espace demandé, non par les 15,000 fabricants ou agriculteurs qui s*étaîent fait inscrire avec un empressement vraiment patriotique sur les registres des comités français, mais bien par les exposants admis.

' Cette insaffisance d'espace avait été prévue par la Corn-

INTHODUCTJON. xm

mission, et S. À. I. le prince Napoléon s^en était vivement

préoccupé, mais son déparl pour J'Orieul empêcha do faire . douuer suile au projet de construction d'annexés assez spacieuses pour obtenir une superficie de 100,060 mètres, non compris ce qui devait être fourni par Tenoeinte extérieure dans laquelle on proposait d enclore une partie du carré Marigny.

Dans la préface d'un livre qui n'en est que Taccesseire, M. Tresca, sous-diredeur au Conservatoire impérial des Arts et Métiers, chargé, en qualité de conuiiissaire, du classement des produits, a fort clairement indiqué toutes les difficultés en présence desquelles le général Mon» et lui se sont trouvés pour mener à bonne Un Tœuvre immense dont la respousalulité leur incoiiiiniit.

Son introduction historique est un résumé rapide de tous les ennuis éprouvés, de tous les obstacles vaincus, de toutes les dispositions ^nérales prises, de tous tes travaux poursuivis au milieu des exigences des uns, des critiques des autres, et des plaintes innombrables qui surgissaient de tous côtés par suite des réductions d*espaoe qu'il fallait iuiposer. Les réclamations souveni fondées des exposants prirent inème, au dernier moment, un caractère <i aigreur bien excusable, car ils avaient de nombreux et légitimes sujets de plaintes.

Si dans les travaux préparatoires faits au Conservatoire, où s'opérait le dépouillement des listes et une partie du classement sur plan, si dans la réception des colis et le placement des produits quelques erreurs regrettables ont été couimises. ou doil U s altrihuerà uueahsence de niéthodo diilticile à établir danii» un travail aussi multiple, aussi gigantesque, et à sa trop tardive répartition, avec une autorité

luv INTRODUCTION.

suffiflanle, entre les inspecteurs attachés au service âvt

classement. M. ïresca a peul-élre un peu trop piésumé de ses forces dans le principe; de là quelques retards qui auraient pu être évités.

Les causes principales qui firent remettre T ouverture de TExpositioD au 15 mai doivent être imputée:» eu grande partie à la Compagnie du palais. Nounseulement elle ne livra pas les bâtiments terminés en temps utile, puisque le bâtiment principai qui devait être achevé le 31 janvier ne l'était pas encore le G mai; mais eiie éleva successivement une série de prétentions cupides, exagérées, qui créèrent à radmlnistration de la Commission impériale d'innombrables difficultés. Ainsi , dans Timpossibilité où elle se trouvait de remplir ses propres engagements, elle voulut encore avoir le monopole des travaux d'emménagement intérieur, et les concessions qui lui furent faites à cet égard eurent de déplorables conséquences.

Puis au deruier moment vint la question de ventilatiou qui avait été négligée alors qu'elle pouvait être facilement résolue, et les travaux souterrains qu*il fallut exécuter pour établir des galeries d'appel entravèrent rinstallatton des produits, que, du reste, les iiuiuslrieis ne voulaient pas exposer à l'action du soleil , de la poussière et de la pluie qui filtrait à travers les toitures.

A ces causes, il faut ajouter ie tardif envoi des colis, uutaniineut par les pays étrangers , el les uiodilications de superficie que le retour du prince entraîna-

L'occupation du Panorama et la création d*une galerie, pour réunir le bâtiment principal à Taimexe du bord de l'eau, forcèrent à de tels chaii£>;eiueuts dans le placement général des produits de la partie française, que la plupart

IfiTRODUCTlON.

des (ravaux d*instaUatîou exécutée au reswle-rfiairssée du i)àtmient principal durent être recommencés. A ce sujets nous devons dire qu'on a trop laissé dans l'ombre les iinmeases services rendus par le corps des inspecteurs;

Cest surtout à leur zèle, à leur dévouement, que Von doit les magnifiques résultats dont d'autres ne iijaiu{uent aucune occasion de se glorifier. Mais S. A. I. le prince Napoléon qui, par son habileté administrative, son infetigable activité, a su imprimer à cette gigantesque organisation une si vigoureuse et si salutaire impulsion , est un esprit droit , d'une haute équité, et il ne peut manquer de rendre à chacun la justice qui lui est due. /îout le monde se platt à reconnaître que c'est à sa valeur personnelle, plus encore qu'à l'énergique influence prepoutiérante de sa position élevée, que Ton doit les admirables résultats que nous aurons à constater dans le cours de cet ouvrage, au sujet de l'Exposition universelle, qui, selon les paroles prononcées par le Prince, dans son discours d'ouverture, « doit 6tre une vaste enquête pratique , un moyen de mettre les forces industrielles en contact, les matières premières à portée du producteur, les produits à côté du consommateur; c'est lui nouveau pas vers le pertéctiouncmont , cette loi qui vient du Créateur, ce premier besoin de rhumauité et cette indispensable condition de Torganisation sociale. »j

L'Kxposition universelle de 1855 a aussi été [>our l'industrie l'occasioo de montrer d'une façon visU)ie pour tous son intime et profonde connexité avec les plus grands intérêts moraux du pays, d'élever son action à la hauteur d'une manifestation patriotique.

Au mon]ent même où, vei s de lointains rivages, en face d'héroïques dangers et de diilicultés sans nombre, la France

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