APRES UNE MANIFESTATION DEVANT LE CAFE FRANÇAIS A MUNICH
deur d'Autriche-Hongrie à Saint-Pétersbourg vient encore trouver M. Sazonoff et insiste pour lui prouver que l'Autriche faisait preuve de bonne volonté.
Le gouvernement austro-hongrois a pris, à l'égard du gouvernement français, une attitude non moins singulière. L'Allemagne est en guerre avec la France, et l'Autriche s'abstient; son ambassadeur reste à Paris : il paraît tout ignorer.
La moitié de l'Europe s'est vu déclarer la guerre par l'Allemagne ; l'autre moitié est en suspens; et, déjà, avec une hâte extrême, l'Allemagne presse sa mobilisation et accomplit les premiers événements militaires, prend ses avantages.
Il appartient à l'Angleterre de décider si l'Allemagne en profitera pour exterminer chacun de ses adversaires isolément et commencer ses conquêtes par celle de la Belgique, ou si l'ensemble des puissances,
échappant à l'étreinte allemande, se groupera contre l'animal de proie.
L* ANGLETERRE Le 4 août, au matin, le gou- SE DECLARE vernement anglais a donné pour instructions à son ambassadeur, d'avoir à interroger définitivement le gouvernement allemand, au sujet de la neutralité belge. Le cabinet de Londres, ayant appris que la frontière belge est franchie, exige qu'une réponse satisfaisante lui soit adressée avant minuit . Sinon, l'ambassadeur britannique a l'ordre de demander ses passeports et de faire savoir que son gouvernement prendra toutes les mesures en son pouvoir pour maintenir la neutralité de la Belgique et le respect d'un traité souscrit par l'Allemagne elle-même.
Sir E. Goschen se rend, le 4 août après-midi, chez M. de Jagow ; dans un premier entretien, il pose nettement la question. Oui ou non, l'Allemagne s'abstiendra-t-elle de violer la
neutralité belge? «Herr von Jagow, écrit l'ambassadeur, a répliqué tout de suite qu'il était fâché d'avoir à dire que sa réponse devait être « non »; les troupes allemandes ont déjà franchi la frontière et la neutralité de la Belgique est violée, d'ores et déjà. « Herr von Jagow veut bien donner des raisons : <( Il faut que l'armée allemande suive la voie la plus rapide et la plus facile, de manière à prendre une bonne avance dans ses opérations et s'efforcer de frapper quelque coup décisif le plus tôt possible. »
Cette confidence ne convainc nullement l'ambassadeur d'Angleterre.
Herr von Jagow insiste : « C'est,