CE QU'IL FAUT RÉPARER
On pourrait, par une formule presque mathématique, — car la réaction est égale à l'action, — affirmer que les conditions nécessaires de la paix, pour qu'elle soit durable, doivent être exactement inverses des raisons qui ont déterminé la guerre. De graves erreurs ont été commises ; ces erreurs doivent être réparées. En les reprenant l'une après l'autre, en restaurant ce qui a été détruit, en relevant ce qui a été accablé, en contenant les ambitions débordées, en restituant au droit l'autorité qui est la sienne et qui doit avoir nécessairement le dernier mot, en écartant définitivement, de l'horizon, la terreur germanique, en reconsti-
tuant la morale internationale, en vertu des doctrines du Christ et de la Révolution française, on poursuivrait l'évolution naturelle du monde vers la fraternité, dans la liberté. Nietzsche nous traite de moutons : eh bien ! les moutons arracheront griffes et dents aux loups. Les bêtes de proie seront mises dans l'impossibilité de nuire. Cela veut dire que la Prusse sera réduite à l'impuissance et, pour cela, il n'y aura qu'à effacer du droit international la série des actes qui ont fait d'elle la terreur de l'univers.
Le devoir des puissances victorieuses, après avoir obtenu les indemnités indispensables et avoir édicté des châtiments égauxaux crimes, sera de reprendre ab ovo, sous la garantie de l'Europe, les fautes commises au traité de Francfort, au congrès de Vienne, au traité de Westphalie, en un mot dans tous les actes qui ont laissé la Prusse se développer et s'agrandir au détriment de l'Allemagne et de l'Europe. Il s'agit, selon le mot d'un ministre bavarois, de refouler la tribu militariste et expansionniste du Nord, pour refaire une famille européenne.
On reprendra de fond en comble le règlement