‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 66 sur 148 · MINISTRE DE LA DEFENSE NATIONALE · texte numérisé non relu

MINISTRE DE LA DEFENSE NATIONALE

Belgrade... Cependant, nous ne pouvons nous empêcher de penser que la Russie, conservatrice et fidèle à son Empereur, jugera compréhensible et même nécessaire notre action énergique contre la Serbie... Tout en ne prétendant à l'acquisition d'aucun territoire et sans songer à attenter à la souveraineté du royaume, nous n'en irons pas moins jusqu'aux mesures extrêmes pour obtenir que nos demandes soient suivies d'effet... Notre action contre la Serbie, sous quelque forme qu'elle se produise, est absolument conservatrice et son but est le maintien nécessaire de notre position en Europe. » {Livre rouge austrohongrois.)

Ainsi, on ne laissait, de parti pris, aucune issue à la négociation que la soumission de la Serbie d'abord, et de la Russie par suite,

aux vues et aux intérêts de l'Autriche-Hongrie.

Et Berlin n'était pas moins formel. M. Zimmermann, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, s'exprimait ainsi dans un entretien avec le ministre de Belgique : « J'ai dit hier à M. Boghitchevich (diplomate serbe) que le meilleur conseil que je puisse donner à son pays, était de n'opposer à l'Autriche qu'un simulacre de résistance et de conclure la paix au plus vite en acceptant toutes les conditions du cabinet de Vienne. J'ai ajouté que, si une guerre générale éclatait et qu'elle tournât à l'avantage de la Triplice, la Serbie cesserait vraiment d'exister comme nation ; elle serait rayée de la carte de l'Europe.

Mais j'espère encore qu'une conflagration pareille pourra être évitée et que nous réussirons à dissuader la Russie d'intervenir en faveur de la Serbie, dont l'Autriche est résolue à respecter l'intégrité une fois qu'elle aura obtenu satisfaction. •»

Le baron Beyens, ministre de Belgique, rapporte ces déclarations qu'il recueillit de la bouche de M. Zimmermann, et expose le véritable problème résultant des exigences austro-hongroises et allemandes : « En somme, la thèse revenait à refouler à tout jamais le rôle historique de la Russie dans les Balkans ; elle prononçait d'avance la condamnation de

M. MILENKO-R. VESNITCH

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