‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 92 sur 148 · MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE BELGIQUE · texte numérisé non relu

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE BELGIQUE

Paris, ï; juillet 1914.

A l'occasion de l'arrivée du président de la République française, le ministre des Affaires étrangères avait préparé un court exposé de la situation politique actuelle, à peu près dans les termes suivants: l'Autriche, craignant la décomposition intérieure, s'est emparée du

prétexte de l'assassinat de l'archiduc pour essayer d'obtenir des garanties qui pourront revêtir la forme de l'occupation des communications militaires serbes ou même du territoire serbe.

L'Allemagne soutient l'Autriche. Le maintien de la paix dépend de la seule Russie, parce qu'il s'agit d'une affaire qui doit être « localisée » entre l'Autriche et la Serbie, c'est-à-dire de la punition de la politique précédente de la Serbie et des garanties pour l'avenir. De ceci, l'Allemagne conclut qu'il faut exercer une action modératrice à Pétersbourg. Ce sophisme a été réfuté à Paris comme à Londres... L'Allemagne s'oppose à la conférence, sans indiquer aucune autre manière d'agir pratique. L'Autriche mène des pourparlers manifestement dilatoires à Pétersbourg. • En même temps , elle prend des mesures actives, et, si ces mesures sont tolérées, ses prétentions augmenteront proportionnellement. Il est très désirable que la Russie prête tout son appui au projet de médiation que présentera sir E. Grey. Dans le cas contraire, l'Autriche, sous prétexte de « garantie », pourra, en fait, changer le statut territorial de l'Europe orientale.

Iswolsky.

Nous décou'VTons ainsi le fond des sentiments des gouvernements alhés, au moment

l'europe en alarme, la déclaration de guerre

LA maison du roi. A BRUXELLES

OÙ les résolutions définitives vont être prises ponsabilité de la rupture retomberait sur la

de part et d'autre. Russie. Voici les appréciations concordantes

Cependant, par la volonté de l'Allemagne, de M. Jules Cambon et de M. Viviani :

les faits se précipitent ; la mobilisation est n i^r août. — Mon collègue de Russie a reçu,

commencée partout. Comment combiner ce hier soir, deux télégrammes de M. Sazonoff

travail fébrile des ultimatums et des préparatifs l'avisant que l'ambassadeur d'Autriche à

menaçants , avec l'essai de conciliation tenté in extremis, par r Autriche-Hongrie, à Saint - Pétersbourg et à Paris ?

On croit, en général, à la sincérité de l'Autriche.

Il est possible, en effet, il est probable que le comte Berchtold, en présence de l'attitude imprévue, pour Vienne et peut-être même pour Berlin, de la Russie et de l'Angleterre, ait eu le sentiment du péril auquel [il exposait la mo narchie dualiste et qu'il se soit accroché au dernier espoir d'arrêter les événements. Mais il semble plus probable que, ce que l'on espérait surtout, c'était tenir en suspens les résolutions de l'Angleterre. Le ler août, l'Angleterre ne s'est pas encore prononcée officiellement. M. J. Cambon télégraphie : « Mon collègue d'Angleterre a fait, dans la nuit, un appel pressant aux sentiments d'humanité de M. de Jagow. ))

Or, il semble bien que l'on espérait établir, aux yeux de l'Angleterre, que toute la res-

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