‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 94 sur 148 · S. M. LA REINE ELISABETH DE BELGIQUE · texte numérisé non relu

S. M. LA REINE ELISABETH DE BELGIQUE

Sans insister plus qu'il ne convient sur cet incident de la dernière heure qui est, tout au plus, de l'ordre des velléités ou des manifestations platoniques, il convient de reprendre les faits positifs dans leur développement simultané, sur les divers points, durant ces trois journées haletantes :

Le 29 juillet, M. Iswolski télégraphie : « M. Viviani vient de me confirmer l'entière résolution du gouvernement français d'agir d'accord avec nous. Cette résolution est soutenue par les cercles les plus étendus et par les partis, y compris les radicaux-socialistes qui viennent de lui présenter une déclaration exprimant la confiance absolue et les dispositions patriotiques du groupe... »

Le même jour, M. Sazonoff télégraphie à M. Iswolsky : « Aujourd'hui, l'ambassadeur d'Allemagne m'a communiqué la résolution prise par son gouvernement de mobiliser, si la Russie ne cessait pas ses préparatifs militaires... ))

On reçoit, à Saint-Pétersbourg, la réponse du gouvernement serbe, au télégramme par lequel le tsar Nicolas, en conseillant la sagesse et la modération à la Serbie, lui a donné l'assurance, « qu'en aucun cas, la Russie ne se désintéressera du sort de la Serbie ». M. Patchich, après avoir lu le télégramme, se signa et dit : « Seigneur ! Le tsar est grand et clément ! « Ensuite, il m'embrassa, ne pouvant contenir l'émotion qui l'avait gagné. » (Télégr. du chargé d'affaires. Livre rouge.)

Le lendemain, le prince régent de Serbie adresse au peuple serbe un manifeste : « Défendez de toutes vos forces vos foyers et la Serbie. «

A l'ouverture solennelle de la Skoupchtina, il lit un document où il insère le passage du télégramme impérial, « qu'en aucun cas, la Russie n'abandonnera la Serbie ». « A chaque mention du nom de Sa Majesté, télégraphie le chargé d'affaires russe, un « jivio » formidable et fébrile secouait la salle des séances. Les marques de sympathie de la part de la France et de l'Angleterre furent aussi relevées sépa-

rément et provoquèrent des « jivio » d'approbation de la part des députés. » {Livre orange russe.)

A Rome, le gouvernement allemand fait demander, par son ambassadeur, quelle sera définitivement l'attitude de l'Italie : « Le marquis di San Giuliano a répondu que la guerre entreprise par l'Autriche, étant donné, surtout, les conséquences qui pouvaient en sortir, d'après les déclarations de l'ambassadeur d'Allemagne (à savoir une guerre générale) , ayant un caractère agressif et ne cadrant pas avec le caractère purement défensif de la Triple- Alliance, l'Italie ne pourrait pas participer à la guerre. »

A Paris, voici les précisions apportées par M. Viviani, dans son entretien avec l'ambassadeur d'Allemagne : « L'ambassadeur est venu me voir, ce matin, à 11 heures. Je l'ai mis au courant des pourparlers continués depuis hier, (c'est-à-dire de la conversation engagée à Saint-Pétersbourg par l'Autriche, et du désir des puissances de voir reporter à Londres l'examen de la situation poxir arriver à un accord). J'ai mis en regard l'attitude de l'Allemagne qui, abandonnant tous pourparlers, pose à la Russie un ultimatum, au moment même où cette puissance vient d'accepter la formule anglaise (qui implique arrêt des préparatifs militaires de tous les pays ayant mobilisé) et envisage, comme imminente, une rupture diplomatique avec la France... »

Faisant ainsi le tour des capitales européennes, nous voici, de nouveau, ramenés à Londres, où, avec un désir toujours instant de travailler à l'arrangement des choses, on voit l'état d'esprit se transformer graduellement : « L'Allemagne ayant réclamé ^de l'Angleterre une déclaration de neutralité et ne l'ayant pas obtenue, le gouvernement britannique demeure maître de son action. » Un conseil des ministres a eu lieu, le i^' août au matin.

Deux choses importent par-dessus tout, maintenant, à l'Angleterre : i» la neutralité belge ; 2° l'attitude à l'égard de la France

L EUROPE EN ALARME. LA DECLARATION DE GUERRE

Prince Charles-Théodore. Prince Léopold. Princesse Mane-José.

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