APRÈS MONTAIGNE
ERRE CHARRON (iUi- . — Fils d'un libraire de , et d'abord destiné au au, Pierre Charron fit de
s études de droit, à Orléans et à Bourges. Il devint prêtre, et acquit rapint une réputation comme prédicateur. C'est pendant qu'il prêchait à Bor. ï, en 1589, qu'il fit la connaissance de Montaigne. Celui-ci lui légua, par Tient, le droit de porter ses armoiries (2;. £n 1594, Charron publia lei Yéritét (il y a un Dieu, — ta religion chrétienne est la seule vraie, — la on catholique est la seule forme orthodoxe du christianisme). En IGOO, il
[e LéoDsrd Gaultier (1501 f von 1S30).
donna un recueil de Discours chrétiens, et, en 4604, le Traité de la Sagesse La Sagesse de Pierre Charron se divise en trois livres : « Le premier livre, écrit Tauteur lui-même, est tout en la connaissance de soi et de Thumaine condition préparative à la sagesse ; le second contient les traits, offices (devoirs) et règles générales et principales de la sagesse; le tiers, contient les règles et instructions particulières de la sagesse, et ce par Tordre des quatre vertus principales et morales, prudence^ jastice^ force^ tempérance.,, » On est frappé, à la seule lecture de ce plan, de constater que cet ami et disciple de Montiaigne, est méthodique et didactique. Il lui arrive môme assez fréquemment d'introduire des tableaux synoptiques dans, ses développements. Mais il est bien, malgré les apparences, un disciple de Montaigne, et qui pousse à leurs conséquences les insinuations de son maître. Celui-ci disait : Que sais-je ? Charron dit : Je ne sais. Il est difficile d*affirmer que Charron fut réellement un sceptique. Faut-il, avec le P. Garasse, l'appeler le Patriarche des esprits forts ? faut-il admettre que Charron n'a voulu ruiner la raison humaine que pour mieux faire sentir la nécessité absolue d'une religion révélée? C'est possible. Ce serait le plan môme de Pascal, mais exécuté avec une gaucherie suspecte. Quoi qu'il en soit, les libertins tirèrent à eux ce traité d'un prôlre et d'un prédicateur, qu'ils prirent ainsi plaisir à convaincre d'inconséquence.
Parmi les chapitres de Charron qui gardent aujourd'hui un certain intérêt, signalons ceux qu'il consacre aux Devoirs des parents et des enfants (III, 44). Dans l'histoire de la pédagogie, entre Rabelais et Montaigne, d'une part, Locke et Rousseau de l'autre. Charron doit tenir sa place (i).
OUILLAUME DUVAIR (4556-1624). — D'abord conseiller au Parlement de Paris, G. du Vair, pendant les troubles de la Ligue, appartint au parti des modérés avec de Harlay, de Brisson, et les .auteurs de la Satyre Ménippée. Après la journée des Barricades, il prononça une courageuse harangue contre les partisans du duc de Guise. En 4593, député de Paris aux États de la Ligue, il protesta éloqucniment, dans son discours Sur la loi salique, contre les menées de ceux qui préparaient l'avènement au trône de France d'un prince espagnol. Henri IV nomma du Vair premier président du Parlement de Provence, à Aix; et la reine régente Marie de Médicis le lit garde des sceaux. En cette der-, nière qualité, il prononça encore de rcniarquabh^s discours.
Mais nous avons surtout à nous occuper ici du moraliste. G. du Vair a écrit, dans l'intervalle de ces séances orageuses où brillait son éloquence, un traité De la constance et consolation es calamités publiqueSy qui, par la forme dialoguéc et la beauté un peu oratoire du style, peut se comparer aux Tusculanes ou aux Académiques de Cicéron. Ce traité évoque aussi un rapprochement avec Bossuet ; du Vair y a tracé un tableau des révolutions des empires, qui fait songer
(1) Morceaux choisis^ 2* cycle, p. 220
TAIGNE ET LES MORALISTES
Ucoars lur Vhitloire anivenelle. — Dans un autre traité, la Sainte Plûlo»o-
du Vair tenle d'établir un heureux accord entre la foi el la raison. G, du n'csl pas un disciple de Montaigne. Il repr^enle plutât, avec une sorte de deur à la fois stoïcienne et chrétienne, l'état d'esprit de ces hommes mËléii affaires de leur temps, et soucieux de fortifier, au milieu de tant de Irou-
le coeur et la /aison urs concitoyens.
du Vair est un re- (uablc écrivain, vrai écesseur de Balzac
le nombre et l'amr de son style oratoire.
!ur, il l'est toujours, le dans ses traités lux ; et il nous a laissé jvrage : De Véloqaence aiie et des muons jaoi elle est restée si ', qui permet encore : rapprocher de Cicéauteur du Bratui, de Ion, auteur de la e à l'Académie, el qui honneur à son sens
rappelcrenflnqucG.
I inlir
, Malherbe, t
;hail encore sa voie; air lui a donné d'cxats conseils, et il faut >uer dans une cermesure, à l' auteur tloquenee française , le goût sûr et le ier théoricien de la poésie classique.
D'*pr«8 1
slyle plus oratoire que iKiéUquu du
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