THÉOLOGIENS. — HISTORIENS. — POLITIQUES
qu'il ait publiés lui-même : Vlntroduction à la vie dévole (1608) et le Traiti d« l'amour de Dieu (iGiG).
L'Introduction à la vie dévole est un de ces livres qui se sont faits d'eux-mêmes, au jour lo jour, et qui tirent une partie de leur prix de ce qu'ils ne sont pas proprement un livre. C'est . tout simplement la réunion d'une série de lettres de direction adressées, pendant le carême de 1607, à Mme de Charmoisy, d'Annecy. L'iiilérôt de ces lellres vient de l'intention même de l'au- Icur, qui dit dans sa prérace:
u Ceux qui ont traité de la dévotion ont presque tous regarde l'instruction des pcr- .soniies fort retirées du commerce du monde, ou au moins ont enseigné une sorte de dévotion qui conduit à cette entière retraite. Mon intention est d'instruire ceux qui vivent en ville, es ménage, en la cour, et qui par leur condition sont obligés de faire une vie commune...»
De là, l'immense succès de cet ouvrage ; cbacun voulut faire son profit de cette dévotion pratique, et devenir, comme la Pkihlhie h laquelle sont dédiées les lettres, une âme d'élection, sans renoncer au monde. On n'était pa.t moins séduit par le charme du style, d'une exquise douceur, abondant en figures aimables, enimages pittoresques, non sans une pointe de préciosité. — L'introdaction se compose de cinq parties : dans la première, l'auteur définit la vraie dévotion et les moyens de la désirer, — dans la seconde, il donne divers avis pour l'élévation de l'dnte à Dieu par rornison et les sacrements, — dans 1b troisième, divers avis louchant l'exercice des vertus (c'est la plus coiuidérable et la plui pratiquai il n'y o pas dans ces avis moins d'esprit qus
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de sagesse), — la quatrième est consacrée aux tentations^ — la cinquième aux exercices propres à renouveler Vâme et la confirmer en la dévotion (i).
Le Traité de Vamour de Z)i>u/adressé à Théotime^ est un ouvrage plus profond, au point de vue de la doctrine. La vraie charité y est définie avec une finesse souvent subtile, mais aussi avec force et sûreté. Saint François de Sales y conduit Famour de Dieu jusqu*aux limites extrêmes du mysticisme orthodoxe ; il s'arrête au point où Fénelon devait le reprendre pour en faire le quiétisme.
Autres écrivains catholiques. Prédicateurs. — Le cardinal Du Perron (4556-i6i8) est, à rencontre de Calvin, un protestant converti au catholicisme; il eut à son tour une grande influence sur la conversion de Henri IV. 11 est resté surtout célèbre par son oraison funèbre de Ronsard, mais c'était à la fois un érudit et un apologiste ; à ce dernier titre, il est un précurseur de Bossuet. — Nicolas Coétteteau (1574-1623) est connu, lui aussi, par une oraison funèbre, celle de Henri IV. 11 ne prit pas une part moins active que Du Perron à la polémique contre les protestants. Au dix-septième siècle, on vantait son Histoire romaine (1621), où Vaugelas aimait à prendre, ainsi que dans Amyot, des exemples qui font autorité. — Aucun prédicateur catholique du seizième siècle, à l'exception de saint François de Sales, ne mérite une place dans Thistoire de la littérature. Le mauvais goût, Térudition profane, la violence avaient envahi la chaire chrétienne.