I. — AVANT CORNEILLE
es genres. — Au début du dix-septième siècle, plu sieurs genres semblcnl se disputer la faveur du pu hlic. Sans parler ici de la comédie ni de la farce, le thcAlrc sérieux est représenté par la tragédie, la tragicomédie cl la pastorale. — La tragédie, après A. de Monichreslien, n'est pus encore régulItTcmeril constiluce dans la forme que suivront Corneille, Itoirou, Rnciuc, etc. ; elle ne le sera qu'avec la Sophoninbe de Mairct ('1G3'il(lj, C'est qu'il fniil al tendre que le public suit apic à en apprécier In beauté plutôt sévère, qu'il s'inlcresse à la morale et à la psychologie, et qu'il perde son engouement pour l'extraordinaire ou la fadeur. Et précisément les deux autres genres répondaient mieux à ses goûts ; la tragi-comédie, avec ses aventures de cape et d'épée, ses extravagances, lu liberlé de sa mise en scène, son dénouement heureux, était une sorte de mélodrame aristocratique ; et la paslorale venue d'Italie (VAminta du Tasse est de 1571) unissait au romanesque de l'action celui des sentiments. Nous allons retrouver chacun de ces genres avec les principaux auteurs, Joués â t'HdIcl de Bourgogne et au Marais.
C'est, en effet, dans les premières années du dix-septième siècle que s'établissent à Paris des troupes régulières. Aux confréries, aux associations temporaires, se substiluent des comédiens de profession. Déjà en 1599, le directeur d'une troupe ambulante de comédiens, Valleran Lecomle, avait Inué aux Confrères de la Passion leur salle de l'Hôtel de Bourgogne; mai» il fit encore plusieurs tournées, pour porter son répertoire dans les villes de province; et c'est en 1628 seulement que l'Hôtel de Bourgogne devint un théâlre permanent, analogue à ceux que nous voyons fonctionner aujourd'hui. Quelques acteurs détachés de celte première troupe s'établirent, rua de la Poterie, et fondèrent le théâtre du Marais, célèbre par la représentation des chefs-d'œuvre de Corneille. A la troupe ambulanic, puis permanenic, de Valleran Lecomle, était attaché un jeune poète, Alexandre Hardy.
HARDY (1569-1630) n'est guère coimu qu'à tilre de fournisseur appointé d:* l'Hôtel de Bourgogne. Ildatgagnerpcuiblement sa vie, à enjuger pur l'activité ûé vreuse arec laquelle il produisit, en l'espace de lienle ons environ, un nombre considérable de pièces : on croit qu'il en a compose au moins de sept à huit cents; il n'en flt imprimer qu'une quarantaine (6 vol., 1633 à 1628), pastorales,
LA UTTÊIiATURE FRAS'ÇAISE
tragi-comédies, tragédEes (Didon te saerijlant, la Mort d'Achille, Conolan, la Mort d'Alexandre, etc.),
I^s tragédies de Hardy se jouaient dans un décor slmaltani, représentaot, comme i'ancien théjltre des myslèret, piusicurs iieux. L'action se déplace avec les personnages ; elle so transporte d'un pays à un autre, et la durée n'en est
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pas astreinte à la règle des vingt-quarro heiii-es. Mais Hardy a déjà le sens de la crite classique. « Voulant écrire un Coriolan, il n'n pas commencé par le siège de Corioles, comme Shakespeare, mais par la disgrAco du héros romain ; et dés lors une seule question se pose : est-ce Itome eu Coriolan qui sera victime de cet acte d'ingralilude? Voulant écrire une Didon, il n'a pas commencé par le débarquement des Troycus en Afrique, comme l'Anglais Marlowe ou l'Italien Glraldi, mais par le désir d'Knée de quitter Carlhage et de suivre ses deslins ; et dés lors une seule question se pose : Pidon pourra-t-ello ou ne pourral-ello