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LA FORMATION DE LA THAGÉDIE CLASSIQUE

pas retenir Ënéo? Sera-t-cUe heureuse ou se donnera-t-elle la mort (l)î » De plus, Hardy sait déjA, en vrai dramaturge, faire sortir l'intérfit et l'unité des sentinicnls de ses personnages, doter et enchaîner les scènes. Bref, il pratique un genre de tragédie plus libre que le genre classique, et il ne lui a manqué que du génie pour en consacrer la Torme.

Hardy a composé un plus grand nombre de. Iragi-coraédies, genre alors essrntîellcment libre pour le choix du sujet, l'étendue de l'action, le nombre des personnages, la multiplicité des décors juxtaposés.

Quelques-unes de ces pièces étaient en plusieurs journées : VHUtoire êttiiopiquc en avait huit, de cinq actes chacune (t). I.a tragi-comédie est plutôt la fusion de plusieurs genres qu'un genre A part. Il devait en sortir la comédie héroïque, dans le stïIedui)ort5(inc/ie de Corneille, et du Don GarciedeNavarrede Moliùre. — Hardy a encore u mis au point» un troisième genre, la paslorate, pièce dont les personnages sont des bergers et des bergères d'Arcadic. L'influence de r.4s(ree, le célèbre roman d'Honoré d'Urfc (1610-19), vient se mêler & celle de l'Italie.

C'est sous ce double rnnt que Itacan écrit dans la forme dramatique ses Bergeries (3). D'Orfé lui-même compose, en 1625, une Syluanire (qu'il ne faut pas confondre avec celle de Mairet] ; et Gombauld, donne, en 1628, une Amaranthe.

D'aprts t

(ï) ci. RiatL, loi. cit. p. ilX Lire l' (3) Cf. p. 30t.

Li. Colin. IV, p. ans.

lippe tt ElMtrt et de Frigonde.

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THÉOPHILE DE VI AU (1590-16^26), célèbre aussi comme poète lyrique (1), a laisse, avec des Bergeries (pastorale jouée en 4619), une tragédie de Pyrame et Thisbé (1617). On en cite volontiers deux vers ridicules sur le poignard qui rougit pour s'être lâchement souillé du sang de son maître. La pièce vaut mieux que sa réputation. Selon M. Rigal, le mérite de Théophile consiste à avoir fait rentrer dans la tragédie la poésie que Hardy, en homme de théâtre, en avait trop sévèrement bannie. Il y a, chez Théophile, du lyrisme et un lyrisme précieux^ d'une tendresse souvent délicate.

MAIRET (4604-1686). — Les unités classiques. — Les deux plus célèbres pièces de cet ennemi de Corneille sont : une pastorale, Sylvanire (1631), dont la préface est importante pour la question des unités^ et une tragédie, Sophonisbe (1634). Dans Sophonisbe , Mairct s'efforce d'appliquer les règles qu'il avait formulées dans la préface de Sylvanire.

Un certain F. Ogier avait écrit en 1628 une préface pour Tyret Sidon, tragédie en deux journées de Jean de Schelandre; il y soutenait, par des arguments fort intéressants, la liberté de temps. Mairet répond à F. Ogier; il demande Tunité d'action et Vunité de temps : tout doit se passer en vingt-quatre heures ; et la principale raison qu'il en donne, c'est la vraisemblance^ comme l'avait déjà dit Scaliger au seizième siècle. Vunité de temps, surtout si on la fonde sur la vraisemblance, devait entraîner Vunité de lieu, et par suite modifier profondément le système de « mise en scène n conservé à ITlôtel de Bourgogne. — Ces trois unités sont observées strictement pour la première fois dans la Sophonisbe de Mairet. Si Ton joint à ce caractère le fond historique de la pièce, la noblesse du ton, les analyses psychologiques qui expliquent les actes des personnages, on comprendra que Mairet soit, en 1634, le véritable précurseur de Corneille : à ce titre son nom ne peut périr. (3) Il est fâcheux, sans doute, que Mairet se soitmêlé à la querelle du Gid^ d une façon assez déplaisante ; mais que Ton juge de son dépit, devant le succès éclatant d'un rival ! Aussi, après 1636, abandonne-t-il la tragédie pour la tragi-comédie.

C'est maintenant do Corneille qu'il faut nous occuper ; nous reviendrons ensuite sur ses contemporains.

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