‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 162 sur 408 · VI. 12, U, 16). ■ Le Soi- D'sprts l'estampe de Jean Leii · texte numérisé non relu

VI. 12, U, 16). ■ Le Soi- D'sprts l'estampe de Jean Leii

giieur est «»ec vous. A le plus courageux de tous les hommes. AI!oi avec ce courage don

Exorde : L'orateur se sent écrasé par ii prince ne seraient rien sans la piété : c'e

nivisioit : Condé a pusiédé : 1* lus iiualilés du cœur, 2' les qualiti piété qui est <i le tout de l'homme ». Frtmièrt parlie : Le cœur. Courage de Condé : Hocrol, Frlbourg. — Des Oiuneas. — Litt. llluttrie.

de l'esprit, 3* la U est modeste it

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loyal. — Ses fautes, qu'il a lui-môme reg^rettées. — Sa bonlé pour les siens. — Sa vie privée h Chantilly.

Deuxième partie : L'eaprit. Son ^énio militaire fortifié par l'étude. Sônef, Dunkerque, Lons. — Parallèle de Coudé et do Turenne.

Troisième pcu^tie : La piété. Elle vient se joindre aux autres qualités. — i La vie de Condé pendant ses dernières années. — Sa mort.

Péroraison: Bossuet appelle au catafalque de Condé tous ses amis, tous les princes, tous les peuples, il dit adieu lui-même au prince, et au genre do Toraison funèbre.

Originalité de Bossuet dans l'Oraison funèbre. — Nous n'avons pas à appré-, cicr ici séparément des discours aussi célèbres, mais seulement à définir et àl caractériser le génie de Bossuet dans l'oraison funèbre.

C'est malgré lui, et toujours par reconnaissance ou par obéissance, que Bossuet s*est exercé dans un genre presque compromis, avant lui, par des défauts qui en semblaient inséparables. De ce genre il sentait vivement la difficulté. Dans Toraison funèbre du P. Bourgoing, il dit : «Je vous avoue que j'ai coutume de plaindre les prédicateurs lorsqu'ils font les panégyriques funèbres des princes et des grands du monde. Ce n'est pas que de tels sujets ne fournissent ordinairement de nobles idées... Mais la licence et l'ambition, compagnes presque inséparables des grandes fortunes, mais l'intérêt et l'injustice, toujours mêlés trop avant dans les grandes affaires du monde, font qu'on marche parmi les écueils; et il arrive ordinairement que Dieu a si peu de part dans de telles vies, qu'on a peine à trouver quelques actions qui méritent d'être louées par ses ministres. » — Bossuet s'est donc préoccupe de purifier, de sanctifier, de rendre digne des autels, « devant lesquels, dit-il, il ne donne point de fausses louanges », ce genre de panégyrique si déprécié. Et il y arrive, en le transformant par ïhisioire cl par le sermon,

1° L'histoire. — Avant de juger Bossuet historien dans les oraisons funèbres observons qu'il n'a pas toute la liberté du livre. 11 parle devant la famille di défunt, dans une cérémonie qui est un hommage à sa mémoire, et il est limité par les convenances que lui imposent les circonstances. De plus, l'éloquence officielle use, à toutes les époques, et surtout quand elle est emprisonnée par une éliquetUy de certaines formules qui peuvent, ailleurs et plus tard, être prises à contresens. Les compliments et les éloges de Bossuet doivent être replacés à leur date, dans leur milieu, et ainsi rectifiés, — Bossuet s'est toujours scrupuleusement documenté sur les personnages dont il avait à prononcer réloge. 11 demande à Mme de Molleville un mémoire sur Henriette de France; — il en reçoit un du chanoine Feuillet sur Madame ; — 11 se fait communiquer des lettres d'Anne de (ionzague ; — il interroge tous les témoins ; — mais surtout il connaît personnellement presque tous ses héros : Madame, Marie-Thérèse, Le Tellier, Condé, et il peut apporter sur eux des détails intimes très précieux pour l'histoire. — Bossuet profile du rôle joué par ces princes, par ces princesses, par ces reines, qui tous sont historiques au sens le plus complet du mot,

1 de» ûvùncniunts au milieu desquels ils ont .'l'i'u, t'i'oiide, ({uerres de Louis XIV, iêvova- ■edes porlriiilsqui contrilnieiit ik aiigiiiciiler

lisœiivs: Cr..iii«>rll, Mu/urin, Tureiiiie (Ij.— 1 funèbre reste instruetive et morale. U

pour donner utie ^nrle de tnbleau Joué leur rùle : révululiou d'Auj;!

lion d.! rédil do >iiiile.i, elc... Il ti l'iiiipi-ession de vie que donne so Mais il veut que cette partie de l'o suboriloiiue l'Iûsluirc à la reliifiiin. Lu théorie de la l'rovidence, qui uuiiiic le Discours sur l'hislutre univfitflle, PC reirouïa diuts loules ses oriiisoiis funèbres. — D'ailleurs il nu s'inlerdit pas de rappi'Ier, ne fAI-ce que par des allusiuus très viïi'nu'ut senlies par les coiilenipornins, certaines fuulcs poliliquL'S (Coudé), cerlaines faibi.-sses (Charles 1"), ccrlaiiis excès répnréa par la péuilencc (Ainic de Uonziigue). Souvenl, son sili'ui:e, ou lo lour de SCS éloijes, est une leçon; éludiez, à ce point de vue, son oraison funèbre de Marie-Thérèse.

2° Le sermon. — Mais chaque oraison funèbre est surtout un sermon, où le défunt sert d'illuslro exemple.

La Harpe a cru rabaisser celle d*.\nne de Conzadue CD l'appelant « le plus su- r-inrHUT u'miMUEirrK i>'A^[;LKTt:iuiK

blime des sermons » : il a r)-»pr(» l'^i.impn .u «rignon.

cnractérisc en même temps

toutes les aulres. Bossuet se propose avaul lont l'instrui-lion et l'cdiVicalion de SCS oudîteurs. Aussi penl-ou rapprocher clinque oraison funèbre d'uu ou plusieurs sermons célèbres. Klltnssueta souvent niilisé (elle et telle partie d'un sermon déjà prononcé, pour l'hisêrer <la[is une oraison funèbre. ~ Ainsi réUi|;c d'Henriette de France est un sermon sur ia /'rodtiienre et sur ks Devoirs lirs rois ;

W3tor.

3M LA UTTÉRATURE FRANÇAISE

celui d'Henriette d'Angleterre, un sermon sur la Mort (la division correspond exactement au célèbre sermon de i662) (i) ; celui d*Anne de Gonzague, un sermon sur VImpénitence finale^ sur V Endurcisse me nt, sur la Providence^ etc. ; celui de Mnrie-Tliércsc, un sermon sur la Pureté ; celui de Condé, un sermon sur VAmbition, sur Vlïonneur du monde, etc.. Bref, on ne perd jamais de vue, au milieu des louanges et de rhisloire,le but principal de Torateur qui veut et doit rester un prédicalour.

Le style des Oraisons funèbres est plus travaillé, plus achevé que celui des Sermons. Il est, en général, d'une gravité et d'une noblesse soutenues. Mais on aurait tort d'en oublier les parties simples et familières : la deuxième partie de Toraison d'Henriette de France, un grand nombre de passages de celle d'Anne de Gonzague, la troisième partie do celle de Coudé. Quelques-unes, comme celle de Marie-Thérèse, sont d'un ton qui rappelle les Méditations sur VÉvangile. Ainsi, dans ces œuvres d'apparat, et où Bossuct se sentait obligé à une certaine égalité de cityle, on trouve encore une clonnante variété.

Bossuet précepteur du Dauphin et historien. ~ Si l'on veut savoir comment Bossuet a compris son rôle et ses devoirs de précopieur, il faut lire la lettre latine qu'il adressait, le 8 mars i679, au pape Innocent XI. Le programme compren'alt : — l'étude de la religion, par la lecture commcnlée de l'Écriture sainte, et l'histoire de l'Kglise ; — celle du latin: grammaire, exercices, lecture d'auteurs, entre autres Virgile^ Térenco, César, Ciccroii (remarquons ici que Bossuet ne fait pas lire h son élèye les auteurs latins par parcelles, mais en entier, de suite, « étant certain, dit-il. que chaque endroit ne s'entend jamais clairement, et ne paraît avec toute sa beauté, qu'à celui qui a regardé tout l'ouvrage comme on regarde un édifice, et qui en a pris tout le dessein et toute l'idée ») ; — la géographie, où il fait une grande place à l'étude des mœurs ; — l'histoire, et surtout celle de la France. Bossuet préparait lui-même chîique leçon d'histoire, et Z'tfxposait au Dauphin. « Nous lui en récitions de vive voix, dit-il, autant qu'il en pouvait facilement retenir; nous le lui faisions répéter : il l'écrivait en français, et puis il le mettait en latin ; cela lui servait de thème, et nous corrigions aussi soigneusement son français que son latin. Le samedi, il relisait tout d'une suite ce qu'il avait composé durant la semaine ; et, l'ouvrage croissant, nous l'avons divisé par livres, que nous lui faisions relire très souvent. » — Ajoutez à. ces matières la philosophie, le droit romain, de l'histoire naturelle, de la physique et des mathématiques. — Pour remplir ce vaste programme, Bossuet n'était pas seul. M. do Monlaiisier, gouverneur du Dauphin, lui avait adjoint des collaborateurs : Huet et Fleury, pour les lettres et l'histoire, et Blondel pour les sciences. Mais, sauf pour les sciences (encore étudiait-il l'anatomie), Bossuet fit tout par lui-môme ; il se remit à l'étude de la grammaire et des auteurs, rédigea

(1) Morceaux choisi; l" cyclo, p. 180.

BOSSUET ET LES PliEDICATEUlSS

des cours d'histoire qui liimolgncnl pniir le temps d'une sérieuse connnîsiiancQ di's sources, et il se trouva en mesure, celle 6duc.iltoii tluie, de publier le Discours sur r histoire universelle H(i8\). — La Politiqni- tirée de Vt'krilure suinte, le Trnltéde la connnissance de Dlea et de soi-même ([ti'il avait cgnlement écrits pour le Uau- ' (iliin, parurent aprèx t^a mort, cii 17il9 et l7-2fi. Le résultat de l'CB elTorts fut, on le s lit, presque négatir.

LoDaupliinnvail l'esprit lourd et apathi- (jue, cl semble avoir p:;u prontc des le- <ims d'un tel prccep-

L'ui- (i).

Le Discours sur l'hJstoln ualverselie (1681) n'est qu'une partie du vasle cours d' histoire écrit par lïossuct pour le Dauphin; la •luile, anikojicée dans I.T leltie ù Innocent XI, et qui dcvail aller de Charlemagrie •TU diï-septiémc siè-

cle, I

9 clé t

D"apr*8 une estompe coniemporoii

gee : nous n en possédons que des notes.

— Le Diîcour* (latin :

ditcursus, exposé méthodique et suivi, sans aucun sens oratoire) embrasse les temps qui se sont écoules, depuis la Création jusqu'n Cliarlemagne. Une première partie, iiitl- {u\é0 les Époques si divisée en douze chaplli'es, est un résumé chronologique et synchronique des principaux événemenls (2) ; — dans une deuxième, in-

titu(ée la Suite de la religion, Bossuet expose comment, depuis Moïse, la religion cliréliennc est préparée, et comment tout, dans l'ancienne loi comme dans la nouvelle, aboutit par une suite ininterrompue au triomphe dcrÉgiise; — dans la troisième partie, les Empires, Bossuet étudie Faction de la Providence sur les grands empires de Pantiquité, et comment, absorbés l'un par Tautre, ces empires formèrent, sous le joug des Romains, Tunité nécessaire à la difTusion de l'Évangile. — Bossuet historien reste toujours, ne l'oublions pas, théologien et éducateur ; il le proclame lui-même au début et à la lin de son Discours. Mais, cette réserve faite, on ne peut nier la solidité de sa documentation, la puissance et la largeur de ses vues, la sûreté avec laquelle il a analysé la Bible, et caractérisé le peuple romain. Nous ne concevons plus Thistoire traitée de la sorte; mais nous devons rendre hommage à la loyauté et à la profondeur de Bossuet, qui, philosophe de Vhistoire, est, malgré la différence des moyens et du but, un véritable précurseur de Montesquieu.

Nous n'avons pas à insister sur la Politique tirée de VÉcriture sainte, publiée seulement en 1709, cinq ans après la mort de l'auteur. C'est là que Bossuet s'établit le théoricien du pouvoir absolu et du droit divin. On parle beaucoup de cet ouvrage ; on le lit peu. De là, quelques erreurs courantes à son sujet. 11 faut seulement retenir qu'en fondant le pouvoir des rois sur la religion, Bossuet leur impose bien plutôt des devoirs qu'il ne leur reconnaît des droits. A ceux que la longueur de ce traité rebulerait, nous recommandons le sermon sur les Devoirs des rois (1662) qui en est une, sorte de puissante esquisse.

Bossuet controversiste. — Nous avons déjà dit quelle place tient dans l'œuvre de Bossuet la controverse, c'est-à-dire la polémique contre tous ceux qu'il considère comme des ennemis de la foi. Cette place est si importante, qu'on pourrait .affirmer que tous ses ouvrages sont plus ou moins animés par la controverse, Bo^uct étant toujours « sur la brèche ». Ainsi tel sermon ou telle oraison funèbre, quand on les regarde attentivement à leur date, sont des actes, et correspondent à tel mouvement de l'opinion ou à la publication de tel ouvrage, et Bossuet eût dit justement, comme Voltaire: « J'ai écrit pour agir(i). » Mais nous ne pouvons entrer dans celte étude détaillée, et nous nous bornons ici aux grands ouvrages de controverse.

1® Le protestantisme. — Rappelons que le premier ouvrage imprimé de Bossuet est la Réfutation du catéchisme de Paul Ferri (Metz, 1655). Plus tard, quand il travaille à la conversion de Tureime (1668-1669), Bossuet compose une Exposi' tion de la foi catholique, qu'il publie en 1671. En 1682, c'est encore contre les

(1) Ainsi VOraison funèbre d'Anne de Gonzague (1685) est dirigée contre les tibertint. La deuxième partie du Discour» surlhùtoire universelle (1681) doit être lue surtout comme une réponie aux tentatives d'exégèse rationalisito de Richard Simon, dont Bossuet, en 1678, avait iail supprifs^er l'ouvrage. L'Oraison funèbre de Le Tellier (1686 , devient très intéressante, ai Ton aonge que Boe- BUet écrivait alors son Histoire dex variations 16S8), etc

BOSSUET ET LES PRt^DICATEURS

protestants que Bossuet donne le Trailé de la communion sons les deux espèces. Kiilhi, en 1C88, il publie en deux volumes son Histoire m:s taiiiations dks ÉGLiat^s l'HOTESTANTES, H liiqucllc il Taul joindre les six Aferlissemenis (lGH9-i69i) et la Défense de l'Histoire des uarinlions (169ij. Tout le monde est d'nccord pour admii-er la conscience et la siirelé avec lesquelles Bossuct a docnmcnlo son histoire ; il <r » tinvaillé plusieurs onnées, clirrchant par lui-mi^me et par l'intermédiaire de savanis amis, tous les textes sur lesquels il voulait fonder lîon arguinenlatioii (1). Et il sunu d'ouvrir ces deux volnmen, dans l'édition originale de 4688 ponr être frappé de l'aboiidance des notes et renvois, mis en martehelte. Bossuet tenait essentiellemcnt A ce que ses adversaires fussent obligés de s'incliner devant SCS preuves matérielles ; el, de l'ait, dans les polémiques qui s'engagèrent, on atlaqua se' idées et ses conclusions, et non pas ses documents ou sa métliodc historique. — Quel est le but de Bossuet î C'est de prouver auï proleslants, par un tnblenu des variations de leurs Êijlises depuis Luther, qu'il leur manque cette unité qui est le caractère fondamental do la vériinbtc Kglise.

Lii conclusion s'imposera, le retour au catholicisme, qui est

seul cil possession de Vaiiilé dans poutuait lil i-astklh jk

la conliiiuilé. Si Bossuet n'est pas iiuprè» ié..c cHiaiupa du ivii- siicic,

arrivé à ce but qu'il désirait passionnément atteindre (car dans cette discussion il est apôtri-, et » il a plus d'amour que do hnine »), il a laissé du moins une de ses œuvres tes plus profondes et les plus vivantes.— Dans Icsquin/elivresquilai'omposenl.ilsuit l'ordrn historique, et l'on peut y signaler les passages suivaiils : Au livi-e l"", le /turtralt de Lulher ; au livre II, ses disputes avec Cartvsladt et Zmimjie ; au livi-e 111, leporlrail de Mélanehton (2> ; au livre VU, les révolulions d',Aiiij;lelerre, portrail d'Henri VIII; au llvrelX, leporfmif de Cahin,..,clc. Tous ces personniigcs tout à

K hlilorifn d« protei

396 Lk LITTÉRATURE FRANÇAISE

fail distincts, admirablement plantés^ agissent et conduisent, en quelque sorte, le développement de la Réforme. On finit par s'intéresser à ce qu'il y a de plus ardu dans la partie théologique de l'ouvrage, tant Tanalyse des doctrines fait corps avec le récit et Texplique (1;.

2° Le Quiétisme, — Nous remettons au chapitre de Fénelon l'exposition de cette polémique; nous y citerons les œuvres des deux adversaires.

3" Maximes et réflexions sur la comédie (1694). — Un religieux théatin, le P. Caflaro, avait écrit à Roursault une lettre que cet auteur avait publiée, sans signature, en tête d'une édition de son théâtre. Ce religieux soutenait que les anathcmes de l'Église contre la comédie ne pouvaient plus s'appliquer à celle du dix-septième siècle, devenue morale. Bossuet vit dans cette affirmation un système qui engageait l'autorité de l'Église, et il répondit au P. Caffaro par une brochure dont le ton nous parait aujourd'hui trop violent, mais où Ton senl, une fols de plus, l'ardente conviction d'un prêtre qui ne croit point devoir cotnme Fénelon dans sa Leitre à V Académie, prendre des détours pour exposer et pour défendre la doctritie iraditlohnclle de l'Église (2).

4*» La Défense de la tradition et des saints Pères, contre Richard Simon, le premier qui ait introduit Pcxégèsc dans l'étude de l'Écriture sainte (publiée seulement en 1753; (3).

Autres ouvrages de Bossuet. — Nous ne pouvons même énumérer les nombreux ouvrages de Bossuet; mais il faut encore ciler ceux qui prouvent l'étendue et la variété de son génie : le» Méditations sur V Évangile, et les Élévations sur les Mystères, Ces ouvrages furent écrits pat* Bossuet pour les religieuses de la Visitation de Meaux, en 1694 cl 1095i Us lie furent publiés que par son neveu, l'abbé Bossuet, en 1727 et 1731. Dans c<'B pages à la fois précises, sensées, et inspirées, apparaît, sous sa forme la plus achevée et la plus haute, le /ymmc de Bossuet (i). — En 1731, fut également publié son Traité de la Concupiscence ^ dont quelques pages atteignent au sublime (5j. Enfin, il reste de Bossuet une vaste corresl)ondance, des plus précieuses pour la connaissance de Thommc, qui y paraît avec sa droiture, sa loyauté, son dévouement absolu à ce qu'il estime être son devoir du moment. Ses plus belles lettres sont ses lettres de direc/ion, écrites pour la plupart à des religieuses de son diocèse de Meaux (6;.

Bossuet écrivain. — Nous avons déjà indiqué les sources et les éléments du

(1) Sur l'ensemble de l'ouvrage, cf. F. IIkmon. Cours de littèvatur^e^ Ifossuét, p. 25 i2) Voir l'édition dus Afaximea donnée par M. (iazier (Pans, Huliu).

(3) Cf. Calvet, Bossuet (Halior), \t WA.

(4) Cf. Calvet, lioanuet (Hnticr), pp. 534 et M.=>.

(5) Morceaux choisis, 2* cycle, p. 4lO.

(6) Calvkt, i/osà ue/ (Haticr), p. 4r>0. — Voir l'ouvrage de M. l'abbé Bellon, Bossuet dirtctevr de conscience. Paris, 189(1; — G. La.nson, Lettres choisies du dix-septième siècle, p. 993. — Correspondance de Bossuet, publiée par M.M. Urbain et Levéque. dans la collection dfs Grands écrivains de la France (Hachello).

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style de Bossuet: rÉcriture, les Pères, raiitiquilé laline. Mais combien d'autres, à la moine époque, ont fait les mêmes lectures, se sont nourris de la môme moelle, et ne donnent, en aucune façon, l'impression du style de Bossuet. Toutes les déflnilions sont donc presque superflues : elles confondent Bossuet avec ses contemporains, loin de le distinguer. Ce que Ton peut dire de moins vague, quand on cherche à caraclérisor co slyle, c'est quUl satisfait pleinement ce besoin de propriété qui est noire première exigence, et qu'il est toujours, par conscqucnt, aussi naturel que varié; c'est encore qu'il est à la fois, dans le sens le plus profond du mot, celui d'un orateur et d'un poète. — Son vocabulaire est des plus riches ; sa syntaxe suit le mouvement de la pensée ; ses figures n*ont jamais l'air d*ôtre plaquées ou ajoutées, mais sortent du fond mémo de son sujet. — A Bossuet, enfin, plus qu'à personne, s'applique la définition du style donnée par BufTon : « Bien penser, bien sentir, et bien rendre. »

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