‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 167 sur 408 · IL — LA ROCHEFOUCAULD · texte numérisé non relu

IL — LA ROCHEFOUCAULD

Vie. — Il faut distinguer deux périodes dans la vie de La Rochefoucauld : la première pendant laquelle il veut être et croit être un politique d'action ; la

(1) Noas emprnntons cette liste à M. A. RAbbluau {HUt. de la littér. française. Jnlleville Colin, t. V, p. 308). — Cf. L. Lkvrault, Maximes et Portraits (Evolution da genro), Paris, DelapUne.

(S) Sur le chevalier de More, cf. S.uivtB-BKtrvt, Derniers Portraits i O. La.xson, Cheia de lettres (tu dix'septiime sièvlei p. 14a.

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seconde, où, déçu de seê ambitions, il écrit d'abord ses MéitioireSt puis ses Maximes.

François VI, prince de Marcillac, puis, à la mort de Son père, duc de la Rochefoucauld» appartenait à Tune des plus grandes familles de France, famille alliée aux rois. Son père était duc et pair, gouverneur du Poitou, et fut disgracie par Kichelicu. Élevé probablement à la campagne, François de la* Rochefoucauld dut travailler avec un précepteur, sans fréquenter ni collège ni Université; et Ton pense qu'il ne fit pas de fortes éludes. A seize ans, il prend les armes; il devient mesire de camp du régiment d'Auvergne ; de 1G35 à iG48, il se bat bravement et il est blessé. Vers la lin du minislore de UicheJicu, il sert, eu galant chevalier, Anne d'Aul riche alors en disgrâce; il va jusqu'à se mettre dans un complot ourdi par Mme de Chevreuse, pour enlever la reine, et il se fait enfermer à la Baslille, puis exiler dans ses terres. De 164i2 à 1648, il vit dans son château de Verleuil. La Fronde séduit son humeur romanesque. Il s'y môle avec une témérité où il entre beaucoup d'orgueii et non moins de passion pour les beaux yeux de Mme de Longueville. 11 ne retire de cette équipée qu'une blessure, dont il faillit perdre la vue, et une nouvelle expérience de l'ingratitudo humaine. Après une retraite volontaire de trois ans, il revient à Paris, en IGoi. C'était le plus beau moment peut-être de la société française. Si Thùtel dj Rambouillet avait quelque jjeu dégénéré, d'autres salons s'étaient ouverts, ceux de Mlle de Scudéry, de Mme de la Fayette, de Mme de Sablé, etc. C'est chez Mme de Sablé que La Rochefoucauld fréquente le plus volontiers ; c'est là qu'il compose ses Maximes dont la première édition paraît en 1CG5.

La Rochefoucauld fut durement éprouvé par la mort d'un de ses fils, tue en 4612 au passage du Rhin. L'influence de Mnie de la Fayette, succédant à celle de Mme de Sablé, semble avoir adouci peu à peu la misanthropie du duc vieillissant. 11 revoit et corrige ses Maximes, qui lui acquièrent une réputation universelle. Pressé de se présenter à l'Académie française, il refuse. 11 nieurl, assisté par Bossuet, le 17 mars 1680.

Son caractère. — Nous avons de La Rochefoucauld un portrait, fait par luimôme, portrait un peu « avantageux » pour le physique, mais qui> pour le moral, contient des aveux intéressants. — La Rochefoucauld se déclare mélancolique, peu ouvert ; il aime la conversation, surtout celle des femmes; il a de' passions douces, mais il est peu sensible à k pillé (1). 11 faut compléter ce poi^ trait par celui que le cardinal de Retz lui a malignement consacré : a II y a toujours eu du je ne sais quoi en M. de La Rochefoucauld... Il a toujours eu une irrésolution habituelle... 11 n'a jamais été guerrier, quoiqu'il fût très soldat ; il n'a jamais été par lui-môme bon courtisan, quoiqu'il ait eu toujours bonne intention de l'ôtre. Il n'a jamais été bon homme de parti, quoique toute sa tie

(1) Morceaux choisis, 2* cycle, p. 443»

il y ait été engatrc... n. D'après Hctï, ennemi clairvoyanL, La Roch^roucaiild aurail donc été surtout un irrésolu; et l'irrésolu devient très vite un misanthrope, parce qu'il en veut à autrui de sa tiinidilé, cl qu'il croit plus à la méchancclédes autres qu'à

son propre manque de

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volonté. Mais l'irrésolu

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