‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 208 sur 408 · VIT. — LES INFLUENCES EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

VIT. — LES INFLUENCES EXTÉRIEURES

Jamais le cosmopolitisme ne fut plus développé qu'au dix-huitième siècle. Ouvrez la correspondance des grands écrivains, vous les trouvez en rapport avec les rois, les princes, les gentilshommes, les savants, les lettrés de tous les IKiys. Les étrangers affluent à Paris et tiennent à honneur de se faire présenter dans les salons. D'ailleurs, notre littérature rayonne sur l'Europe entière. Les grands maîtres du dix-septième siècle sont devenus les modèles des Anglais qui oublient Shakespeare, des Allemands qui attendent Lessing, des Italiens qui manquent alors d'hommes de génie. Nos arts ont la même influence. L*Allemagne et la Russie se couvrent de palais à la française, et le rococo sévit de Berlin a Home. Enfln, nos idées philosophiques s'inflltrent partout.

•L'Angleterre. — Mais l'étranger n'avait-il pas aussi sa part dans notre littérature et dans notre philosophie? Notre littérature a été relativement peu louchée. Sans doute, Shakespeare a fourni quelque chose, mais fort peu, h Voltaire; et il a été traduit par Letourneur et adapté par Ducis. Et nous devons aussi recoiuiaitre que les romans anglais de Richardson ont déterminé chez nous des imitations, sans oublier que ceux de l'abbé Prévost leur étaient antérieurs. Mais c'est surtout dans le domaine des idées et des mœurs que se fait sentir l'influence anglaise. Nous aurons assez l'occasion .d'y revenir. Montesquieu et Voltaire doivent particulièrement à leur séjour en Angleterre leurs idées politiques et sociales. Nos encyclopédistes, nos économistes, nos savants, s'inspirent aussi des théories d'outre-Manche. La société en est imprégnée. La tolérance, la liberté civique, la dignité du commerce et de l'industrie, le confortable public et privé, etc., circulent en France à titre d'importations anglaises.

Les grands noms et les grandes dates de la littérature anglaise sont, en ce dix-huitième siècle : Newton (f 1727;; — Swift (f 1745), qui publie en 1704 le Conte du Tonneau^ et en 1726 les Voyages de Gulliver (Voltaire s'en inspirera dans ses romans et dans ses pamphlel.s); — Addison (f 1719) donne en 1711 son Speciaieur^ journal littéraire, critique, moral, imité par Marivaux, et en 1713 sa tragédie de Caton; — Pope (f 1744) publie en 1718 sa Dunciade, poème satirique imité par Palissot, et en 1732 son Essai sur Vhomme^ qui a servi de modèle à Voltaire pour sa poésie philosophique; — Daniel de Foé (-j- 1731), dont le liobinson Crusoé est de 1719; — Richardson (f 1761), dont les romans, Paméla, Clarisse ïlarlowe^ etc., paraissent de 1740 à 1750; — des philosophes conmie David Hume, Adam Smith, Thomas Reid, — des historiens comme Gibbon, etc.

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