CHAPITRE V LES SALONS. — L'ENCYCLOPÉDIE. — BUFFON
SOMMAIRE
[■ LES SALONS du plein dli-huilième siècle sonl plus philosophiques que littéraires. — Hnie Geoinrin, de 1749 h 1777, reçoit les artistes, les écrivains et les étrangers célèbres ; de cœur avec les encyclopédistes, elle est très prudente ei modère Jes conversations de ses hdies. — Hme du Deffand, de 1740 à 1780, ouvre son salon à l'aristocratie et aux gens de lellres ; elle s'enDuie, et sa correspondance nous révèle un esprit original jusqu'au paradoxe. — Mlle da Latpinasae, d'abord lectrice de Mme du Detfand, forme, de 1764 à [776, un salon dissident, oli d'Alemberl donne le ton philosophique le plus hardi. — Les salons ont surtout une influence sociale et eucyclopîdique ; mais ils contribuent à introduire la frivolité dans les questions les plus sérieuses.
2- L'EnCYCLOPÉDIE est un dictionnaire qui paraît de ijbi k 1771. PJusieun fois interrompue, elle s'achève, grlce à de puissantes proieciions et au courage de Diderot. D'Alembert en compose le Discours préliminaire ; Diderot enrôle les collaborateurs et travaille lui-mime à un grand nombre d'articles. ^ « L'esprit » de l'Encyclopédie est : la négation de l'auloriU et de la traditioo, la confiance dans le progrts, la défense de la liberté politique et intellectuelle.
3- BUFFON (1707-1788) écrit de 1749 a 1788 l'Histoire aaturelle et les Époques de Ja nature. Au Jardin du Boi (Jardin des Plantes) qu'il dirige, et
LES SALOSS. — LR?ICYCWPÉDIE. ■
dans son château de Monibard, il ri^unit de nombreux docnmenU. Mail il est surtout remarquable par ses ijiithéaes et ses hypothéseï, dans lesquelles il devance li^ s grandes découvertes modernes. Il s'adjoint, des collaborateurs pour la partie deicriptive, aujourd'hui la plus connue, mais celle qui le caractérise le m.jins. — Il prononce à l'Académie française le Discours sur Je stj'le |]7S3). Comme écrivain, il a parfois trop de noblesse : mais il sait composer, et il atteint souvent A la grandeur véritable et à la poésie.
l'époqi
tus avons dit, dans le Tableau génèrnl du dix-haitième ùicle, que la philosophie n'esl pluj une sorlc de ipicialité baulaine et solitaire, mais l'œuvre collective et en quelque façon le divertissement passionné de la société tout entière. Les philosophes du dix-huitième siècle sont des pubticistcs, des journalUlc.s des hommes du monde, des femmes. Leurs doclrines, ils les préparent et les discutent à table ou dans la conversation ; ils les propagC[it par la lettre, le pamphlet, le dictionnaire ; et
XV. il^ leur donnent une forme vive et ce tour aisé qui doit aider à leur vulgarisation. A, mesure que les idées sont
style ea devient plus frivole.
IIS donc dans ce chapitre : les principaux salons, a qui furent l'Encyclopédie, en nous arrêtant surtout à ses enfin BulTon qui, sans doute, n'est
plus hardies,
Nous des centres philosophlquci deux directeurs, d'.^lembert et Diderot, pas un philosophe et fait de la science désintéressée, i
I qui, malgré lui.