LE THÉÂTRE AU DIX-HUITIÈME SII^CLE
aux remords, etc. Ce drame larmoyant n'a pas HUrvûcu à Bon succès de mode. Avec [IciiumarehaU, c'exl la poniuiinalilé de l'auteur qui Joue le premier rôle dnj)s lu cumédlc ; ce iont ses idées, ses théories, ses haines, que l'on applaudit, iieaumnrchais, c'est Fi|;aro. Mais, s'il écrit des pièces à Ihése, ou des pamphlets dialogues, 11 possède au plus haut peint des qualités d'hornme de théâtre. Il snlt à merveille construire une intrigue; créer une situation, t-H'cxploiler; faire sortir les unes des autres i des péripétirs imprévues et vraisemblables ; amuser le spectateur par de jolis détails de miite en scène ; et faire parler ses personnages, selon leur caractère, ' encore qu'il leur donne trop souvent son esprit, — Le Mariage de Figaro (1) est agencé de la façon la plus ingénieuse, avec un métier supérieur, dont n'auront plus qu'à s'inspirer les Scribe et les Sardou. — Quant au style, il n'a pas une ride; tout y a gardé sa fraîcheur cl sa vigueur.
Iticn de plus direct, de plus aigu, cl qui passe mieux la rampe. Peut-être Irouverat-on que Beaumarchai.s abuse des muli. Mais tout le monde n'élait-il pas spirituel, dans lu société que peignit Beaumarchais.
Il est donc le véritable précurseur de la comédie moderne. Par son habileté demain, pur son style à l'em porte-pièce, par la transformation du Ihéùlrc en tribune, par l'impertinenuc et par l'audace de ses mots, 11 annonce les plus grands écrivains dramatiques du dix-neuvième siècle.
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