‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 258 sur 408 · CHAPITRE X L'ÉLOQUENCE SOUS LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE X L'ÉLOQUENCE SOUS LA RÉVOLUTION

SOM-MAIRE

ÉLOQUENCE POLITIQUE. — L'éloquence de la chaire n'a plus d'illustres représenunis au dii-huitiéme siècle, mais la Révolution va développer l'éloquence politique.

[■ MIRABEAU (1749.1 ^i) tient la première place à l'Assemblée constituante. Il est d'un tempérament excessif; il mène une vie fiâvreuse et romanesque; il acquiert les connaissances les plus variées. Nommé député du Tiers, par Aix ei Marseille, il prononce un grand nombre de discours. Il est k la fois logique et passionné.

a- L'ABBÉ MAURY a de l'ardeur, mais trop de rhétorique; BARNAVE est plus serré ; ISNARO prononce un beau discours sur l'émigration (1791)-

3- Le plus célèbre des Girondins est VEBGHIAUD I1753-1793), dont les discours sont pleins de chaleur et de précision. — A la Convention, il faut encore nommer DANTON, ROBESPIERRE, etc.

4- PARMI LES JOURNALISTES ; CAMILLE DESMOULINS, ANDRÉ CHÉNIER, MARAT, etc. En&n. les Mémoires de Mme Roland nous révèlent une des plus belles flmes féminines de cette énoque troublée.

LA LITTÉRATUnE FRANÇAISE

K dix-huitième siècle n'a pas connu de grands orateurs religieux, comme Bossuel, Bourdaloue et Massillon. Bien entendu, la prédication ne fut jamais interrompue, et la chaire chrétienne ne manqua ni d'orateurs distingués, ni d'auditeurs délicats. Un «oui nom a surnagé, celui du P. Brldtdae (f 1767), missionnaire véhément et hardi, qui n'a jamais publié SCS sermons. L'abbé Maury, dans son Euai sur l'éloquence de la chaire, nous a conservé de lui l'ciorde d'un sermon prononcé à Sainl-Sulplcc, et qui, mal- LETTBE OBiEB heurcuscmcnt, est en grande partie l'œuvre de Maury

deasinàe al gravéfl p»r Pool lui-même ; au moins, dans ce pastiche, peut-on trouver l'écho de celle éloquence qui fll sensation. Mais, à la fin du siècle, la tribune politique devait à son tour avoir ses orateurs. L'ancien régime ne laissait aucune place à la libcrlé de la parole. Combien de grands talents furent ensevelis dan» le secret des Parlements (1)1 La réunion des Étals généraux oITrc tout d'un coup à ces grands talents l'occasion de se développer en public ; et surtout elle leur donne une admirable et féconde matière.

Page 1