‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 262 sur 408 · VÉLOQUESCE SOUS LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

VÉLOQUESCE SOUS LA RÉVOLUTION

semblée est frémissante; c*esl ce jour-là que Danton prononce In harangue qui se termine par la phrase célèbre, souvent mal comprise : « Le tocsin qu*on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, 11 nous faut do l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, cl la France est sauvée. )> Il prononce encore un discours impétueux, le 7 mars i7d3, pour arracher à la Convention, au soir d'une séance longue -et incertaine, l'organisation du tribunal révolutionnaire. Il voulait, à l'en croire, n'en faire qu'un instrument de victoire contre les ennemis de la France ; on sait ce qu'il advînt, et qu'il en fut lui-même la victime (i).

ROBESPIERRE (1759-1794). — L'éloquence de Robespierre est très difflcileà définir. Ses discours sont souvent gâtés par la rhétorique la plus artificielle, un goût d'antiquité qui sent moins l'humaniste que le pédant, de l'emphase ci froid, un jargon sentimental qui lui vient de Jean-Jacques, et surtout je ne sais quoi de fuyant et de faux qui caractérise son hypocrisie jacobine. Mais le$ (fualités sont remarquables. Robespierre sait composer, placer et enchaîner ses arguments; il sait aussi développer un lieu commun, en le rajeunissant pai l'adaptation aux circonstances ; il enveloppe ses adversaires et ses auditeur^ dans un réseau de plus en plus serré, et finit par convaincre, sans persuader ; il est souvent vif et nerveux, âpre, jusqu'à faire frissonner.

Parmi ses discours les plus célèbres, rappelons son accusation contre les Girondins, le 31 mai 1793, et sa défense personnelle, dans la séance du â6 juillet 1794.

Nommons encore Saint-Juat et Barère, Tallien, Carnot.

Il ne faut pas oublier non plus: Maleaherhea (17:21-1794;, qui, après s'être distingué par son intelligente tolérance comme directeur de la librairie, devint ministre, suivit Turgot dans sa retraite, et réclama de la Convention le périlleux honneur de défendre le roi accusé; — De Séze(i748-1828),qui, déjà célèbre comme avocat, plaida également pour Louis XVI. On a retenu de son plaidoyer ces mots : « Je cheicne parmi vous des juges, et je n'y trouve que des accusateurs. ))

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