LA PRESSE
D'ailleurs, tous ces goûts sont plus ou moins satisfaits et excités par la presse. Le développement prodigieux des journaux n'est pas dû seulement A la spéculation qui s'est emparée, pour l'exploilcr h gros béncflces, de la banale curiosité des badauds. La presse correspond à l'une des conquêtes de l'esprit public après la Révolulion : le droit de tout savoir pour loul discuter. Ce droit bâillonné par le premier Empire, est un de ceux que les libéraux de la Restauration réclament avec le plus d'insistance ; et l'on mesure aiseï aalvsmeat, od France, U defffé da libarté réelU h la liberté des Journaux^
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1^ IfA'tVuiu". y <9t,cn^ «an* dout#* la pluf grande place. Mat« Wîoiir&siix oo^ une ré^'li^ \tnpttT\nuce, dstu% nji*toire littéraire du dix-neuvieine »mcI«. Far ks (jtîu\A*^% Ti;w\ns d%uTra($e«, par Itrs feuilletons de théitre, ils nil^arbeiit et ^oijfn''Hefi( a Ja dÎ!î<:ii5«ïiorj ^«[-nérale et immédiate toute la productîoo inlellectiiHle, IJf 1rafi<»for ment certains genri*s littérain.*$ qui prennent place d^ns k joufiiaJ: la nout'eUe, le roman-feuUleton qui .se découpe en tranches et deriesl un %i*i%Ttt a ^urpfiM';^, à »ecou^?K.-â, à .style voyant et brutal. De plu?, la morale, la *t^u/UMji^, la t^ûérnre même, qui déjà, au div-huitième siècle, étaient sorties des f^roH tniléi didai:1iqui*s |K>ur de%fnir des brochures, s'amincissent ea arficUt: et l'on pK'hd J'tiabitude de résumer vÎTemenl, clairement, à Tusagedu puhlic. cifH qu<'.Htions si difficiles. Au point de vue de V appel au public^ et de la fomation hinon d'un goùl, au moins d'une opinion, cette méthode eut dlieumu rénulfats.
Mais elle a aussi d<'H inconvénients très graves, pour les lecteurs et pour les ikri vains. Les lecteurs s'habituent de plus en plus à recevoir et à accepter de» juije.menU tout faiU sur le livre nouveau, la pièce du jour, la découverte sensationnelle, Kt ces jugements sont parfois superficiels ou partiaux; et parfois aussi ce mml des réclames payées, ou le contraire. — Les écrivains, de leur c6té, se m4;tt|;nt, par nécessité de métier, à parler de tout, un peu à tort et k travers, sans s|H$cialité bien déterminée: tel journaliste passe, par droit d'avancement, du reportage a la critique. La langue, si elle y gagne en rapidité et en clarté, se Hurcliarge au jojr le jour de néologismes, et devient aussi instable que les modes.
l'outefois, malgré ces défauts, malgré la légèreté et parfois Timmoralité de certains journaux, la presse a été au dix-neuvième siècle et ne cessera plus d'être une force admirable, destinée à répandre dans toutes les classes de la société l'instruction et le libéralisme.
Aux journaux proprement dits, il faut ajouter les revues^ dont les plus célèbres : Hrvne dfs Deax-Monde^y Revue de Paris, Correspondant ^ ont donné au public, sous une forme plus sérieuse que le journal, plus prompte que le livre, un si grand nombre d'études littéraires, économiques, politiques, historiques.
Vlll. — LES ARTS ET LES SCIENCES.
Leii arts ne protUenl pas tout d'abord, au dix-neuvième siècle, de la liberté générale accordée aux manifestations de la pensée et du talent. — L^école de David, pseudo-classique, est presque officielle. II y a un style Empire^ non seulement pour les nieul)les et les bronzes, mais aussi en peinture et en sculpture. Kt c'est le pêfudo dassiquef comme dans les tragédies de Luce de Lancival et de Jouy. Ainsi peignent Guérin, Girodet, Gérard. Seul, durant cette époque, K'rudbon est original et vivant. Par sa personnalité, il est déjà un romantique.
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LA PRESSE PRjtaC^SE SX 1S33 D'aprii una cilampe latirigut an touleuri. A cetta époqas hlreTqna ds li Frai», !«■ journaui ne ae vendaient gnèra qna par il
Ce romantisme éclate dans le Naufrage de la Méduse, de Géricault (1819), et bientôt il trouve son représentant le plus complet dans Eugène Delacroix (i). L*école romantique, par son indépendance et sa fantaisie, et surtout par son dédain exagéré du dessin, provoque une réaction, marquée par le nom illustre de Ingres, moins génial, plus correct.
La sculpture se fait romantique avec David d'Angers^ qui fut Tami de tous les grands écrivains du temps, et qui n'excella pas moins dans le buste ou le médaillon (Hugo, Lamartine, Balzac, Gœtbc, etc.) que dans la sculpture monumentale (fronton du Panthéon).
Comme le romantisme littéraire, le romantisme artistique fléchit vers le milieu du siècle. On revient à la peinture d'histoire, plus exacte et moins vivante, avec Horace Vemet, Paul Delarocbe; à la peinture exotique, et en particulier à rOrient (mis à la mode par les poètes), avec Decamps. £nûn, triomphe le paysage, le vrai ; là encore, c'est rinfluence littéraire qui détermine Tart : Millet, Dupré, Rouaaeau, Daubigny, Corot font des paysages qui sont a dçf états d*àme ».
Mais il faut noter aussi Tintroduction du réalisme dans Tart : après 1848» Courbet est le Balzac de la peinture, comme Manet, un peu plus tard, sera son Emile Zola.
Et, vers la fln du siècle, la personnalité puissante et étrange de Puvis é& CBI^- Faillies se dégage presque en môme temps que les tendances symbolistes de la poésie (2).
Les sciences. — Le développement scientifique du dix-neuvième siècle, que Ton y cherche les grandes découvertes ou leurs applications, est si grandiose et si complexe, qu'il suffit de rappeler quelques noms ou quelques faits qui ont particulièrement agi sur les esprits. — Des astronomes comme Le Fermer, des mathématiciens et des physiciens comme Ampère et Arago, des chimistes comme Cherreul et Pasteur, des biologistes comme Claude Bernard, etc., continuent à déchiffrer Ténigme du monde extérieur ou le mystère de la vie. Leurs découvertes ouvrent à Tesprit de nouvelles sources de pensée et de poésie. A rétranger, Darwin et flœckei posent le problème du transformisme. Et toutes les sciences économiques sociales, critiques, sont atteintes et modiûées par les nouvelles méthodes. On rêve d'une critique scientifique^ d*une politique scientifique, d'une théologie scientifique; il semble que l'on veuille non plus seulement faire, comme Sainte-Beuve, « l'histoire naturelle des esprits », mais qu'on souhaite d'inventer des instruments enregistreurs dé l'imagination et du talent.
(l)Sur la définition de la peinture rotMintique et sur l'iafluence réciproque des artistes et des écrivains, lire dans la Littérature de Petit db Jull^villis (Colin) le chajù^re iv du tome VII (f Art français dan» ses rapports avec la littérature au dix- neuvième siècU^ par M. S. Roche- III.AVB), p. 717.
(2) Id., pp 7Ô5-792. — Cf. Histoire générale des beaux^arts, par Roger Pbtm. D^lagrave.
Txnr.n.KU cÉr/ÉnAL du dix-neuvième sii;cLE
Quant aux applications des sciences, elles créent une rapidité dans l'échange dfs cummunicnlintis, qui inllue également sur les esprits, et toujours dans le sens de la curiosité satisfriilc plus vile et plus superficiellement.