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LES PHILOSOPHES

Sous le premier Empire, la philosophie est cncnre l'hérlti&rc du dix-huitième siècle. Les plus illustres successeurs de Condillac et de Uondorccl sont : Destutt de Tracy (1754-1836, Élimenii d'idéuloifie);

— I,aroinlg-uidre (1756-1837), professeur à la Sorbonne en l811etl6I2;dontles Leçons de philosophie turent , jusqu'à V ictor Cousin, la base de l'enseignement dans les lycées et collèges;

— Cabanis (1757- 1808), médecin, qui poussa jusqu'au matérialisme le sensualisme de Condillac, dans son Traité da physique et da moral de i'Aorjime(1802); — ianiarc*(17M^1829) qui s'est posé dans sa Philosophie zoologiqu«(180d)comme l'inventeur de la théorie du transformisme, reprise par Darwin.

La réaction commence avec Maine de Biran (1766-1824), qui réunit autour de lui des disciples et des amis comme Ampère, Cuvicr, noycr-Collard, Cousin, Guizot, et qui fut le fondateur des nouvelles méthodes en métaphysique et en psychologie, n 11 est noire maître à tous », disait de lui Royer^ollard. — Sojer- OotÏMrd (1763-1845), comme profesicur à la Sorbonne. da 1811 à 1814, «dopU

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Louis-Philippe

et eascigna la philosophie écossaise de Th. Reid, et continua Maine de Biran; il fut de bonne heure absorbé par la politique, mais il laissait des élèves comme Cousin, Joufîroy et Damiron.

VICTOR COUSIN (4792-1867). — Élève de rÉcole normale en 1810, maître de conférences à cette école en 1812 et 1813, Cousin entre à la Sorbonne en 1815, comme suppléant de lloycr-Collard. Jusqu'en 1820, il y professe, avec un éclatant succès. A la métaphysique de Maine de Biran, à la philosophie écossaise importée par Koyer-Gollard, il joint une connaissance personnelle de la philosophie allemande. Son cours est suspendu en 18^0. Alors Cousin s'applique à des éditions et à des traductions (Descartes, Platon), et il voyage en Allemagne, où il est arrêté comme suspect, et incarcéré pendant six mois. En 1828, la parole lui est rendue, et son cours de Sorbonne attire de nouveau des auditeurs et des disciples enthousiastes. Après 1830, il est comme Villemain et Guizot, ses illustres collègues, détourné de son enseignement par la politique. Il devient directeur de l'École normale, pair de France et ministre : et il essaie d'organiser et de discipliner renseignement de la philosophie dans l'Universitc. Comme la plupart de ceux que 1830 avait appelés à la vie politique, le coup d*État de 1851 le rejette dans la vie privée. C'est pour Cousin une retraite fructueuse. Il écrit alors ses études sur les femmes illustres du dix-septième siècle.

Les ouvrages principaux de V. Cousin sont : ses Cours de Philosophie et d'hûioire de la philosophie {publiée en 1836, 1840, 18il), son Histoire de la philosophie (1863), Du Vrai, du Beau et du Bien (1846, refondu en 1853) (1); Jacqueline Pascal (1844), Mme de Longueville (1852) (2) ; Mme de Sablé (1854), Mme de Chevreuse (1855), Mlle de Ilautefori (18o«'), La Socié lé française au dix-septième siècle d'après le Grand Cyrus (1858).

Philosophe, V. Cousin s'inspire d'abord de Kant et de Hegel ; il veut baser son système sur la métaphysique. Puis il admet une part de vérité dans toute philosophie, et à chacune d'elles il emprunte les parties qui peuvent se coordonner ; il arrive ainsi à Véclectisme (choix), doctrine qui serait une synthèse ingénieuse de tout ce qu'il y a de meilleur dans les systèmes anciens et modernes. Cousin créait ainsi une philosophie française, spiritualiste, tolérante, un peu vague, qui convenait à l'enseignement et au grand public. Il faisait, et par définition mùme, une large place h V histoire ; et il a dtlerminé parmi ses successeurs, qui ne peuvent tous être appelés ses disciples, une utile curiosité pour rétude des doctrines considérées dans leur milieu et à leur moment.

Quelques-uns lui en ont voulu, comme h Villemain, et lui en veulent encore d'avoir été éloquent et grand écrivain. Peut-être a-t-il trop cédé à son goût pour ramplification : mais son influence, bonne à son heure, vint en grande partie

(1) Morceaux choisis, i" cycle, p. 541 ; 2* cycle, p. liOO.

(2) Morceaux choisie, 2* cycle, p. 1103.

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