‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 312 sur 408 · V. — TAINE · texte numérisé non relu

V. — TAINE

Élève de l'École normale, professeur de philosophie. Ta ine quitta de bonne heure rUniversilé,où la hardiesse de ses idées lui créait dos difficultés. El venait de publier sa thèse de doctorat sur La Fontaine (1833), [qu'il remania pour en faire ie charmant et vigoureux ouvrage intitulé : La Fontaine et ses Fables (1800)] fi). Il donna ensuile : Essai sur Tite-Live (1855); Histoire de la lilléralure anglaise {ASUS) ; Voyngeen Italie {\Sia) ; De l'Inteltigence (1870). De 1876 à 1890, il public les Origines de la France contemporaine (5 vol.) (3). En 1881, il réunit, sous le titre do Philosophie de l'Art, qunli*c éludes précédemment parues, issues de ses cours h l'Ëcote des Beaux-Arts, où il professait depuis 18H5. Les Études critiques, articles publics çà et là, ont formé 3 volumes : Essais (1858), iVouveaux Essais (1865), Derniers Essais [1894; de critique et d'histoire (3),

LaméthodedeTainc est celle de Sainte-Beuve, inaispousséejusqu'à ses extrêmes conséquences logiques, sous l'influence de la philosophie positiviste. Son système est exposé dans la Préface de VHistoire de la Uttératare anglaise (1863). Les ouvrages sont, pour Tainc, des manifestations de la façon de penser et de sentir d'une race, à un certain moment, dans un certain milieu. C'est ainsi qu'il étudie Shakespeare, Milton, Swift, Byron, types représentatifs du génie anglais aux seizième, dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles. La même mclhodc, il l'applique k La Fontaine dans sa thèse de doctorat, & Racine; à Balzac, à Stendhal, dans ses Essais de critique. C'est vraiment, beaucoup plus que chez Sainte-Beuve, ii l'histoire naturelle des esprits ». Mais Sainte-Beuve a très juslenient réfuté ce qu'il y a d'exagéré dans ce système : v ... Entre un fait si général et aussi commun à tous que le sol et le climat, dit-)l, et un résultat

(i) Moretaux thoMi. !■' cyol», p. W4 ; *■ cycle, p. 1H5. (ï| Morceaux cAoïiii.E* cycle, p. ttSE.

i3)Miircaaux choitit, V cycle, p. iîS.

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LA UTTÉRATORB FRANÇAISE

aussi compliqué el aussi divers que la variété des espèces et des iadividus qui j vivent, il y a place pour quanlUé do causes et de forces plus particulières, plus immédiates ; et tant qu'on ne les a pas saisies, on n'a rien expliqué. IL en esl de même pour les hommes et pour les esprits qui vivent dans le même siècle, c'est-à-dire sous un même climat moral : on peut bien, quand on les étudie un i un, montrer tous les rapports qu'ils ont avec ce temps où ils sont nés et oi Us ont vécu; mais jamais, si l'on ne connaissait que l'époque seule, et même la connAton à fond dans ses principaux caractères, on n'en poumil conclure k l'avance qu'elle • dû donner naissance à telle ou telle nature d'Individus, k tdle ou telle Tonne de talent (1). ■ Taine apporte la même rigueur dans sa critique d'art.

Son effort vise principalement à nous faire connaltn h pays, les mœurs, les coutumes, parmi lesquels tel artiste t'est formé et développé, «fia de nous expliquer comment hs sUtues d'un Phidias, les tableaux d'un Raphaël, d'ua Rembrandt, sont eonditionnk par la race, le moment et le milieu. Cependant, et presque malgré lui, Taine apporte daai ce genre de critique des prioocupations esthétiques et nw-

Trop systématique, ttop absolu, Taine a le mérite ùminent d'avoir donné plus de précision scieutiOque i la critique lillcraire, qui a toujours une tendance à s'échapper vers le tfleUaatisme et vers la ditsertalion morale. De plus, il a présenté ses Idées dans un style qui, pour être un peu tendu et volontaire, est aussi remarquable ptrli solidité que par l'éclat.

D'>pr4ii ans photograpbie.

II) CauêtrUi du

LA CRITIQUE AU DIX-^EUVIÈMB SIÈCLK 807

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