‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 317 sur 408 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

SOMMAIRE

s trois influences : la

T* L'histoire, au dix-neuvième siècle, se renouvelle \ SéTolation, le progrâi daa Sciancas, le romantiime.

a- DÉVELOPPEMENT OËNÉRAL. — La plupart des historiens qui écrivent sous la Restauration entrent dans la politique après tM3o ; — ta Révolution de Juillet donne l'essor aux théories libérales ei crée dans l'histoire un courant d'enthousiasme ; — après i85o, l'histoire incline de plus en plus vers la science désintéressée.

3" AUGUSTIN THIERRY (1795-1856) commence par le journalisme d'opposition, et découvre comme un argument de politique libérale sa théorie de la lutte des races; il développe ses idées dansI'HlsCofre de la conquête de l'Ang'leterre par Jes IVormaudA |i8i5] et dans THiatolre du Tlers-Ëtat. Il devient moins systématique et plus pittoresque dans ses Récits des temps mérovSaffieM(i83î-40l. -r D£ BAftANTE 1178^-1866) se borne k résumer en un récit exact et vivant les vieilles chroniques, dans son Bistolre des ducs de Bourffogaa 1 i8ï6).

4* auiZOT (1787-1874), professeur & la Sorbonne, devient ministre après iS3o, et fait de la politique jusqu'en 18S1. — Philosophe de l'histoire, et disciple de Montesquieu, il étudie les lois de la civilisation européenne, oii il distingue les éléments romiio, ganoain et chrètian (Histoire de la clrlIisatloD, 1838-30; IMFOlutJon d'Ang-teterre (i8a6}.

5' THIBR5 (>7g7-i!i77) entre da'ns la pollilque en i83o. Historien eiacc et in-

H LITTÉRATURE FltANÇAtSE

telligeat, Irèi bien docamenié et 1res clair, il écrit l'HIsIolr* de M Bérointtoa française (1833-37) =' l'Histoire du Consulat et de l'Empira (iS4S-i863). — MfGNEr (1796-181^4) s'applique i des sujets restreints, qu'il approfondit (Maria Stuart, iS5i ; Charles -Quint, [854).

6* MICtlELBT [1798-1B74), après une enfance laborieuse, devient chef des Archives hiaioriques et professeur au Collège de France. Il écrit de i833 k 184^ les six premiers volumes de son Histoire de France, oli ses qualité* de savant et de poète sont en harnionieui équilibre. Après 1848, sous le coup des événements et des persécutions du pouvoir impérial, il est plus exalté, et son Histoire perd SCS qualités scicnuiiques. Selon Michelet, l'histoire est la réisme- Uon intégrale du passé. Son style est romantique.

7- APRÈS MICHELET, HENRI M>»RT;«, TMHl, FÙSTEL OE œULÂHGES, RCNAN, V. DUBUY.

l. — LES INFLUENCES.

1; commencement du dix-neuvième sidcle, l'histoire se transforme et se renouvelle sous des influencri diverses :

1° La Révolution marque la fin d'un régime et d'une société, cl donne i (ouïe l'histoire antérieure du recul et de In penpeclive. Celle violente rupture avec le pa.ssé a àcs ciiuses luintiûnes ; elle est une conséi lue lice et un point d'aboutissement. On sera tout naturellement amctié à étudier et à critiquer I;-3 iiislitiilionii potiliques de la France monarchique. On ne lardera pas à s'apercevoir que les maun, tout autant que les (ot's, expliquent les faits, et que les mouvements qui se trahissent k la surface par et bruyantes, iioiil causes par les forces lentes et profondes. Alors, on se portera de plus en plus vers la recliercbc et l'analyse des 0 dessous de l'Iiisloirc 11. Peuple, bourgeoisie, vie municipale, vin privée, mémoires, lettres, documents financiers et adminis- Irulifs, toute une poussière d' « inllnimciit petits n sera recueillie et soumise à dej u réactions critiques ». Car, encore une fois, il faut expliquer comment In Révolution a clé possible. El voilà pourquoi nous verrons certains historiens commencer par la politique libérale, et découvrir leurs théories hlstonqucs dans des argumcnls do polémique : tel Augustin Thierry ; et pourquoi d'autres

VmSTOlRE AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

passeront de l'histoire k la politique, ou les mèneront de front : tels Guiiot et riiici-s.

3> Le progrèt dei icitnca. Il faut envisager ce progrès à deux points de vue. — a) D'abord, depuis ■la j le et Fontenelle, l'esprit français atiandonne de plus en plus la métaphysique et les sciences spéculatives , pour se tourner vers les sciences positives .

Histoire naturelle, physique, chimie, jurisprudence historique, exégèse religieuse, elc, tels sont désormais les objets de la curiosité et de l'élude.

Sans doule les ulop sies comme Jean Jacques nuro it sur la It volulion une influence prepon d'étante et désastreuse mais pur ac ident L, esprit positif et scienti n q u e triomphera dans 1 État dans la philosophie la critique L histoire en bénéficiera. — 6) Mais elle profitera aussi de progrès qui l'intéressent et la touchent plus particulièrement, je veux dire des découvertes archéologiques et philologiques, de la création de certains musées, de la publication de grandes coUeclions de documents historiques et paléographiques (pour lesquelles on continue les admirables travaux des Bcnédiclins). Déjà, la découverte de Pompêl (depuis 1748; mais les fouilles décisives ne furent faites qu'en 1807-

icheo logique

1815, sous le règne de Murât à Naples), les travaux de Ghoiseul-Gou/fler sur Ii Troade, ceux du comte de Caylus, avaient amorcé les recherches des architectes, des artistes, des historiens. Le musée des monaments françaU^ créé pir la Convcntiqn, dans le cloître des Pctits-Augustins et dirigé par Alexandre Lenoir, recueiliait les déhris de nos châteaux et de nos églises. Le gouTemcment de la Restauration fondait l'École des chartes, ouvrait eu Musée du Louvre des galeries de sculpture ancienne et d'égyptologie. Champollion, en i8M, découvrait la signification des hiéroglyphes ; Anquetil-Duperron, Al>el Rémusat, Silvestre de Sacy et Burnouf donnaient aux études asiatiques un magnifique développement. Sous Louis-Philippe, ce mouvement s'accentue; la Commission des monuments historiques (Guizot, Salvandy, Vitet, Mérimée) veille désormais sur les richesses de notre architecture nationale. L*École d* Athènes est fondée; rÉcole des langues orientales (qui date de 1795) est réorganisée. Les académies de province commencent à rivaliser de zèle archéologique, et publient force mémoires. Cependant les collections de documents se poursuivent» sous des impulsions particulières ou officielles, et des revues spéciales accueillent tous les travaux consacrés au moyen âge, à POrient, k Pantiquité, etc. (i).

3® Une troisième influence se fait sentir sur l*histoire. Elle complète et, dans une certaine mesure, elle contredit les deux précédentes. C'est le ronumtUme, Le romantisme, en tant qu'il est l'imagination créatrice, la recherche et la divination de la couleur locale, vient au secours de Péruditlon et vivifie la critique. Chatcauhriand, Mme de Staël, W. Scott ont sur De Barante, A. Thier^ ry, Michelet et Thiers lui-même, une influence profonde et utile. Mais le romantisme est aussi fantaisie artistique et utopie sociale; il tourne au romanesque et à la déclamation. Sous ce rapport, son influence, très puissante, a gâté certains historiens. Et tandis, par exemple, qu*un Augustin Thierry se dégage de plus en plus des défauts du romantisme, pour n'en conserver que les qualités, un Michelet et un Quinet perdent de plus en plus le sens du réel, pour s'enivrer de leur exaltation.

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