‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 32 sur 408 · UTTÉRATURE SAVANTS ET ALLÉGORIQUE · texte numérisé non relu

UTTÉRATURE SAVANTS ET ALLÉGORIQUE

moyen âge. Aussi no faut-Il leur demander aucune couleur locale. Déjà transformés et altérés à Alexandrie et h Byzance, les héros antiques deviennent au treizième siècle des chevaliers français', comme on le verra dans les analyses qui suivent.

Si Ton cherche à s'expliquer ces anachronismes vraiment enfantins, on peut dire d'abord, qu*il y a là quelque chose de voulu ; les clercs savent qu'ils s'adressent à des gens peu lettrés, qui n'ont jamais lu et ne liront jamais les œuvres anciennes, et au goût desquels ils doivent s'accommoder. Or, ces chevaliers et ces dames ne connaissent que la guerre et Tamour, et selon certains rites et usages hors desquels il n'est que félonie ou discourtoisie. De plus, n'oublions jamais, quand nous voulons expliquer la position du moyen âge à l'égard de l'antiquité, qu'il y avait eu brusque et longue rupture de la tradition : pour ces Barbares et ces chrétiens, il y a impossibilité réelle à pénétrer dans les sentiments et dans la civilisation de la Grèce et de Rome. Vexploit, interprété et commenté à la moderne; la lei;on morale^ détachée de Te use mble des idées païennes et maladroitement ramenée au christianisme : voilà tout ce qu'ils ont saisi. Il fallut à l'esprit français plusieurs siècles de tâtonnements et les leçons de l'Italie (où la tradition s'était moins complètement rompue), pour arriver au seizième siècle, à l'intelligence à la fois historique et humaine de l'antiquité.

• Le Roman d'Alexandre. — Co poème do vingt mille vors alexandrins (1), attribué i deux auteurs, Lambert Le Tort et Alexandre de Bcrnay, a pour source principale un roman grec, écrit à Alexandrie vers le deuxième siècle de notre ère, attribué i Gallisthènes (2), et dont diverses traductions ou adaptations latines étaient fort répandues en France et en Allemagne. L'auteur do cet ouvrage en avait puisé les éléments essentiels dmni Thistorien latin Quinte-Curce, mais il y avait mêlé toutes sortes de fables orientales. Le récit commence avec la naissance d'Alexandre; — son éducation par Aristote; — le dreisage de Bucéphale. — Entouré de ses douze pairs, Alexandre fait la guerre au roi deCésaire (Césarée), Nicolas; puis il attaque le roi de Perse, Darius; U, série de marches et de batailles, où l'histoire est assez Ûdèlement suivie, mais où les mœurs sont tout à fait modernes. — Nous arrivons ensuite à la partie la plus singulière et la plus originale du roman : la description de Tlnde dont la faune et la flore fantastiques nous réservent plui d'une surprise. Alexandre descend au fond de la mer dans une cloche de verre, et monta dans les tirs au moyen d'une nacelle de bois conduite par des griffons. — On revient à l'histoire, et» à travers une quantité d'épisodes remarquables, on va Jusqu'à la mort d'Alexandre, qui est empoisonné par deux traîtres.

Ce poème fut continué et créa toute une série d'autres ouvrages. Alexandre Jouit au moyen âge de la plus grande célébrité. *« Le trait distinctif de ces romans, dit G. Paris, est d'exalter en Alexandre les vertus chevaleresques les plus à la mode au douxième siècle» et par-dessus tout la largesse^ chère entre toutes aux trouvères et Jongleurs (S). »

(i) La van de doose syllabes aurait été appelé alexandrin depuis son emploi dans le i^}man dTAlêXandfW,

(tXCallisthènas ast nn historien grec, mort en 3SS av. J -G. qui aceompagna Alexandre dans sa eampagna d*Aaie at paya de la via sa franchise. Sous son nom, on publia, au moyen Age, nna histoire d'Alaxandra» connue sous le titre d^Histoire du pseudo-Callûthine»,

i O. PARit» Bitt. de la littérature au moyen Age, f 44.

LA UTTÉRATURIC FRANÇAISE

L« Roman d« Troie. -~ Ce roman a pour auteur Benoit de Sainlo-More (1), qui le d6dia. vers la lin du doutième li&clc, i Allcnor de Guienno. roino d'Angletorre. Il e>t on oclosïlhiboB rimii, et comprend environ trente mille vers. C'est le mieux ictU et le plus célùbre dci romans antiques. L'auteur n'a point «uivi Flliade ni CCWjkJc, Il s pris pour modèles deux ouvrages apocryplies : VllUloire de la raine de Troie, atlribuâQ i Dures lo Phrygien, ot le Journal de la guerre de Troir, par Dictys de Crèto (2|.

Benoît de Sainle-Moro reprend les éviincmonts h la cunquâlo de la toiion d'or par Jaion; puis il raconte la premier si^Re do Truie et la mort do Laomédon, l'enlâiomcnt d'Hélino et le second siè^. 11 est impossible de donner ici u

do

comporte cet iiumutise puèmo. Non seulement lo siège ot la prise do Troie par le»

d-lur

l'uûles

digression!!, mais cn-

les reJour» de tous les héros, Ajaï.Dioiiiirl,..

Agamemnon. Llj^ç.

ri table oncycloiiâJiu gréco-troyenno.

Lus rùlci do fom-

mllo! guerrier», lloctora toutes le* prùrérenées de l'aulour ; Il est le type du parlait clietalier. D'ailleurs, Benoit acceple la \(,-

nia d'Hector (ce sujet sera repris au seiziùmo siècle, par J{ iiom des Gaala. et par Ronsard dans sa Franciade\. Ce roman cul un prodigiuui succès en t'rance et à l'étrai

Le Roman d'Énéas. — Peut-£tre raul-II attribui^r au i adroite mais trop courloiie adaptation do \'Éniide do Viri

las Franc

cendants de Francus.

e Maire dans se* Ittasira-

r cet Énéai, assri aie t hil prvuiu

(1) On ne lail ai es Donolt do Sainte-Mors 03

lî) On ne connail d> ces doui ouvrugos que barit ot Dicl}'! avaient iIoodo, avant ilomèro,

(3) Lira dan* laChrettomathie.àoil. L. Cll

tnftino qui varaifla, pour

lATURE SAVANTE ET ALLÉGORIQVE

Ion en créant presque enlièremfnt lo caractère at le rAle da Lavlnle, (llle du rot st (lancée d'r.nce. Dans ce puème, 11 J a place pour le menwiVbiix, qulâtaiteatièïliiniiiù du Boman de Truie.

Dnian da Thëbes. — Col ouvrais comprend dii mille rera ortoiyHabique*. ttlribué, sans prouves certaines, k Benoit da Salntu-More. — Let (uurcos da «ont dos réiiuniâs de l'Iiisloire d'QEdipe et de ta Thibalde de SUce ; il ne voir eu loui 1<:b jeui aucune dos muvres originaiss greoquaa ou latEnc*.

■uUtiun de ro igaia celle du It'iii

du H Oman de Thibai.

n poîsËdo plusieurs remanioiDOnla en proi«.

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