‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 324 sur 408 · VIII. — AUTRES HISTORIENS · texte numérisé non relu

VIII. — AUTRES HISTORIENS

ALEXIS DE TOCQUEVILLE (1805-1859) est, après Guizot, le plus illustre disciple de Montesquieu. Dans sa Démocratie en Amérique (183C-39), et dans VÀncien régime et la révolution (1856), il analyse avec autant de clairvoyance que de profondeur la vie intime des sociétés modernes. Nul historien ne fut plus loyal, mieux informé, plus puissant dans sa simplicité.

HENRI MARTIN (1810-1883) a publié, de 1837 à 1854, en 19 volumes, une Histoire de France bien documentée, inipartialQ, patriotique. Sq principale origl.n^li^ ponsiste à chercher et parfois à prouver la persistance de Télénient celtique dans notre pays. Son style est sin^ple ; comiTie écrivain, Henri Martin est disciple dp Thiprs.

EDGAR QUINET (1803-1875), professeur au Collège de France» très au courant des travaux allemands et italiens, publia en 1848 ses Révolutions d* Italie, en f 86S VHistoire de la campagne de 1815^ en 1865 la Révolution, Ce dernier ouvrage, geuvre philosophique et symbolique, est celui qui doni^e le mieux l'idée de son Qsprit original et poétique, épris de gi^néreqses et dangereuses théories, un peu exalté, toujours vibrant.

(1) Morceaux choisie, V cjole, p. 486 ; 2* cjcio, p. IStl.

LOUIS BLANC (181^1882), journaliste et homme politique, donna, de 184ià 1846, son Histoire de dix ans (contre la monarchie de Juillet), et ûi paraître à Londres en 1862, dans Texil, son Histoire de la Révolution française, Louis Blaoc est plutôt un pamphlétaire, pour le fond comme pour le style.

CAMILLE ROUSSET (1821-1892), écrivit en 1863 son Histoire de //>uuaû, fut nommé historiographe du ministère de la Guerre, et publia des ou vragcs d*une compétence toute spéciale sur les questions militaires, entre autres : les Fo/oataires de Î791 à i794[(1870)et VHistoire de la guerre de Crimée (4877).

TAINE (1828-1893) est historien surtout par ses Origines de la France eoidemporaine. Cet ouvrage se compose de six volumes (éd. in-8) : L L* Ancien Régime (Tainc y étudie la société, les mœurs, et fait une admirable analyse systématique de V esprit classique). Les volumes 11, III et IV sont consacres à la Révolutios (Assemblée Constituante, la Conquête jacobine). Dans cette partie, on trouve des portraits d*une énergie un peu absolue, mais dignes de Saint-Simon : Danton, Marat, Robespierre. — Enfin les deux derniers volumes, le Régime moderne^ nous montrent à quoi la Révolution aboutit. Là, Taine fait le procès de Bonaparte dont il trace aussi un portrait ironique et malveillant — Très fortement documentée, passionnée à froid, toujours juste dans le détail mais discutable dans rcnsemblc, cette œuvre est écrite avec une rare maîtrise. Jamais le style de Taiœ n'a été plus vigoureux ni plus varié (1).

FUSTEL DE COULANOES (1830-18S9), professeur à rÉcoIe normale et âU ^ Sorbonne, est considéré comme le représentant le plus complet de l'esprit scientifique en histoire. La Cité antique (1864) lui donna une notoriété européenne. En 1874, il publia le premier volume de ses Institutions politiques de VancienM France^ ouvrage continué en 1888, et dont la fin ne parut qu'après sa mort, par les soins de ses élèves. Fuslel de Coulanges a soutenu que Thistoire était une « science pure ». Elle consiste, dit-il, à constater des faits, à les analyser, i les rapprocher, à en marquer le lien. Il se peut, sans doute, qu'une certaine philosophie se dégage de cette histoire scientifique ; mais il faut qu'elle s'en dégage naturellement, d'elle-même, presque en dehors de la volonté de l'historien... ■ Fustel est le maître de toute l'école historique actuelle. Sa vie fut celle d'un savant et d'un sage ; il n'est pas moins estimable par son caractère qae par ses travaux (2).

RENAN (18^23-1892). — Par ses écrits d'exégèse religieuse, Renan a été amené à faire de l'histoire. 11 a donné, de 1863 à 1885, VHistoire des ongims du christianisme f en. S volumes (dont le l**" est la Vie de Jésus), et, de 4887 i

(1) Morceaux ehoiiity 2* cycle, p. 11S2. Sur Taine, critiqua, cl. p. 805. (S) Morceaux choUiSt 2* cycle, p. 1235.

•OIRE AU DIX-NEWIÈME SIÈCLE

VHiitoire da peuple d'hrail, en K volumes. Renan connaît très btcn les s anciennes et modernes ; il sait l'hiibreu el le syriaque ; il a voyagé dans s qu'il décrit ; Il apporte & l'iotcrprûtalion des documents un esprit h la luieux, tranquille, sensible, délical, poétique. Son imagination et son :isine l'entraînent parfois à prendre pour dos ccrliludcs des hypothèses mtes et disculables, et ses ouvrages n'ont déjà plus de valeur scientilique. lange de ces qualités dicloires lui donne nrme étrange ; il se 1 de ses écrits une phiîe quelque peu trou- , et une impression alvelé savante » qui que au dix-neuvième

lURUY (48H-i89i) lébre, comme minisur les services émirendus à l'enseigneios lycées et des Fa- Ilisloricn, Duruj a une Hisloire deê Ro- (t8«-188r>), et une e des Greci (1887).

joint, h une trèspro- }t très sûre érudition, le vif et aisé, d'une ,é énergique, souvent nt et ému.

lOREL (1842-1906)8 D.prtsiine phologr.phiB.

de nombreux ouvra-

îsloire diplomatique, dont le plus remarquable est l^Earcpe et la BévofraitçaUe (i vol. 1885-1892). Sa documentation est minutieuse etscienlises idées générales le raltachent à l'école deGuizot et deTocqueville; ion st d'une pureté classique.

leut encore citer, parmi les historiens contemporains : CbéruBt (1809- Hittoire de France tout le ministère de Mazarin (1883); — A. Fand&I(18tl3- Hapolion el Alexandre /•' 11891-93) ; V Avinement de Bonaparte (190i) ; —

txtaux etoiiii , F c;cl*, p. IStl

Henri Sottssaye (4846-1911), qui a donné une série d'études trèsllocankirf et très viTanles sur l'Empire : 1807, 181Î, 1814, 1815, Waterloo.

Noiis ne nommons que les plus illustres de ceux qui sont morts,' et ddâf (ouvres paraissent déjà classées. Mais l'histoire est actuellement n |ii niiiiiléij des écrivains et des maîtres tels que MM. Maspéro, Ernest LMwiaati BÊ latix, Chaquet, etc. •'*

BIBLIOORAPHIE.

Xei texta des auteurs, ciléi I l«ur dite.

C. JULLiAS, ExIraiU det hisloriena franfaU du dix-ntasitme tUcle. Pi ,¥. HÉicos, Court de liltiralure fPiTii, Dolagrave), WV : VHUloirt a

O. Ueumies, la Grand) HatorUas da dLc-neauiimt tiicle. Paria, Delagrave.

Daiiiaè par Saorgaa Bluk*.

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