IV. — LES QRANDS JOURNALISTES
La plupart des orateurs politiques que nous venons d'étudier ont été des journalistes : Benjamin Constant, Chalcaubriand, Tliiers, etc. 11 faut j ajouter:
CH. DE RÊMUSAT (1797-1875). —11 écrivit, avant 1830, au Clob« et à la fîeuue ftvnçaite, des arllcles d'une clairvoyance remarquable, et devint politique libéral sous Louis-Pbilippe. Il fut encore ministre des Affaires étrangères en 1871.
ARMAND CARREL (1800-1836) fonda, en 1830, avec Thiers et Mignet, le National. Pendant six ans, il travailla k orienter le pays du côté de la Republique, qui lui paraissait la conséquence logique de la révolution de Juillet ; il aurait voulu donner à la France les institutions des États-Unis. Ses articles du National, dont les meilleurs ont été réunis en volumes, révèlent chez lui un excellent écrivain, digne de servir de modèle, pour la sincérité, la fermeté et la tenue, à tous ses confrères et successeurs. On sait qu'Armand Carrel fut tué, en auel, par Em. ae (iirardln.
LA UTTÉRATURB FRASÇAI^
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ËM. DE OIR ARDIM (ItOS-ISSI) est, au contraire, le type du faUear.do i» naliste qui a u une idé« par jour i', el qui amuse le public et s'en amuie. Bcmcoup plus que Carrcl, il a fait école. Parfiii ses itUei,lt plua féconde /ut ■'«bûisèment du prix des journaux, grâce aux annonces. H fonda (en 1S36) la Prtai qui devint un des Journaux lea inleux informés et les plus littéraires (on f voit collaborer A. Dumas, F.Sovlié. Th. Gautier, Méry,rtc).
Sa femme, née DelpUae Caï, célèbre par ses poésies et par quelques ptèca de théôlrc (Lady Tartafi, L'École des JournalUtet, U Joie fait peur, etc.), colUbora à fa Prette sous le pseudonyme de ViannUéi Laanay.
PRÊVOST-PARADM.
(1899-1870). qui mérilenil aussi une place parmi hs liistoriens et les mo^lIi^ tes, fut, dans le Cùurrifr da dimanche et dans In Débats, pn courtois mail redoutable adversaire do ' iBCOud Empire.
LOUIS VeUILLOT
(1813-1883) est célèbre mttout pour la part qu'il pril à la rédaction de rUnii'tn, journal catholique, où il se montra d'une violence extrême contre tous In partis. Nous n'avons pas à apprécier ici son r6le politique. Gomme pampblftaire et comme écrivain, Veuillot a du génie. Son vocabulaire est h la foi) trè* riche et très français; son style a une variété drue et vigoureuse qui dépa.^w In fine et sùcbc précision de Courier ; Il est aussi simple et aussi tendit danx sa Correspondance, qu'il est ardent et éloquentdanitaes articles et dani ses livres (1).
' cyola, p. ST3-, r bjoI*, p. Il»
" ORATBVKS gr ÉCRIVAINS PQUTtQUES. — JOURNALISTES 8«
Le JonrHalIsme contemporrio, qol a «btorbé et gâcbé nn« foule de talents dfalii^oés, n'offni pas, en debon de Is erittque dont nous parlons ailleurs, un nom égal à ceux qoe DOt» venons de citer.
BIBI.1001UFHIE.
" Jk. CNAMin, Ut Orateurt poUtlqati et fa France, da originel à 1830. Hachette. M. Pn.tissox, Ut Orattun pctiliqaet de la Franet, de tS30 à nai jours. Hichette. JAiiB>B ItsiHfCB, le CoïKionet français : réloquenm fraiifaise de la Bim^aUan & iiwj.
Itat>f[T>Te.
V. Giicntirr, Benjamin Conslaitt lom rail du gaet. Pion, 1906. Abfoirc de la litlératare franfaiM (Jullcvlllo, Colin), t. VII, chap. m (par M. Hi
■iebal) j t VIII, <dMf . si (par U. Hiorj Michel), et ciiip. x (par Léo ClareUe).
SOMMAIRE
I- SCRIBE (1791-1^61) donne400 pièces, de 1810 il [B61: il commence parle vaudeville en un sctc, puis compose des comèdiei en cinq actes. — Cesi sn observateur spirituel des modes et des mœurs du jour, et surtout un habile consirucleur d'intrif;ucs. [1 eicelle à AritAr le côté pénible de ses sujets. Ses meilleures pièces sont ses comèoiei hittoritroai (Bertrand et Rjiton; le Ferra d*eau|. —Autour de lui, entre i83o et 1848, une foule d'auteurs traitent des sujets sifrieu» ci hardis, et sont les précurseurs d'Augier et de Dumas fils.
!■ EMILE AUaiBR (1810-1K89) s'établit le défenseur de la morale et de 11 famille. Il soutient des thèses boargeoiiai dans Gabrlelle, Ceinture dorée, les ZilonnespaurreSietc... Il introduit de la politique dans le FUs de GIbojer, et on sent l'influence de Dumas lils dans les Fourchambault. — Ses deux chefsd'œuvre sont: le Gendre de M. Poirier {18^4) et Maître Qaérla (iS&il.Stjle incisif et ferme ; parfois trop d'esprit.
3* A. DUMAS FILS (i82t-[8g5) soutient au théitrc des thèses généreuses mais paradoiales.cn particulier sur le mariage et le divorce (les Idées de Mme Anbra^^T la Princesse Georges, la Femme de Claude, rÉtrsn^re, DenlM.-.) Il fait de la icène une tribune, mais il est le flls de Damaa pire et il a des qualités dramatiques de fond, sinon de forme ; ses personnages raisonnent trop, et lont dei mot*.
5> LABICHE excelle dans le vaudeville, où 11 met souvent une philosophie trtt pénéiranic |)e Voysige de U. Perrlchon. 1860) ; — V. SARDOU est le meUleur disciple de Scribe; il ri!ussit particulièrement dans la comédie historique, et s'èléve au grand dans quel que s drames (Patrie, 1869). — ED. PAILLEROH dooae
5- LBTHâATRB LIBRE (1SS7-1895) représente des pièces r«aU*ta>, et rév«le quelques vigoureui tempe ramenis dramatiques (ANCEY,FABftE,CÉAfiD},— Uue réaction se tait par le théâtre idéaliste et poétique de M. £DM. ROSTAND {CjTûno de Bergerac 1897).
A comédie, au dix-neuvième siècle, n'est plus, comme pendant la période classique, un genre déterminé, tout à fait distinct de la tragédie et du drame ; elle admet tous les sujets, tou-i les caractères, toutes les conditions, tous les Ions. On peut dire qu'elle ne se distingue du drame romantique que par le dénouement, non pas que celui-ci soit toujours chez elle heureux ou gai, mais parce qu'il ne comporte pas [en général) de mort violente. Le nom même de comédie a paru trop étroit à quelques auteurs de la tin du dix-neuvième siècle ; ils ont fait des pièces, tout simplement. Cependant les genres et les espèces ne peuvent s'altérer ni se confondre enliëremenl. On voit subsister : le vaudeville, la xmédU de maun (en vers ou en prose), la comédie à thèse, la comédie hislo- •iqae, la comédie burleiqae, la comédie rosse. Toutes les pièces dont nous allons larler, de Scribe k Sardou et à H. Rostand, peuvent se classer plus ou moins ixactement sous l'une de ces étiquettes.
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