ROMAN DE RENART. — FABLIAUX. RUTEBEUF
SOMMAIRE
L'ESPRIT GAULOIS s'oppose A l'esprit féodal, ctaeTaUretqae ou conrtoif.
C'est Ja revanche de la bourgaoiiis contre la noblesse et le clergé.
I' Le moyen inQ a beaucoup aimé les fablas, dont 11 composait des recueils sous le nom d'TiopeU, Le plus célèbre Taopet csl celui de Marie de France (douziâme siècle). — La réunion de labiés et de contes d'enimauz a Tormé, du douzième au quatorzième sitcle, le Roman de Renart, sorie d'épopée animale, dont le fond est la lutie du goupil (Benartj contre le loup (Tsengrln), et le triomphe de la ruse sur la force.
i-LES FABLIAUX sont des contes plaisants, en vers; nous en possédons i5o environ (du treiziâme siècle), les uns simples historiettes bien construites, les autres satiriques, les autres moraui. On y trouve de précieux détails sur les mccurs du temps (les Perdrix, le Vilain Mire, la Housse partie).
3- RUTEBEUF (f [2S0) est remarquable par son esprit satirique (contre l'Urtlvcrsité, les moines, eic.) et surtout par sa poésie individuells et sincèrs; c'est un ancêtre de Villon.
Lk LITTICRATURE DOIIDGF.OISE F.T S^TmtOUE
'esprit gaulois. — A l'iiispi ratio» féodale et chevalcreï^]uc, il l'idi^al ri^iKiciix, p.itrioliqiu', ou scnliinonlal. qui brille dans les chansons de geale et dans les romans de la Table ronde, s'oppose ce que l'on appelle convention nL'llcmc ni VesiirU gaulois.
On désigne sous ce nom, encore aujourd'hui, l'esprit du satire, de raillerie, de déiiii^rement, de t;allij populaire <;t cynirjiie, qui inspire toute une partie de notro liltéralurc.
De i
^■cle,
le
conlrasle. Au lloliiiid et ù Trislnn, s'opposent Hcnarl et les fabliaux; à la préciosité, le hnrlaqne ; au symbotisme, le i\alurnlisme. A vrai dire, celle anlilhése existe dans tons les pays, et dans touli's les liltératures ; elle LETTRE OHstE '''^ reirouïe siiuvent clieï le nii-ini- hointne, stolon les
liroo d'un manuscrit m orne II is de SDii inspiration. D'ailleurs, c'est faire lort
dii IV kîBclB. aux (lauloisque de caractériser par une épiUièlc lirce
de leur nom ce qu'il y a de moins pur et de moins élevé dans la lillératurc fraii^aise ; la preuve qu'ils n'ont point cet humiliant monopole, c'esl que l'anionr chevaleres<pic est de source eelliiiae plus encore que d'importation germanique; et que la poésie des Iroubadours, toule gallo-roinainc, pécherait plutôt par un excès de rafllnemeiil.
Pour ôlrc justes, nous devons dire [iou pas l'esprit gaulois, mais l'espril bourgeois. Ces œuvres saliriques et irrévérencieuses sont une revanche dus faibles conlro les puissants. Elles tranchent d'autant plus, au moyen Age, que la hiérarchie sociale était plus fortement organisée et mainlenue. C'est ce qui donne tant de ressort et d'ùprcté ù ces attaques dirigées cojitre la noblesse et contre l'Ëgiise.
Nous cludierons successivement dans ce chapiire le Koman de Itenarl, les fabliaux et le poète llulebeuf.