‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 37 sur 408 · LE ROMAN DE RENART · texte numérisé non relu

LE ROMAN DE RENART

Les fables au moyen Sge. — Le moyen âge a manifesté un goilt tout parliculicr pour l'apologue. Il cherchait en effet, dans les ouvrages de l'antiquité, des leçons de morale pratique ; et l'apologue, entre tous les genres, lui oITruit la plus riche moisson d'exemples (1).

(I) Trèl nombreui sont lus recueils latins ob Ica ei^rivains Ir.incaii. du oniièma au quinciïmo •i*cle,oolpuisâ tos aujot» de loura niblo». Les prim-iji^m, ,onl «lui d'Avinninuulour lolm quia

LA UTTEHATURE FRASÇAISB

Le premier recueil de fables écrites en français et en vers est celui de ilarie de France, qui, au douzième siècle, traduisit un /fomu (us anglais attribué au roi Alfred. Ce recueil porte le titre d'Yiopel (dérivé du mot Ésope}. On possède plusieurs autres i'topett (1).

En dehors des fables transmises par l'anliquilé, il en circulait une foule dans la tradition populaire. Ces Conlet (Tanimaux a diffèrent de l'apologue, selon G. Paris, en ce qu'ils ne se proposent aucun but moral ; mais, reposant sur une observation sympathique et gaie des mœurs de certaines hètes, ils leur attribuent, pour exciter le rire, les aventures qui conviennent à leur caractère supposé et à leurs habitudes

Les sources du Roman de Renart. — Les contes d'animaux, aux* quels vinn^nt se joindre, en se dcbarrasi^anl de leur morale, un certain nonibre de fables csopiques, fomicrcnt par leur agglomération, proba- LE scxiRD ET Li ocioosB blcmcnt au douzième siècle, une sorte

D'aprla uns mmùiuro da ziv liccls, line d'ipopèc animale. " La grande innova-

duDiuanuicrii lia» ^'oWtfiJo Marie do France. Uon, dit Gaston Paris, est d'avoir individualisé les héros de ces récits et de leur avoir donné des noms propres : il ne s'agît plus d'un loup, d'un goupil, mais d'isengrim et de Raganhard, avec leurs femmes Richild et Hersind (plus lard Iscngrin, Renart, Richeul, Hersent), .autour de ces personnages, tous les épisodes se réunissent en un seul récit vraiment épique, qui va des premières querelles des deux compères a la mort d'iscngrin ou à la victoire de Renart (3;. »

Les différentes branches du Roman de Renart. — Nous avons en français une série de branches composant l'cnscmblc vulgairement appelé le itoman de Renart. Les auteurs de cette immense compilation ne nous sont pas tous connus (on cite seulement Itichard de Lisou, Pierre de i^aint-Cloud et un prêtre de la Croix-eii-Rric). « Mais, dit M. I.. Sudru, ils ont dû être légion, et déjà au douziènic siècle, surtout au NviiEièmc, leur nombre s'est accru d'une foule

11) On peul voir quelque*

Uorreaux ehi/iiU, i"cjclo, p. 17 (S) G. PtRIS, UtlrraKiTt frantaiK a

(3) 1(1. IbH . t S(. — C'ot probahlo>n<

>). table» ni.

.11. — Lin

lit que traduire un romui trantsit perdu.

France, en Ticanlie. que fut icrit le

lU douiitnio par Nivaid de OeBd,M » IISO par Hoori Le U]icb«Mi«i M

LA LITTÉRATURE BOURGEOISE r.T SATIRIQUE

d'ouvriers, qui, dignca cmuica des rojeunisseurs des chansons de geste, leurs contemporains, ont repris chaque épisode pour le remanier et hélas 1 trop souvent pour l'afTadir et lui enlever sa saveur première (1). «

Ces multiples branches françaises peuvent se grouper en deux cycles : i" le cycle piimitif (xii" et xiii» siècles), comprenant 30 à ^0 branches, d'un total de 34.000 vers. Pierre de Saint-Gloud doit être l'auteur des deux premières; 2" au quatorzième siècle, on a Reniirl le !\'ouvel (dont l'auteur est Jakemars Giélée), et Renart le Contrefait (c'esl-à-dire refait d'après l'ancien poème), el qui compte 50.000 vers. A la lin du quatorzième siècle, Ëustaclic Deschamps ï a ajouté un dernier poème de 3.000 ve

D'aprtï n

uldunVBiècle,

■ tout dépasse 100.000 i

Les personnages.

actes divers », héros qm, a iiuvcrs If!

conformes à eux-mêmes, sont : le goupi nom propre devenu si célèbre que, de

— Les principa 9 Qui, k travers sont : le goupi

aux allures et aux mœurs de ces animai s'imposèrent à ses nombreux imilatoui ce premier groupe sont d'origine germai

liéios (1(1 celle u ample comédie a cent différeriles branches, restent toujours {latin viilpecalum) surnommé Renart, rès boruie heure, on a délaisse le mot goupil, pour désigner exclusivement l'animal par son sobriquet ; le loup, hengrin ; la goupille, Richeut ou llermeline ; la louve, Hersent ; l'ours, Bruno ; lilne, Bernard ; le blaireau, Griinbcrl; le cliat, Tibert ; le corbeau, Tiécelin ; le moineau, Drouïn; etc. Ce sont là noms propres désignant l'animal, non pas d'après un de ses caractères naturels, mais comme une personne. Le poète qui, le premier, les leur a attribués, de sa libre fantaisie, les a marqués de traits si précis, à tel point adaptes [ d'après la tradition populaire, qu'ils cl successeurs. — Tous les noms de nique.

i, Colin, ISUO, t. 11,

Un second groupe porte des noms français et symboliques, lires de la nature ou du physique des animaux : le lion, Noble ; !a lionne, Fifre ou Orgueîllease ; le coq, Chanteeler; le lièvre, Counrt ; le taur(!au, Braianl ; le mouton. Betin ; le rat, Pelé ; le limaçon. Tardif; les poules, Blanchs, Noire, Roussolle; etc.

Analysa d« « Renart »

du Paradis terrostro, Adam el ils peuvent, en frappant la mi ■nimaux utilcsi Eve, des anin

maKa qu'il tenait entra ncs pfttinn, maio 6chnppo liii-m^

pil (M; Tiborl. le rlinl, fait t..inbor Hi'ii:irt <lan« un pir,

h'expril du roman ont bii-n In rcvniirlie <lcs potils si

, In inâsaiigu, lu corbeau ot lo chat, i

- Tous cob pcreonnagol roparaisiciit dan* Ioh nombreux Eurte d'uiiitâ dans rut onsemblQ si tuulTii. issaiice do Hcnart et d'Isungrin. — Après avoir été chassés Eve ont reçu do Dieu uiic.bagucllc, au moyen do laquelle :, obtenir ce qu'ils désirent. Ailam fait aortir des flotides >ux nuiMblos;c'e>t ainsi qu'lsengrin et Etenart lui doivent la vio.Bicntùt Renaît devient le principal béros du poùme.

Renart s'en prend d'abord i des animaui plus faibles que lui ; il est berné et dupé par chacun d'eui- Chaiitecler, saisi et emporté par Renart, conseille i son ravisseur do répliquer nui injures des paysans: Ilanart outre la l>ouche. et te cuq s'envole ; la mûsangc, soua préleite do donner le baiser de pail 1 Rcnarl, lui jette dans la liouclie de la mousse ek de» reuillos ; TiéccUn. le corbeau, laisse tumlier le fro-

do 1'

no h une nouvelle ruse du gou- I où celui-ci comptait le prendre.

' les puissants; car si Renart est va triompher lui-môme du loup,

Las principaux épisodes de In lutte entre Renart et 1 Renarl, pour se vengiir d'Ison^riu qui a dévoré un gfros : rait faire son profit, l'ommÙTio dans un cellier, où il l'cnii ot h chanter si fort, qu'il est surjiris ut battu. — Ruti cliirgée de poissons, on particulior d'aiiftuillcs, se couclio

sont les aulvants : — de lard dont It esp^

. Isen(crin se met i parler apercevant une charrette

bord de la route et con-

trefait lo mort; la conducteur de la charrotte lo ramasse pour vendre u déiHiae sur les paniers. Henart, tout doucement, se passe au cou pluKîours côlliert d'anguilles, snute â terre, et s'eiituit (2).Pe[iannt qu'il fait rôtir sua anguilles en son chileau de JUoufirrluJt Iperliiif slgiiilio Iruu,' cf. perliiitanel, Iscngrin vient é passer; le parfum du rôti lo grise, et if duinandc h Renart de quelle façon il a pu se procurer un mots ri Oicellent. C'est alors que Renart remmenant, lo E»ir, sur un étang glacé, lui dit de *' laiï~rr irandre sa queue dans l'i'au, à travers un trou do la glïvo; h la queue d'Isengrin Keiiarl a allaclié un seau, oîi les poissons doivent s'entasser; quand lo loup sentira que le seau est drvuuu 1res lourd, il n'aura qu'i tirer i hii. BientÂt Isengrin ne peut plut

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