‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 38 sur 408 · LA UTTHRATUHE BOURGEOISE ET SATIRIQUE · texte numérisé non relu

LA UTTHRATUHE BOURGEOISE ET SATIRIQUE

.airo un piouvemcnt, car II ost pris dans In glara. Arrivent des chien* et de« chatseun; un (lo ccui-ci, qui tuut tiicr lo loup, dlrlgu maladroitement son arme; la queue d'Iaen- Kria est coti|>£e su ras do la glace, et le malheureux l'échappo. — llonart est au fund d'un puits et no sait conimviit on sortir; arrite Isciigriii, auquel Hcnart poDuade do se pincer dans l'autro acau pour lenir le rejuludro i remonter Rcnarl, et le luup reste k son tour au func ibe à demi assommé.

Dans Rsnart Teinturier, Rcuart est tombé dans ui parée pour la teinture, fundaiit sa lont;uc absence, s

n cousin Gi préparalirs de la noce, se fait ruconnsUre tout i coup, et cliitio d'importance non oublieuse £ pu use. Isciigrin

;, lo blaireau. Ilenart, dùguisé en Jongleur, astlstaai:

reuii

l joue

râle dai ode amusant, iDois buuflunncrie eiagérée, et où les animaux ne paraissent plusubser- \ét avec autant do Qncsse qiio dans les premifTGs brancha.

Le Jugement de Benert est peut-ilre la partis lu plus célèbre do tout cet ensemble.

I)6jà, dans les anciennes versions, le lion Noble, malade, avait voulu Cairo romparattro devant lui Rcnart, accusé par lo loup, le chat et lo cerf. Ilcnart se jusURllt en disant qu'il voyageait h la rccliorclia d'un remède pour lo lion : que celui-ci s'onveloppe les épaules dans la peau du loup 6corcliii \lt. les pieds dans celle du chat, et qu'il se fasse uno ccinluro de la peau du cerf (cf. La Fontaine : le Lion, le Loup el U Rtnard], Dam le JagemrnI de Ilenart, il n'i'sl plus question do la maladie du lion. Noble tient cour pléniére. Arrive un cortège composé do Chanleclor et do ses poules. Pinte, Itlancho, Noire et Itoussutlo. qui escortent le cadavre d'une autre pouto. Cuu|iéo, Tralcliement tuée par Reiiart. Les plaintes de damo Pinte et ^o Chantecter, la colère do Noblo, l'ensevelissement do dame Coupée, sont d'admirables parodies des discours el dos procédés de chansons de geste : c'est U que Veapril gaulois ou haurgrois se manircsto de la faton la plus piquante (1). On envoie chercher Renart par Uruno. puis par Ttbcrt. Ceuici tombent dans les pièges que leur tend lo goupil, et reviennent tout ensanjilantéi rendre compte «u roi de leur vaine mission. Enlin, Rcnarl, payant d'audace, se présente. Il fait humblement l'aveu de ses fautes, et dcmando. pour les oipior, à taire un pèlerinage en Terre Sainte (2). '

Le premier groupe, ou le premier cycle do Renart, s'achève par le Conronnement de ttenart- Li, Renart est entré dans un couvent de Jacobins. Vêtu en moine, il va prédire à Noble sa Un prachaine, et lui fait sentir la nécessité de désigner son successeur. Noble,

dans sa confession, avoue que Renart seul est capable de porter la couronne. Renartest endn couronné; il persécute les faibles et flatte les puissants; il voyage en Palestine, en Espagne, en Italie (à Rome, il est reçu par le Pape), en Allemagne, etc. Cette branche est une satire contre les ordres mendiants.

Au quatorzième siècle, les suites de Renart seront, de plus en plus, animées d'un esprit de raillerie systématique et virulenlc. Cet esprit se donne libre carrière dans Renart le Nouvel, où les animaux perdent trop souvent le caractère naturel et relativemont vraisemblable qu'ils conservaient dans les premières branches : ce ne sont que combats, assauls, surprises, aUé$;ories obscures. — A plus forte raison, dans Renart le Contrefait, poème immense, décousu, et qui doit son succès aux allusions malignes et au pcdantisme dont il est plein. Mais Renart y personnifie d'autant mieux l'esprit d'habileté, do fourberie, de résistance aux autorités, de libertinaije dans tous les sens du mot ; il annonce Pathelin, Panurge et Figaro.

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