‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 49 sur 408 · MIRACLES ET MYSTÈRES · texte numérisé non relu

MIRACLES ET MYSTÈRES

SOMMAIRE

LB THÊATRB IteLiaieUX du H replacé dans son mitien. — On ni qu'il est, comme lui, sorti du culte.

I' DC ONZIÊMB AU QUATORZIÈME SIËCLB: DRAMBS LITUROIQUES ET MI- RACLES. — Les etriimonies de l'Éj-'ise sont diivcloppées, et donnent naissance aux drame* liturgiques, dont tes principaux sont les Vierges folles, les Prophètes du Clu-Ist, et surtout le Drame d'Adam (douzième siècle), qui ne se joue plus dans le chceur de l'église, mais sous le porche. ^Au treizième sitele, le Jm da saint Nicolas de Juan Bodel, est remarquable par le mélange des scéoes épiques, reliiiieuses et familières. —Aux treizième et quaiorzième siicles, on représente des Hiracles tirés de la vie des Saints, et surtout des légendes relatives à ta Sainte Vierge. On signale le Miracle de Théophile, de Rutebeur (treizième siècle), et les Mtraclas de iVotre-Dama (quatorzième siècle); ces pièces, dont l'intrigue est souvent ingénieuse, contiennent des reiisei|;nenents curieux sur les mœurs du temps. 11 aurait pu en sortir un drame national.

!• QUINZIÈMB SlÈCLBi LES MYSTÈRES. — Pas d'acteurs de profession; les Kjttèrei sont joués par des Conlréries d'amateurs, dont la principale est celle

L\ LITTÉRATURE FRANÇAISR

des Coil(r4r«f de la Pasiion. 4 Paris. — Le ihéiire représente plusieurs lieui juxiaposés. — On divise les MiiUres en irois cycles : i* t'j&nclen Testamentï" le Noureau TestamenC, où se trouve le plus célèbre mysièrc. celui de la FaiiioD, dont nous avons plusieurs rédactions ; les meilleutes sont celles d'Arnould Gréban (1451) et de Jean Michel (r446|;3- le Cj'cle des Saints. ^ Oa y ajoute quelques myscËres profanes, entre autres le Siâge d'Orléans (1439).

L^s ■yttèrei furent interdits en ;54S, par airét^ du Parlement ; ce mélange naïf du sacré ce du profane commençait i scandaliser Jcs spectateurs ei le clergé.

■ractères giatrûux. — Pour bien comprendre le thùàlrc ri'ligieux du moyen âge, on doit, plus que pour lout aulre genre, tenir compte du momf.nl, du milieu et du bal. Il faut se rappeler que ces repràscntalioiis sojit un complément des ccrcmonics de l'Église, — qu'elles soni, en principe, destinées A l'édiricalion des spectateurs, — et que CCS spectateurs y apportent des dispositions d'esprit qui ne peuvent se comparer que de 1res loin avec celles de notre puMic contemporain.

do xui- siècle. N'oublions pas, d'un autre côlé, que ce

théâtre religieux est à peine un théâtre. Décors, mise en scène, costumes, acteurs rien n'y ressemble à ce que nous voyons aujourd'hui. Ce sont des spectacles extraordinaires, donnés en plein jour sur une scène dépourvue de tout ce qui peut créer l'illusion, joués par des clercs, des bourgeois, des ouvriers, qui, leur réplique achevée, -vont s'asseoir sur des bancs, face au public, en nltendnnt que leur tour revienne. Seuls, le Christ et la Vierge portent des costumes conventionnels ; seuls, les diables sont déguisés et grimés ; les aulres sont velus comme les citadins qui les regardent, ou comme les archers du guet.

Il est si vrai que ce théâtre dépend essentiellement d'un étal d'dme, d'un concours momeulané de circonstances, qu'à peine arrivé n son plein développement, il disparaît. Rn 1518, un arriH du Parlement interdit les représentationsde Mystères. El cet acle d'aulorilé était si légitime, si bien fondé sur les nécessités présentes, que jamais ni l'Église ni les écrivains dramatiques n'en ont appelé devant l'opinion.

La tragédie grecqu«et les Mystères. — Une comparaison entre les origines de la tragédie grecque et celle de notre drame religieux n'est qu'à demi exacte.

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