‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 9 sur 408 · TABLEAU GÉ\ÉRAL DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

TABLEAU GÉ\ÉRAL DU MOYEN AGE

SI

les motifs li'wUon d'uiillolimil, d'i

chevaliers imiouicux l't inurlois,

de TriiOin ou ciliii d'i <:bemliiT

Voilà pour le eliei"itii

mninlcnarit A l'iiiili cbroiiitiuc

I llaoul de Cnnibrai, d'un (lariii, etc. Quant auic

[■st iivi'c uiif fiuoss»! sDUïciil Riihl il<' (lue l'uiiU-ur m /.liiii, pûiiùlrcet dclaille Irurs s<'idiin<!iils. rù ccmiinc type liltér-iire. Si ivma r i- Il l-i- hissons

! (Il' l'anttoeral

Iirolecl.ricc dra poules ul dus

D^jprts

a)Le troiirùrc, quand ii l'-crit pour lin auditoire arî^t'H-ralUpic, diiiit il vi'u[ piquer la curiosilû vl RaltiT la Viuiili', est portû à [>xa^'i'-rer cl à n-iirlu-rir. Cepeiidanl, ilcsl tenu à uneccilainecxailitiide, luah-iiplle datu le dêlaiJ. Ui's «ueiTiers fOulTrcnt qu'on aiijfmenle la vigueur dt: Ii-ur liriis, la n'sislanni de leur armure, lejelTets »n«urtriers de U'ur épée. Mais il faut qun le |W)éle siii'lie leur prt-ler des mouvcineiiU, des iiianiiMivres, des gesles, des piiroli's, en lexjuels ils se reccutuissL'nl. Ces dûluils réiilùtes sunl nécussairus pour ([uc leur iinii^'iiialiuii li-a traniportn mir un cliamp do baluille, en plein coinhali et e.'ust par uradalinn, i

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mesure que Tillusion se forme et se crUtallise, qu'ils deviennent aptes au niei^ veiiieux et à Tinvraisemblable.

b) C'est dans le château fort des dixième, onzième, douzième siècles, que se récitent ces fragments belliqueux. A partir de la lin du douzième, la société courtoise se constitue dans plusieurs centres. C'est du Midi, de la Provence et de la Gascogne, que nous viennent les réunions mondaines, soumises à une sorte d'étiquette élégante, et que préside une femme. Nous verrons la fille dWliénor de (îuienne, Marie de Champagne, encourager la poésie galante d'un Chrétien de Troyes. De là, soit dans les (cuvres originales du treizième siècle, soit dans les remaniements en prose des chansons antérieures, une conception nouvelle des convenances de ton et de style, et dans le fond une variété d*épi- .sodes destinée h retenir Tattention des fenunes que les récils exclusivement guerriers pouvaient lasser. Alors finit la chanson de geste et triomphe le roman.

3® Les bourgeois et le peuple. — C'est une erreur singulière que de considérer le bourgeois du moyen âge, et même le vilain, comme un être passif, toujours battu et content. Dès le onzième siècle, soutenu par le roi et par le petit clergé, le peuple commence à obtenir, dans l'organisation des communes, des garanties sérieuses. Au point de vue littéraire, il y gagne une indépendance (jui explique le grand déYelo])pement du genre satirique du douzième au quinzième siècle. Cette satire Apre et mécliante se glisse d'abord dans les poèmes épiques, dont les remaniements successifs portent des traces de cette infiltration de l'esprit bourgeois. Au treizième, le Roman de Renarl n'est pas seulement une satire de la féodalité, c'est une parodie très spirituelle des procédés épiques. Les /(i/>/iaM.r, les farces^ K?s sutieSy tout cela est Iwurgcois d'inspiration.

Comment, d'autre part, la littérature représente-t-elle le bourgeois et le vilain? Elle ne le flatte pas. Le bourgeois est avare et intéressé; le vilain est menteur et voleur. Dans les fabliaux et dans les farces, les deux types abondent. Et le peuple en riait, parce que c'était encore pour lui une vengeance que de proclamer les vices auxquels le contraignaient l'avidité des seigneurs ou les misères do son état. On ne peut guère signnler qu'une peinture vraie du vilain : c'est dans Attcassin et MicoletlCy lorsque le jeune comte se trouve en présence du malheureux qui a perdu un de ses bieufs : la sincérité de cette peinture touche au sublime.

Quant aux revendications sérieuses du peuple, on en trouve souvent un redoutable écho, soit dans la deuxième partie du Roman de la Rose^ soit chez les lyriques comme Uutebeuf et E. Deschamps.

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