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avant le manifcslc de la Pléiade, à laquelle 11 se rallia. Son inspiration et son slj'le lui vicnnetil de lï-colc lyonnaise.
Nous aurons passe en revue lous lc3 membres de la Pléiade, quand nou!> aurons rappelé JEAN DAURAT, le maître de Hoiisard, de Du Bellay, do Ualf et de Jodelk'. Daural n';i Tait que des vers laliiis et grecs ; mais, s'il n'est
frani;;iis, on peut dire que sans lui, pcuWIre, Ronsard et quelques-uns de w.s plus illustres discipli-s n'eussent point connu les sources où ils ont puisé.
1 Autour de la Pléiade.
OUILLAUME DE SALUSTE.SeiONEUR DU BARTAS (I5U- 1590). — Honsard avait dcmniidc toutes ses inspirations (saur danB Ifs DUeours)a l'an! iqui ta profane, et nous nvons dit que sur ce point il était classique. Mais l'antiquité biblique ne pouvait êlre enliéreinent délaissée, t-n ce siècle de controverses et de guerres l'eligicuscs.
El c. tul un proie,!.,,!. ^^^A^J^^ Du Burtas, qui, rainiliarise avec les textes sacrés, rattacha d'une part noire poésie aux traditions du moyen Age et, d'autre part, précéda les romantiques dans l'emploi du merveilleax chrétien, Jeanne d'.Mbrct, reine de Navarre, conseilla à ce gentilhomme gascon de mettre en vers l'épisode de Judith; et Du Bartas composa (15'15)sur ce sujet un poème en six chants, qui eut peu de succès (1). — Cependant, il
(1) Lm citboliquH KcuiArenI du BarUi d'avoir lait, au liiitmo livro ds Judith, niie a^dlcgia da
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ils LA LITTÉRATUnE FRA\'ÇAISE
travaillait à une œuvre plus grandiose, la Semaine ou la CréatioiXy qui parut en 1578. Du Bartas, tout en suivant scrupuleusement la Bible, profile habilement de toutes les indications du texte pour développer et pour peindre. Il abonde en descriptions brillantes, d*un style vigoureux et coloré. Son imagination lui fournit aussi des épisodes comparables à ceux que Milton ou Klopstock ont tirés des Livres saints. On lira toujours avec admiration : le passage où Dieu contemple son œuvre, comme un peintre un tableau ; la Terre après le déluge ; le lion (VAndroclès ; — et dans la Seconde Semaine (suite de la précédente, et restée inachevée), le Cheval dompté par Caïn ({),
La Semaine eut une grande célébrité, non seulement en France, mais à l'étranger ; elle fut traduite dans toutes les langues ; le Tasse, Milton, Gœthe s'en inspirèrent. En France, elle se démoda très vite. Aujourd'hui, il suffit qu'on ait relevé dans la langue de Du Bartas quelques exagérations puériles^ des mots composés bizarres (donne dme, porte-jour^ aime-vers, chasse ordure), ou des répétitions de syllabes {flo- flotter , ba-battre, etc.), ou des inversions obscures, pour que Du Bartas soit classé sans appel parmi les poètes ridicules. Ce jugement est un peu sévère.
C'est encore un protestant que AORIPPA D'AUBIONÉ (1552-1630). Quoique Du Bartas ait pris part aux guerres de religion, ait combattu aux côtés de Henri IV, à Ivry,et soit mort en 1590 des suites de ses blessures, son œuvre garde une certaine sérénité ; elle nous transporte en des temps lointains, et le poète n'y insère point d'actualités. Agrippa d'Aubigné est, au contraire, un calviniste militant, jusque dans ses œuvres. Né en 155*2, au cliàteatt de Saint-Maury, en Saintonge, il fut une sorte d'enfant prodige, apprit le latin, le grec, l'hébreu, l'italien, l'espagnol. Pendant une vie très longue et très active, d'Aubigné fut à la fois capitaine et poète. De 1573 jusqu'en 1595, il se battit aux côtés de Henri IV ; après l'abjuration du roi, il se retira dans ses domaines, en mécon^ tent. H était rentré en faveur quand Henri IV fut assassiné. Aloriv il prit part à la résistance des protestants contre Louis XIII. Quand il eut fait sa soumission, il se rendit à Genève, et mourut en 1630. Peu de biographies sont aussi curieuses à étudier dans le détail, soit pour la connaissance d'un caractère de protestant sincère et irréductible, dont le courage a égalé la violence, soit pour l'intelligence d'une œuvre très personnelle. D'ailleurs, cetlc vie, d'Aubigné l'a racontée lui-môme, en parlant de lui à la troisième pci*sonne (2).
régicide. Lire ce passage dans les Morceaux choisis du seisièine siècle, de Darmstëter et Hatzpeld. p. 251, et la DOte de la page 253.
{i) Morceaux choisis^ 2* cycle, p. i74.
(2) Sa vie, à ses enfants, figure aa tome l" des Œuvres complètes de d'Aubigné, édition Résuma L'intérêt de cette biographie se prolonge au delà du seizième siècle, si l'on songe qu'Agrippa est le pure do ce Constant d'Aubigné, dont la mauvaise conduite attrista sa vieillesse, et dont la fiUu s'appela Mme de Mnintenon. — M. S. Rocheblavo, dans son livre intitulé : la Vie d'un Jléroë (ilachotlo, 1013), a prù:ienté un très beau et très impartial portrait d* Agrippa d'Aubigné.
ADB
inilyeerons plus loiii(I) les œuvres en prose de à'Aubigné ; ilmis ce c'est le poêle seulement qui nous oecupe. Vervi-iit admirnlcur de il cummença pnr coDsîdérrr la poésie comiiia un divcrlisseincnt. Il Printemps, qui se compose do Iroi.i pnriies: lléaitombe à Dûinc (sonnets
Icdics à Mlle de Lezav, qu'il épousa), Staiicei et Odet (2). Sur la fin
e, il devait encore écrire do petites pièces, mais plus intimes cl
claiicolie pénétrante, l'uis
nme Du Dartas, un poème
)n chef-d'œuvre est le patnscpt chaots intitulé tes