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LES DISCIPLES DE KONSARD

JOACHIM DU BELLAY(lo-25-15CO). — NéàLirc,prèsd'Angers, il appartient à l'illuslrc famille qui a donné, en ce même seizième siècle : Guillaume du Bellay, seigneur de Langcy, ambassadeur Ce François 1" en Italie, en Allemagne et en Angleterre, auteur des Mémoire* publiés en 1569; Martin du Bellay, son frère, également auteur de Mémoires; et le cardinal Jean du Bcllaj, ambassadeur, humaniste distingué, et l'un des patrons du Collège de France. 11 est donc, comme Itnnsard, bon gentilhomme, et, comme lui, destiné d'abord aux armes ou ù la diplomatie. II étudiait le droit à Poitiers quand, en I54S, il (It la rencontre de Ronsard; sa vocation poétique se dctci^ mina ce jour-Iù. Atteint de surdité, lui aussi, et maladif, il se porta avec ardeur vers l'étude des anciens et surtout des Italiens. C'est lui qui publia en l.'J49 le manifeste de la nouvelle école, la Défense et Itlaslratton de ta langue française ; et, avant Ronsard, qui lui en voulut, il donna son premier recueil de vers, l'Olive (ISoO). J. du Bellay n'avait ceponTBAiT DE juACHiv DU BELLiT pendant pas renoncé à la carrière diploma-

D'aprtsurcrsyonoriBiilfllduiïi-niècle, jj^^^^ ^j^ ^^ ^^^^ j, accompagne Ù RomC,

comme secrétoire, son oncle le cardinal. Là, humilié d'une situation subalterne, il compose ses Regrets, puis ses AnliquUét de Home et ses Jeux rustiques; Il ne fait paraiire ces ouvrages qu'à son retour eu France, 1338. Devenu entièrement sourd et de plus en plus malade, il meurt subilemeiil, à l'ilge de trente-cinq ans.

Outre sa Défense, en prose, Joachim du Bellay a publié ; — COlive, recueil de sonnets dédiés à Mlle de Viole (dont Olive est l'anagramme), c'est du ptlrar-

tjiiisme, souvonl Irôs nrrpctt", soiivonl niiMi ngrcable et ùlevô (1); — Ici Regrcls, iHilrc recuoil dn soniieU écrit» Ji Home, et dans lesquels domiricnt la mi'lancolic, l'imnie cl In satire; le poète est paringù cnirc la nosUlgic du pays natal, el les i;oU'res qiin soutùveiil.en son cœurgrnéi'cui, les allures ut lus nunurs du la cour romaine (2); — les Anliqiiilésde Rome, autre recueil de sonnets, où l'un reli^iuvc li's sentiments précodenis, mais aussi une gravité, une élcvotion de ton, qui r;ilipruchenl du Ih-lhiy d'' nos grands romiin tiques i;;i).nii Bi-llay a encore écrit Divers Jeux riisliqiies, ensemble de pelilt^s pièces souvent agréables p;ir leur simplicité, souvent mignarih-s et précieuses ii). Il a l'iifin laissé une des plus belles snlires, dans la Turmi; même deMatliurin Ué^ïuier et de Itoileau, le Poète eourlimii (ri).

J. du Bellay n'a ni la v.v rit'lé, ni la puissance de lloiisard. Mais ilparaltsouvi'iit plus siurêreduiis l'etpression lie ses senlïmenls, il est moins pédante.tquc dans son îuiilatiun des uninégale. Il est bien, celui-lû, l'iiucêlre des romantiques, par son pessimisme, saiiiélaiiculie, et sa poésie luute personnelle.

RÉMIBELLEAU(iSi8-

1577) était né à Nogenl-lellolnni. Il fut piécepleur et goui celte famille en llatic.

lUi (Ils du mai'quis d'Obeuf, et .suivit

(I) Morceaux rhoim, i" cjclo, p. SI.

lîl !Uorrtanx rliailit, V ctelt, |.p. MS. M |3] .Vorreaux rhaiéli, i" ej.'ia, p Si: - (41 ilorctaux cholnà, !■' cycle, p. 80. (S) .Vorr«auT pfioMii S* cycle, p. Ifil.

-î- ej-ere. pp. ISO, 100, 101.

2i0 LA LITTÉRATURE FRASÇAISE

Rentré en France, en 1557, il publie d'abord un recueil intitule : Petites Inventions, poèmes très courts où il décrit avec précision différents objets, animaux, fruits, etc. Il donne ensuite une traduction d\\nacréon(i); puis la première partie de sa Bergerie, qu'il devait continuer en ioli, et qu'il imite de ritaiten Sannazar, auteur de VArcadie. Le cadre de ces Bergeries est un dialogue en prose entre des bergers de convention ; de nombreuses pièces de vers y sont insérées, et témoignent d'un vif et pénétrant amour de la nature. On a cité partout les petites pièces de Mai et d'Avril (2;.

On connaît moins l'autre ouvrage de Uémi Belleau, Amours et nouveaux eschanges des pierres précieuses, vertus et propriétés d'icettes (1576). Belleau a puisé dans l'Anthologie grecque et dans les Lapidaires du moyen âge. La forme en est ingénieuse, variée, parfois brillante (3). Par quelques-unes de ces pièces, R. Belleau pourrait être comparé à Théophile Gautier, auteur d^Ématix et Camées,

Nous retrouverons Rémi Belleau au chapitre du Théâtre, pour sa comédie, la Reconnue.

ANTOINE DE BAÎF (1532-1590) appartient, lui aussi, à l'une des plus illustres familles du seizième siècle. Nous avons vu dans la biographie de Ronsard, avec quel acharnement il travailla au collège de Coqueret ; aussi devint-il, avant tout, un érudit, et abusa-l-il, plus encore que Ronsard, de sa connaissance des anciens.

11 a beaucoup écrit, et aucune de ses œuvres n*est de premier ordre. Il a donné les Amours (1552 et 1558) ; les Météores, où il s'inspire parfois heureusement des Géorgiques de Virgile (1567) ; le Passe-Temps (1573), qui contient quelques petites pièces gracieuses ; les Mimes, enseignements et proverbes (1581;, soû meilleur ouvrage (4).

Baïf avait voulu introduire dans la versification française une métrique nouvelle, analogue à celle des anciens; au lieu d'établir le rythme d'après le nombre de syllabes, on l'aurait fondé sur la disposition des brèves et des longues. — Il avait également inventé une orthographe phonétique. — Mais il ne faut pas lui attribuer, d'après une épigramme mal comprise de J. du Bellay, l'introduction dans notre langue de comparalits en tVar et de superlatifs en imc; celle innovation était due à Pelletier dans son Art poétique (1555) (5).

Nous retrouverons A. de Baïf, avec son oncle Lazare de Baïf, au chapitre du Théâtre. — Nous y renvoyons également Jodelle, qui fait partie de la Pléiade.

PONTUS DE THYARD (1511-1603) avait publié ses Erreurs amoureuses

(1) Anacréon venait d'être publié en France par R. Ëstienne (1554). (8) Morceaux choisis, 2r cycle, 165

(3) Morceaux choisis, 2* cycle, p. 168.

(4) Morceaux choisis, 2* cycle, pp. 169, 170-

(5) Voir sur cette question, le Seizième siècle^ de Darxstbtbr et Hatspbld, pp. 115 etSS9.'

LA PLUIAUE

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