LISTE DES
. i .-^ , n r. . NOMS des ComeàUs & des Perf'niages , trd.
(htits de l'Jj'giois en Frar.ço's.
•J Amour Dsliiuerciré, Lovejor Livt.
L'Amouc Triomphant. Uvi Trmnphiv.t. C.
L'Artrologue JoUc. The àhc^- Afirch'
Babillard, r.^/'^. P.
Le Vieux Bachelier. Th: OU B^tchlour.
La Beroere fidelle. Tht falthfui She-
ph: À.fT. C. Bten.Maf.iuc. M^sk."^ cll.V.
Chercha- I-Tprir. Love-^U. P- . , LeCh-v.lier de Makhe. The Kmght
.fM^dt-». C. ,
I e Chevalier du Pilon Brûlant. The
K>rght ofThe Btf^nhig Peflle. C.
Daaieret. Sparljsh. P.
M le Di^ne. S . Vi'orthy. P.
l 'Ennemi du Sexe. owan Hâter. C.
La Femme de la Campagne. Comtry.
•i^'ife. C. ^ . j
La Femme Provoquée. Frovoc d.\, >fe.
La Femme Taciturne. SlUnt.-^'cm w.C.
File-Texte. Spin.Text, P.
Le Fourbe. Ths Double- Dealer. C.
Franc- homme. JF'Yif-yî^/.,». p.
L'homme fans façon. The Plain-Dea 1er. C.
M. Longi'e-veuc. Fore.fghr. p.
Milord-fat. !-ord jopHt;gion. P.
La Mode. F^ishwi. P.
Le Moine Efpagnol, Spanlsh Fry.tr. C.
L'Orphelin. Orph.'». C.
Pateline. Fondle. Wifo. P.
Rend Grâces. Stiy G'-ace. P.
Sang, farouche. ili.Blood. P.
Sans-foucy. CarctfjJ. P.
Fentre-de- Tonne. Tun-Bclly. P.
LISTE DES PIÈCES DE THÉ.ATRE ANGLAISES TRADUITES EN FRANÇAIS, a Celle lisie figure dans la Critique du théâtre, de Collier (Iraduclion de Comheville. 1715) monlre quelle élail l'importance à celle époque de la litléralure anglaise en France. (Bibl. Nat., Imp.) CL. HACHETTE.
réveillent le goût cîe la nature chez nos mondains, et nos spirituels peintres des choses champêtres, les Saint- Lambert, les Roucher, sont de mauvais copistes d'un bon original. La mélancolie des Nuits d'Young, les effrénées et vagues effusions de VOssian de Macpherson donnent à la fois une satisfaction et un stimulant aux besoins intimes qui portent les cœurs vers les nobles rêveries et les ardents enthousiasmes. C'est d'un bout à l'autre du siècle un chassé-croisé d'influences entre la France et l'Angleterre. Cependant il serait vrai, je croîs, de dire que si beaucoup d'œuvres particulières des écrivains anglais furent chez nous en crédit, aucun mouvement considérable n'a son réel point de départ en Angleterre : nous trouvons dans le courant de notre littérature même, dans les transformations de l'esprit public et des mœurs sociales, dans l'apparition enfin de certaines originalités individuelles, les raisons essentielles de l'évolution du goût et des formes littéraires. Notre XVIII^ siècle s'est servi et autorisé de l'Angleterre, mais pour abonder en son propre sens, et réaliser ses intimes aspirations. La querelle des anciens et
des modernes, Marivaux et Lesage, La Chaussée, Diderot et Rousseau nous font passer de Boileau à Chateaubriand, du goût classique au romantique, sans peine, sans heurt et sans lacune.
Dans le progrès des idées, ce chassé-croisé ne semble pas se produire. Nous entamons peu l'Angleterre : cependant Hume et Gibbon relèvent de nos philosophes, dont l'influence se fera sentir surtout en ce siècle sur le positivisme anglais. Mais, au XVIII^ siècle, l'Angleterre nous donne sans comparaison plus qu'elle ne nous emprunte. Shaftesbury, Bolingbroke sont des maîtres de pensée indépendante, de doute curieux et libre. Locke fournit à Voltaire son dada métaphysique, la possibilité pour un Dieu tout-puissant d'attacher la pensée à la matière. J'ai dit quelle impression la vie anglaise tout entière avait laissée en Voltaire. Montesquieu n'est pas loin de voir dans la constitution anglaise l'idéal du gouvernement. L'idée de la liberté anglaise devient un lieu commun de l'opinion publique ; le type de l'Anglais franc, indépendant, original jusqu'à l'excentricité, devient un type banal
LE DIX-HUITIEME SIECLE
du théâtre et du roman. L'anglomanie se répand dans nos salons à la faveur de la philosophie, et les mœurs françaises s'imprègnent des usages et des goûts de nos voisins : on importe d'outre-Manche les courses de chevaux, on établit la mode des thés à l'anglaise. Mais ici encore, je crois, la pensée de nos philosophes a été chercher en Angleterre plutôt des soutiens, des exemples, des vérifications que des principes et l'impulsion initiale : c est chez nous et de nous surtout que les inventions particulières par lesquelles les Anglais avaient mis leurs intérêts intellectuels et matériels, privés et nationaux, dans les meilleures conditions qu'ils pouvaient, ont reçu la valeur rationnelle et générale qui en a fait l'efficacité et assuré la diffusion. Fontenelle ne devait rien à l'Angleterre, et tout le XVIII® siècle français est déjà dans Fontenelle.
L'Allemagne nous prend beaucoup, nous rend tard et peu^. Gottsched fonde l'école de l'imitation française. Lessing combat Gottsched : mais les maîtres de Lessing sont Bayle, Voltaire et Diderot. Diderot est le véritable créateur du théâtre allemand : les théories et les drames de
TITRE DE PARIS, LE MODÈLE DES NATIONS ÉTRANGÈRES a Par CaracdoUt ouvrage dont le titre seul montre la place prise par la France en Europe au XVIll' siècle. (Bibl. Nat.. Imp.) CL. HACHETTE.
Lessing en viennent. Voltaire est celui qui révèle Shakespeare à Lessing. Wieland porte dans toutes ses œuvres et toute sa vie l'empreinte profonde des idées et de l'esprit français. Montesquieu est le docteur des hommes d'Etat. Mais l'idole des Allemands, celui qui laisse la trace la plus profonde dans la pensée allemande, c'est le sérieux et sensible, le Suisse et protestant Rousseau. Son influence se retrouve partout pendant un demi-siècle. Kant avouera qu'il lui doit sa morale. Fichte en procède, et Jacobi. C'est Rousseau qui développe en Allemagne un libéralisme exalté, la haine effrénée du despotisme, des privilèges nobiliaires, de l'oppression sociale : du Discours sur l'inégaliié, du Contrat social sont sortis les Brigands (1780) et Intrigue et Amour de Schiller. Il favorise l'expansion de la littérature sentimentale, du lyrisme romanesque ou pittoresque. Sans doute, à la fin du siècle, les œuvres des Allemands commencent à pénétrer chez nous : on adapte, on traduit leurs drames, on s'enthousiasme pour le Werther de Gœthe -, pour les idylles de Gessner. Il y a harmonie parfaite entre le goût Louis XVI et la sensibilité allemande. Mais le mouvement de notre littérature n'en est aucunement modifié : ces succès ne sont pas des influences ; ce ne sont que des aliments où notre appétit trouve à se satisfaire.
Dans les littératures Scandinaves, dans les littératures slaves, on trouvait à signaler encore l'influence de nos écrivains français, plus ou poins combattue ou limitée à la fin du siècle par celle des Anglais et des Allemands, prépondérante surtout en Russie avec Lomonosof et Soumarokof.