Génie, II, IV
4. A. V. Hugo et à tous les autres, le Génie a révélé le moyen âge, le gothique.
5 . Gjmparer l'énumération des tribus indiennes, chacune avec sa particularité pittoresque, et les énumérations de V. Hugo (l'armée de Sennachérib dans Cromwetl. l'armée
MANUSCRIT AUTOGRAPHE D'AMOUR ET VIEILLESSE DE CHATEAU- BRIAND, a (Bibl.Nat.,Ms3.). CI. HACHETTE.
monde, truands et seigneurs, pauvres et riches. La destination première des Mémoires d'outre-tombe me paraît même avoir suggéré à Hugo l'idée de cette résurrection périodique qu'il s'est préparée en réglant la publication de ses œuvres posthumes.
Le bas romantisme, le romantisme orgueilleusement atroce ou scandaleux, peut aussi, je l'ai indiqué, se réclamer de lui.
D'une façon générale, la place que, dans le roman, dans la pensée, dans l'histoire même et les ouvrages de philosophie ou d'érudition, tient aujourd'hui la peinture de la nature, de Sand à Loti et de Michelet à Renan, cette place a été marquée par Chateaubriand ^.
Avec les motifs d'inspiration, il a révélé la forme : il a rétabli l'art et la beauté, comme objets essentiels de l'œuvre littéraire. Il a offert sa phrase artiste, harmonieuse, expressive, simple, tantôt nerveuse, tantôt onduleuse, tantôt
de Xerxès dans la Légende, etc.). Comparer le Waterloo du t. VII, p. 21, des Mémoires. au Waterloo des Châtiments (Expiation). La manière historico-dramatique et historicopittoresque de Chateaubriand (Mém., t. VII, p. 65) est celle de V. Hugo. Je ne sais si la lecture des Mémoires d'outre-tombe (la partie postérieure à 1815) n'a pas été pour quelque chose dans la conception historico-sociale des Misérables. En général, il me semble que Chateaubriand, dans sa personne, dans sa vie, a été le modèle que V. Hugo a voulu ré^ péter et dépasser.
6. De Chateaubriand (après une lettre du prince de Ligne et les Ruines de Volney) date le voyage, pittoresque, sentimental et philosophique à la fois, mélange de tableaux et de méditations.
l-jre Littérature. T. II.
EPOQUE CONTEMPORAINE
large et calme ; et sa prose a fait entendre ce que pouvaient être des vers. Il a indiqué des modèles, Dante, Milton, surtout la Bible, qui par lui a été classée définitivement comme un des « classiques >' de la littérature universelle, qu'on n'a plus le droit d'ignorer.
Enfin, l'histoire, l'histoire qui est évocation et résurrection, est sortie de lui. Aug. Thierry est devenu historien en lisant le livre VI des Martyrs. Au temps où l'on estimait
Anquetil, Chateaubriand a vu ce qu'il fallait chercher, ce qu'on pouvait trouver dans les textes, les documents originaux : le détail caractéristique, qui contient l'âme et la vie du passé ^. Sans Chateaubriand, qui sait si l'on eût eu Michelet?
I Voir une page curieuse, dans les Mémoires, t. II, 230. Celte page, écrite en 1822, est une critique du manque de vérité et de couleur de l'historien Velly.
LE TOMBEAU DE CHATEAUBRIAND SUR L'ILOT DU GRAND BÉ EN RADE DE SAINT-MALO. 0 Dessin d'hahey au Musée du Louvre. Allant appuyé auprès du Gouvernement la requête de la vide de Saint-Malo relative à l'établissement d'un bassin à flot. Chateaubriand demanda en retour ■' un petit coin de terre pour contenir son cercueil ". Il régla ensuite tous les détails de sa tombe, ne voulant "■ aucun travail de l'art, aucune inscription, aucun nom, aucune date sur la pierre CL. hacheti e.
POLEMISTES ET ORATEURS