‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 159 sur 364 · HACHETTE · texte numérisé non relu

HACHETTE

H''*' Littérature. T. II.

ÉPOQUE CONTEMPORAINE

vent modifié dans ses détails par des lois de circonstance, demeurait en général organisé, de façon qu'il ne laissait arriver à la Chambre que des bourgeois de la classe aisée, gens de belle tenue et d'intelligence cultivée, qui avaient le goût des idées claires et prenaient plaisir à suivre les exercices de la parole : la Chambre des pairs était, par définition même, une sélection des classes supérieures ^. Le romantisme ne pénétra guère dans l'éloquence parlementaire avant 1848 : sous la Restauration, Chateaubriand apporta parfois à la tribune ses vastes images, le superbe étalage de son moi mélancolique. Sous la monarchie de Juillet, Lamartine fit chanter son âme en harangues lyriques. Mais la plupart des graves et sérieux bourgeois qui abordaient la tribune, les libéraux notamment, étaient des hommes de goût classique, formés à l'école du XVIII® siècle et des idéologues, nourris de Voltaire et de Montesquieu, philosophes, juristes, dialecticiens, de sensibilité médiocre ou restreinte, d'imagination froide, et plus que modérément artistes.

Les débats parlementaires eurent plus d'ampleur sous la Restauration : en toutes circonstances éclatait le conflit

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