‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 164 sur 364 · GUIZOT · texte numérisé non relu

GUIZOT

gravure de Laugier d'après Paul Delaroche (Bibl. Nat., Est.). CL. HACHETTE.

carrière nouvelle. Les cours d'histoire, de philosophie et de littérature sont des occasions d'éloquence : là peut-être se font jour les manifestations les plus puissantes de l'esprit libéral, et trois professeurs, Guizot, Cousin, Villemain, deviennent, par leurs brûlantes leçons, les chefs de l'opposition d'aujourd'hui, les ministres du gouvernement de demam. Guizot, Cousin, tracassés, écartés par le pouvoir qu'ils inquiétaient ; Villemain plus paisible et moins redouté, se trouvèrent réunis dans les derniers temps de la Restauration (1828-1830), développant, chacun en sa chaire et dans sa spécialité, la diversité de leurs tempéraments.

Guizot, toujours froid, maître de lui-même, le même dans sa chaire et dans ses livres, se représentera bientôt à nous quand nous étudierons le mouvement historique.

Victor Cousin ^, tempérament imagmatif, passionnait l'histoire de la philosophie par de vives allusions que l'auditoire saisissait au vol. Il déroulait tous les systèmes et l'infini, en belles phrases harmonieuses et nobles, parfois élégamment nuageuses ; il inventait l'éclectisme, et coulait doucement dans le panthéisme. La révolution de 1830, qui le porta au pouvoir, l'arrêta sur cette pente, et, comme l'a dit Jules Simon, il changea de fièvre : il devint le philosophe de la bourgeoisie, gardien sévère des convenances morales, de la religion et de la propriété. La peur de la démocratie le jeta dans les bras des évêques, ce sont ses termes ; elle fit plus, elle en fit un évêque, impérieux

I. Biographie : V. Cousin (1792-1867), successeur de Royer-Collard à l'École normale, et suppléant du même à la Sorbonne (1815), enseigna d'abord la philosophie écossaise ; puis il découvrit l'Allemagne, qu'il visita en 1817 et 1818, se liant avec Hegel, Jacobi et Schelling. En 1820, son cours fut suspendu. II retourna en Allemagne en 1824, et fut emprisonné six mois pour carbonarisme. Il reprit son cours en 1827. La révolution de Juillet le fit pair de France, membre du conseil supérieur de l'instruction publique, directeur de l'École normale, ministre de l'Instruction publique.

Editions : Cours de philosophie professé à la Faculté des Lettres pendant Vannée 1818, 1836, in-8 (Du vrai, du beau et du bien, 1853, in-8) ; Cours d'histoire de la philosophie, 1826 (revu 1840 et 1863) ; Cours d'hist. de la phil. moderne, 1841, in-8 ; Cours d'hist. de la phil. morale au W'Wf s., 1840-1841 ; Fragments philosophiques, 1826, in-8 ; édition de Descartes.W vol. in-8, 1826; traduction de P/a(on, 1825-1840, 13 vol. in-8. (Euores, 1846-1847, 22 vol. in-18. Rapport sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal, 1842,

catéchiseur et pasteur autoritaire. Expurgeant bravement ses cours et sa doctrine, il organisa le spiritualisme en Eglise philosophique ou philosophie d'Etat : têtu, jaloux, despotique, enveloppé de phrases magnifiques, dressant, à son profit, ses disciples au travail et à l'abstinence, il mena les philosophes de l'Université comme des moines, ou, selon son mot, comme un régiment ; il les rangea durement à leur office de conservation sociale, et fit d'eux les gendarmes chargés d'arrêter les idées subversives. Par lui, la philosophie cessa pendant un demi-siècle d'être un libre exercice de la pensée. Sur le tard, dans les loisirs que lui fit l'Empire, son imagination se réveilla, voluptueuse, et l'on vit ce vieux prédicateur du catéchisme spirltuallste s'éprendre des jolies pécheresses du temps de Louis XIII et de la Fronde. I! écrivit sur la société du XVII® siècle des études, toujours oratoires et passionnées, souvent arbitraires et inexactes, qui eurent le grand mérite de faire connaître bien des documents ignorés et curieux. Il était bibliophile, amoureux de rares bouquins, fureteur de paperasses inédites ; il dut à ce goût une trouvaille précieuse : il aperçut le vrai texte des Pensées dans le manuscrit jusque-là négligé, et, le premier, il nous rendit tout Pascal.

Moins éclatant et moins tapageur fut r enseignement de Jouffroy ^, disciple de Cousin, et tout le contraire de Cousin : grave, sobre, précis, intérieur, contenant son émotion, détaché du christianisme avec angoisse, et recon-

in-8 ; Jacqueline Pascal, 1844, in-I8 ; la Jeunesse de Mme de Longueville, 1853, in-8 ; Mme de Sablé, 1854, in-8; la Duchesse de Chevreuse, 1856, in-8:Mme de Hautejort, 1856, in-8 : la Société française au XVHI® s., 1858, 2 vol. in-8 ; Mme de Longueville pendant la Fronde, 1859, in-8 ; la Jeunesse de Mazarin, 1865, in-8. — A consulter : P. Janet, Victor Cousin et son œuvre, 1883 ; J. Simon, V. Cousin (coll. des Gr. Ecr. fr.), 1887, in-16 ; H. Taine, Philosophes français au XIX*' s. ; Barthélémy Saint-Hilaire, V. Cousin, sa vie et sa Correspondance, 3 vol., 1895.

2. Biographie: Th. Jouffroy (1796-1842), suppléant de Royer-G)l!ard à la Sorbonne en 1830, professeur au Collège de France, député de 1831 à 1838. — Éditions : Mélanges philosophiques, 1833, in-8 ; Nouveaux Mélanges, 1842: Cours de droit naturel, 3 vol. in-8, 1835-1 842. Cours d'esthétique, in-8, 1843 ; Correspondance, p. p. Lair, 1901 . — ■ A consulter: H. Taine, Philosophes français au xix" siècle ; Ollé Laprune, Th.Joufroy, 1899.

quérant douloureusement les grandes vérités chrétiennes par la philosophie, il recherchait, avec une sincérité profonde et une réelle force de pensée, le problème de la destinée humaine, ou posait les principes du droit naturel et de l'esthétique. C'était une autre éloquence que celle de Cousin, mais c'était encore de l'éloquence.

Villemain \ lauréat académique, suppléant de Guizot, passa de la chaire d'histoire dans celle d'éloquence française. Malgré les malignes allusions qu'il ne se refusait pas, il était surtout professeur de littérature : son cours n'était pas, comme celui de Guizot, une profession de doctrine libérale, comme celui de Cousin, un jaillissement de passion politique. Et ce fut lui peut-être qui réalisa pour les contemporains l'idéal de l'orateur universitaire : il avait la parole vivante et brillante, la phrase ample et facile, relevée de traits fins ou spirituels. Il déroulait de vastes tableaux qui captivaient l'imagination, historien plutôt que critique, et plus large que profond. Il avait renouvelé l'étude de la littérature selon l'esprit de Mme de Staël ; il développait le principe, que la Ittlérature est /'e.vpression de la société, et il avait choisi les deux cas les plus favorables peut-être qu'il y ait à la démonstration de ce principe : il faisait l'histoire de la littérature du XVIII'^ siècle, et l'histoire de la littérature du moyen âge. En ceci encore

il s'inspirait de Mme de Staël, lorsque, se détournant des œuvres classiques de goût antique et païen, il étudiait les œuvres romantiques du moyen âge chrétien. Il se plaisait à rapprocher les littératures des nations européennes, à faire ressortir les différences que la diversité des circonstances historiques et des institutions sociales avait mises entre elles, à suivre les actions et réactions d'un pays sur l'autre : il faisait une grande place à l'Angleterre dans son étude de notre XYIII*^ siècle, et pour le moyen âge il suivait le développement parallèle de la littérature en France, en Italie, en Espagne, en Angleterre. Il était nécessairement un peu superficiel, et prenait un peu extérieurement les œuvres ; il avait cependant beaucoup de lectures et de connaissances, plus d'idées que son expression trop peu serrée n'en montre : c'était enfin un orateur littéraire, très agréable et suffisamment solide, qu'on peut encore aujourd'hui écouter avec profit.

Sous la monarchie de Juillet, la vie et le bruit passèrent de la Sorbonne au Collège de France : Quinet et Michelet prirent la direction de la jeunesse en soufflant les passions démocratiques : on mangeait du jésuite à leurs cours. Nous retrouverons Michelet ailleurs Edgar Quinet ^, mêlant Herder à Chateaubriand, jugeant parfois très bien son temps et son parti, connaissant et pressen-

1. Biographie: Abel-François Villemain (1790- 1870) fut couronné pour ses éloges de Montaigne et de Montesquieu (1812 et 1816). Appelé en 18)6 à la chaire d'éloquence française, il fut sous Louis-Philippe député, pair de France, deux fois ministre de l'Instruction publique (1839-1840. 1840-1 844). En 1832, il devint secrétaire perpétuel de l'Académie française, dont il était depuis 1821.

Éditions : Cours de littérature française (Tableau de la litt. fr. au XVIII° s.). 4 vol. in-8 ; (Tableau de la litt. au moyen âge), 2 vol. in-8, 1828. Tableau de Véloquence chrétienne au IV*^ s., 1849, in-8 : Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique, 1859, in-3. Souvenirs contemporains, 2 vol. in-8, 1862. — A consulter : Vauthier, Villemain, 1913.

2. Michelet fut nommé professeur au Collège de France en 1838 : son cours fut fermé en 1851.

3. Biographie : E. Quinet (1803-1875), né à Bourg en Bresse, fut nommé en 1842 à la chaire de langues et littératures de l'Europe méridionale au Collège de France. Il la perdit au coup d'Etat et se retira en Suisse. Député en 1870 à l'Assemblée nationale.

Éditions : Traduction des Idées sur la philosophie de l'histoire de Herder, 1827, 3 vol. in-8 ; Ahasvérus, 1833. in-8 ; Napoléon, poème. 1836, in-8 ; Prométbée, 1838, in-8 ; Ailemagne et Italie, 1839. 2 \ol. in-8 ; Des Jésuites, 1843, in-18 (avec Michelet) ; Révolutions d-Ilatie,m8, in-8; Œuvres complètes. inS. 1857-1858. t. 1-X; 1870. t. XI; 1877-1879, t. XII-XXVIII; le Livre de l'exilé, 1875, posthume ; Lettres d'exil. 4vo\., 1884-1888. Cmquante ans d'amitié. Lettres de Quinet et de Michelet, 1900. Lettres à sa mère, 1895, 2 vol. — Si l'on tenait compte de l'intelligence, de l'activité, de la générosité, plus que des réussites littéraires, Quinet mériterait une étude plus détaillée.

[MONSEIGNEUR DUPANLOUP d'après une photographie.

LE PÈRE DIDON (Bibl. Nat., Est.). CL. hideux.

LE PÈRE LOYSON Lithographie de A. Gilbert (Bibl. Nat., Est.). CL. PIERRE PETIT.

POLÉMISTES ET ORATEURS

tant l'Allemagne comme peu de Français ont fait, anticlérical et religieux, savant et poète, prophète par-dessus le tout et faiseur d'apocalypses, esprit large et intelligent avec quelque chose d'incohérent et de nuageux, artiste insuffisant en dépit ou en raison des placages de sentiment ou de couleur par lesquels il croyait se donner un grand style, — Quinet n'a pas réussi à faire une œuvre : on peut lire ses Lettres.

L'Empire chassa Quinet et Michelet de leurs chaires, et bannit de l'enseignement l'éloquence polémique : ce ne fut pas, malheureusement, pour favoriser la science.

ORATEURS RELIGIEUX. /!>/!f La restauration du catholicisme fut suivie d'un renouvellement de l'éloquence religieuse. Mais peut-être est-ce surtout la révolution littéraire qui donna l'essor aux orateurs chrétiens : le goût pseudo-classique leur retranchait tout l'essentiel de la religion, le surnaturel, le mystère et l'infini, toute la poésie aussi, le pittoresque séduisant, le pathétique prestigieux.

Comme Lamennais dans le livre, Lacordaire ^ à la tribune fut un grand romantique. Il était Bourguignon, de la province qui nous a donné saint Bernard et Bossuet. Il appartint d'abord au monde, il se fit recevoir avocat ; il professa le voltairianisme. A vingt-deux ans, il entra à Saint-Sulpice, et se fit prêtre. Par une inspiration poétique autant que chrétienne, il prit en 1840 l'habit blanc de Saint-Dominique et fut en France le restaurateur de l'ordre : cela fournit à Guizot, en le recevant à l'Académie, l'occasion d'un éloquent morceau, sur le caractère du temps qui réunissait dans une paisible confraternité l'inquisiteur et l'hérétique.

Lacordaire, un instant l'allié de Lamennais, se soumit sans réserve, et resta ferme dans une obéissante orthodoxie. Mais il ne renonça point à ses tendances, à son désir de réconcilier l'Eglise et le monde moderne, le dogme et la liberté. Il avait compris que de lier le prêtre à l'autel, à ses offices en latin, à son cérémonial séculaire, à sa prédication traditionnelle des lieux communs sans date, c'était l'éloigner du peuple, c'était inutiliser, tuer l'Église et la religion, sous prétexte de ne pas les compromettre. Dans ses conférences de Notre-Dame et dans celles qu'il prêcha un peu partout, il jeta hardiment le catholicisme en pleine actualité. Il aborda toutes les questions politiques, sociales, philosophiques qui passionnaient les esprits, il parla de la démocratie, des nationalités, de la Pologne, de tous les sujets brûlants. Plus clairvoyant que les prélats qui s'inquiétaient de ses discours, il tâchait, en saisissant le plus vif des consciences, de rendre à l'Eglise la direction des consciences. Il essayait, plus modérément que Lamennais, et serrant toujours plus étroitement les liens qui

1. Biographie : Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861 ), originaire de la Côte-d'Or, commença en 1835 ses conférences de Notre-Dame (1835, 1843-1851). Il se fit entendre aussi à Bordeaux, Grenoble, Nancy, Lyon, Toulon, etc. Député en 1848 ; académicien en 1860. 11 mourut au collège de Sorèze, qu'il dirigeait. — Éditions : Œuvres complètes, 9 \o\. in-8 et in-12, 1872-1873; Correspondance ineWi7e, 1 870, in-8 ; LeHres à /a Com-

j-jre Littérature. T. II.

PORTRAIT DU PÈRE LACORDAIRE. par Chasseriau (1841). LaLonfaire. est représenté dans le cloître de Sainte-Sabine, à Rome, où i7 était allé prendre l habit de l'Ordre de Saint-Dominique (Musée du Louvre.). CL. HACHETTE.

l'unissaient au Saint-Siège à mesure qu'il effarouchait davantage le clergé français, il essayait de montrer que la solution chrétienne de tous les grands problèmes était libérale et démocratique.

Il n'était point profond ; ni l'exacte psychologie, ni la logique sévère n'étaient son fort. Il n'avait ni la richesse d'idées, ni l'ampleur de poésie de Lamennais ; son style avait plus de chaleur que de perfection artistique. Par son éloquence imagée, pathétique, abondante en grands mouvements, il remuait de forts et vagues sentiments au fond des cœurs : ses sermons faisaient des effets analogues à ceux que produisaient nos grands lyriques, lorsqu'ils entreprirent d'agiter, à l'aide de la poésie et du roman, les inquiétudes morales et sociales de leurs contemporains.

Lacordaire ressuscita aussi l'oraison funèbre, si avilie au XVIII^ siècle : il sut encore la réchauffer par l'actualité, unir, pour parler d'O'Connell ou du général Drouot, le sentiment national ou patriotique à la ferveur catholique.

Il y eut autour de Lacordaire, il y eut après lui d'éminents

tesse de la Tour du Pin, 1863, ln-8 ; Lettres à des jeunes gens, publ. p. Tabbé Perreyve, in-8, 1862 ; Correspondance du P. Lacordaire et de Mme Swetchine, publ. p. M. de Falloux, 1864, in-8 ; Lettres à sa famille et à ses amis, p. p. Villard, 12"^ éd., 1876. — A consulter : d'Haussonville, Lacordaire, Hachette, in-16, 1895.

ÉPOQUE CONTEMPORAINE

prédicateurs^ : le P. de Ravignan, un fin et séduisant jésuite ; l'abbé Dupanloup, plus tard évêque d'Orléans, véhément et diffus, de plus d'éclat que de portée ; le P. Hyacinthe, orateur souvent, emphatique, qui, n'ayant pas pu rester catholique, n'a été ni protestant ni philosophe, douloureusement suspendu entre toutes les doctrines, et déchiré entre les^jugements de sa raison et les exigences de son cœur : d'autres encore, élégants parleurs ou rhéteurs romantiques, politiques, cléricaux, ou démocrates chrétiens, ou orthodoxes sans date et sans couleur, adversaires ou exploiteurs de la science, gens de beaucoup d'esprit parfois, de forte conviction toujours, d'idées souvent peu profondes ou mal assises.

Je m'arrêterais de préférence au P. Didon -, dominicain, qui a donné d'éclatants exemples de hardiesse oratoire et de foi soumise. Ce fut un beau prédicateur, grave, pressant, solidement instruit, et qui avait l'intelligence de son temps. Sa parole claire, nerveuse, chaude, s'adaptait finement à

1. Le P. de Ravignan (1795-1858), avocat, puis jésuite. Conférences, 1849, 4 vol. in-8. — Félix Dupanloup (1802-1878), supérieur du petit séminaire de Paris, professeur d'éloquence sacrée à la Sorbonne, évêque d'Orléans en 1849 ; après 1871 , députéet sénateur. Gallican ardent, il se soumit pourtant après le concile de 1869. Œuvres choisies, 4 vol. 1861 ; Nouvelles Œuvres choisies, 7 vol., 1873-18/5 ; Lettres choisies, 1888. — Le P. Hyacinthe Loyson (né en 1827), prêtre, puis carme, débuta àParis en 1 864, fut très attaqué par Veuillot, rompit en 1869 avec l'ordre descarmes, puis avec le pape, qui l'excommunia: il prétendit rester catholique malgré tout. L'occasion de la rupture, très honorable pour

l'état des consciences contemporaines. Comme Lacordaire, le P. Didon a cherché à faire apparaître le cathoHcisme le remède aux misères sociales, la réponse aux incertitudes morales : de tous les prédicateurs qui ont voulu faire de la religion une chose vivante, efficace, pratique, il n'y en a pas qui ait été mieux informé, plus habile et plus fort. Plus audacieusement, suivant le mouvement qui, dans la seconde moitié du siècle, poussait à introduire les procédés de la science dans tous les ordres de la pensée, ce moine a voulu employer les méthodes de l'exégèse contemporaine à démontrer la vérité de la religion ; il a essayé de refaire, dans un esprit opposé, pour une conclusion contraire, l'œuvre de Renan, une Vie de Jésus. La tentative a été plus intéressante qu'heureuse : une certaine faiblesse de pensée s'y découvre, et plus de prétention à la science que de rigueur scientifique. Mais l'affaire du P. Didon, ce n'était pas le livre : c'était le discours, l'action directe et personnelle sur les âmes.

lui, fut une déclaration libérale et philosophique dans une séance de la Li^e internationale de la paix Guin 1869) : il mettait le judaïsme, le catholicisme et le protestantisme sur le même pied, comme <• les trois grandes religions des peuples civilisés ». 11 n'a pas eu le génie qu'il aurait fallu pour le rôle qu'il prenait : noble esprit d'ailleurs et belle âme.

2. 1840-I8'59. L'Homme selon la science et la joi, 1875 ; la Science sans Dieu, 1878; Vie de Jésus-Christ, 2 vol. in-8, 1890 ; la Divinité de Jésus-Christ, 1894. — A consulter ■ Reynaud, Le P. Didon, 1904.

LA CHAIRE DE NOTRE-DAME DE l'.AKlS. e) Exécutée en 1868, d'après les dessins de Viollet-le-Duc, ellea remplacé celle oii parlèrent Dupanloup et Lacordaire, mais a servi aux Pères Didon et Hyacinthe Loyson. CL. L. T.

LE MOUVEMENT ROMANTIQUE

LENORE, D'après Tony-Johannot. Û Frontispice pour la ballade de Bûrger : « Hurrah !... la lune éclaire et les morts vont vite ». Cette ballade avait été traduite par Gérard de Nerval et mise en musique par H. Monpou. Le tout fut dédié à Victor Hugo (Bibl. Nat., Imp.). CL. HACHETTE

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