‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 171 sur 364 · Préface de · texte numérisé non relu

Préface de

4. L. Thiessé, Mercure du siècle. 1 826 (cité par Dorison, cf. p. 268, n. I ). — J. Lefèvre-Deumier (1797-1857) se plaça aux côtés de Vigny et de Hugo par le recueil qui contenait le poème du Parricide (1823) : bel exemple du naufrage complet d'une grande réputation littéraire.

5. Muse française : Sur les romances du Cid (1823) ; la Guerre en temps de paix (1824). Préfaces des Eludes françaises et étrangères (1828). Sur la nécessité d'une prosodie.

mettre la beauté dans le caractère, comme avait indiqué déjà Diderot. Il se réclamait de l'Arioste, de Cervantès et de Rabel ais, ces « trois Homère bouffons », et surtout de Shakespeare. Il établissait que « tout ce qui est dans la nature est dans l'art » : ainsi le romantisme devenait un retour à la vérité, à la vie. Il démolissait les lois du goût, les règles des genres, leur division surtout et leur convention, tout ce qui s'opposait à la libre et complète représentation de la nature, saisie en ce que chaque être possède de caractéristique, beau ou laid, il n'importe. Mais dans ce bouleversement de toutes les traditions, Hugo maintenait la nécessité d'une interprétation artistique, d'un choix, d'une concentration, de certaines conventions enfin, qui sont les moyens de l'art, et sans lesquelles l'art ne saurait subsister.

Ces restrictions font honneur à son jugement : tout le monde ne les faisait pas alors ; et, avec cette frénésie qui scandalisait ou effrayait les classiques, un journaliste converti de la veille donnait en deux phrases le credo romantique :

« Vivent les Anglais et les Allemands ! Vive la nature brute et sauvage qui revit si bien dans les vers de M. de Vigny, Jules Lefèvre, V. Hugo ! * >'

.A côté de Victor Hugo, se plaçaient Deschamps et Sainte-Beuve.

Deschamps ^ , romantique de la première heure, essayait de concilier le principe de l'originalité personnelle, et celui de l'imitation des Espagnols^ Allemands et Anglais. Il insistait sur la nécessité de faire du nouveau, en cultivant les genres où les classiques étaient restés inférieurs, l'épique surtout et le lyrique. Il affirmait que la raison

LA PRÉFACE DE CROMWELL PAR VICTOR HUGO (1827), où V auteur, qui fait acte de chef d'école, présente au public son ouvrage '< seul, pauvre et nu •> (Bibl. Nat., Imp.). CI.. HACHETTE.

I l.i ('r.iiiic ([u'oii va iiro n ;i rien tjui le rocoinmando à i alU iitioii ou à la hicr.vcillanr;' du public. Jl n'a point,

jH.iii ,i|!ircr sur lui riiiUii'l des (ipiuinns politimu s , l'a- > M.i ii/o de la I riistii ;- aiinuiii-t! il i\ > . ni riii'ir.f ,

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I de l arlire , h- yru de la rai inc.

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LE MOUVEMENT ROMANTIQUE

d'être, l'essence du romantisme, c'était d'être la poésie dont la littérature française s'était déshabituée au siècle précédent. Il développait enfin l'importance de la technique.

Sainte-Beuve, venu au romantisme en 1827, s'attachait à deux idées principalement dans son Tableau de la poésie au XVI® siècle ^ et dans ses Pensées de Joseph Delorme Il s'efforçait de légitimer le romantisme, en lui donnant une tradition et des ancêtres : Chénier, depuis 181 9, était trouvé ; Sainte-Beuve exhuma le XVI® siècle ; entre Régnier et Chénier, il enserrait l'âge classique, qui avait interrompu le développement spontané du génie français. En outre, Sainte-Beuve s'appliquait à faire du romantisme une révolution surtout artistique : depuis Chénier, on avait « retrempé le vers fîasque du XVlll® siècle ». Et ici, il avait de la peine à faire rentrer Lamartine dans le cadre où il enfermait la poésie contemporaine. Mais il n'en restait pas moins dans sa doctrine une grande part de vérité : surtout prise comme conseil et leçon, elle était excellente.

3. D. Nisard (1806-1884) écrivit aux Débats et au National, professa au Collège de

Contre ces romantiques, bataillaient les critiques de l'école classique. Un seul doit nous arrêter : Désiré Nisard qui donna, en 1833, son violent manifeste contre la littérature facile, où il prenait à partie la brutalité convenue des romans, et le pittoresque plaqué des drames. L.' Histoire de la Littérature française que Nisard publia de 1844 à 1849, est d'un bout à l'autre une réponse aux théories romantiques. C'est une œuvre de combat, venue après la défaite : œuvre d'un esprit vigoureux et pénétrant, mais systématique, partial, fermé à tout ce que son parti pris ne l'autorise à comprendre, juge délicat des œuvres qu'il se reconnaît le droit d'admirer. Sur un point Nisard convient avec ses adversaires : il fait la guerre au XVIII® Siècle. Mais c'est l'individualité qu'il y poursuit et s'il sent la perfection artistique de la forme chez les écrivains du XVII® siècle, il réduit la littérature à l'analyse psychologique et au discours moral. Il entend la poésie de telle façon qu'il en élimine l'élément poétique. Cette forte histoire est la démonstration historique d'un dogme : ce qui y manque le plus, c'est le sens historique.

France et à la Sorbonne, et fut, de 1857 à 1867, directeur de l'Ecole normale supérieure. Il avait d'abord été favorable à V. Hugo.

4. 13'" éd., 4 vol. in-18, 1886, Didot. — Le qua r ème volume a été ajouté en 1861.

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