‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 173 sur 364 · RÉFORME DE LA LANGUE ET DU VERS · texte numérisé non relu

RÉFORME DE LA LANGUE ET DU VERS

Nous avons vu que la langue opposait un très fort obstacle à la révolution qui se préparait. Elle avait paralysé Ducis, elle faisait avorter Lemercier ^.

Ce fut l'affaire du romantisme de détruire cette langue d'idéologues et de beaux esprits, de la refaire de philosophique, pittoresque; d'académique, artistique; de signe,

1. Nep. Lemercier (1771-1840). auteur à' Agamemnun (1797), de Pinlo, comédie historique (I8(X)), de la Panhypocrisiatle (1819), épopée symbolico-comico-satirique. d'un Cours de Lilléralure (1817. 4 vol. in-8). Ce fut un esprit original et chercheur, un artiste

forme; de l'organiser à nouveau pour la transmission du sentiment et de la sensation. Victor Hugo n'a pas tort, quand il donne tant d'importance à la révolution qui jetait à bas l'" ancien régime » de la langue ^.

Toutes les conventions mondaines, d'abord, disparurent. Plus de mots bas, ignobles : tous les mots sont égaux, à la disposition de l'écrivain. Partant, plus de périphrases, plus de figures, qui cachent ou fardent la pensée. Plus de termes généraux, où elle se fond. Il n'y aura plus rien que l'expression propre, aussi intense, aussi «extrême», aussi « locale » que possible : l'association, le groupe des

insuffisant.

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