CL. HACHETTE
les opinions victorieuses. Il a peine à ne pas marquer de faveur au manichéisme, dans lequel il trouve beaucoup de raison. Mais il est, en somme, dégagé de tout préjugé religieux ou philosophique. Il enseigne à ne pas croire, à se réserver. Il démolit la foi aux miracles, la foi à la Providence. Il détrompe le monde du préjugé que la moralité dépende de l'orthodoxie religieuse. Il fonde la morale sur la conscience. Il établit le principe de la tolérance, le droit de la conscience, même errante. Ses sentiments directeurs sont la hame de l'intolérance et l'amour de la paix : il n'y a pas de vérité assez certaine pour valoir qu'on s'égorge. Et l'homme n'a pas besoin qu'on lui en fournisse des causes : il est par lui-même un animal suffisamment féroce et indisciplinable.
LA POÉSIE
FRONTISPICE DU DISCOURS SUR LA FABLE, a Gravure de Gillol pour les Fables de La Motte, édition de 1719 (Bibl. Nat., Impr.). CL. HACHETTE.