‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 190 sur 364 · BUONAPARTE · texte numérisé non relu

BUONAPARTE

ODE

Pau ViCTon-M. HUGO.

A PARIS

l'IXlClLii, LlPn.MRt, PLACE uv PAt-Ais-RoYAr. , H". 213. Dt: 1, IMIT-lMt-Itli Dl. Ul/IR.MDLt.

MOVCCXXlt.

TITRES DES PREMIÈRES POÉSIES PUBLIÉES ISOLÉMENT PAR VICTOR HUGO, a L'Ode sur la mort du duc de Berry (1820); /'Ode sur la naissance du duc de Bordeaux (1820); Buonaparte (1822), qu'il devait grouper dans son volume des poésies de ]822 (cf . la figure de la page 254). (Bibl. Nat., Imp.) CL. hachette.

LA POÉSIE ROMANTIQUE

l'amour : il faut le chercher toujours, sans espérer de le conserver ; il faut le chercher non pour l'avoir, mais pour l'avoir eu : car l'avoir est une misère, mais de l'avoir eu, là est le délice.

THÉOPHILE GAUTIER. 00 Celui-ci ' est un génie limité, absolument original et de premier ordre dans les limites de sa puissance. Ni lyrique, ni orateur, il a le souffle court. L'intelligence philosophique, le pouvoir d'abstraction lui font défaut. Sa sensibilité est purement artistique. Le principe de son inspiration, c'est l'horreur de la banalité, qui le mène à toutes les excentricités : ses idées seront le contre-pied des idées communes de son temps. Qu'il s'agisse de s'habiller ou de vivre, Gautier a peur de ressembler à tout le monde : il arbore le gilet ou la morale qui peuvent étonner le bourgeois. C'est sa maladie.

Avant tout, et en tout, c'est un artiste. Il était venu à la poésie par un atelier de peintre : et il ne fut jamais qu'un peintre fourvoyé — par bonheur — dans la littérature. Il se définissait « un homme pour qui le monde extérieur existe ". Et de fait, sans chercher ni idées ni émotions, il a rendu les fragments du monde extérieur qui tombaient sous son expérience. li fait ce qu'il a si bien appelé luimême des « transpositions d'art « : c'est-à-dire donner par les mots l'exacte et propre sensation qu'un tableau donnerait. Dès ses débuts, parmi la rhétorique msincère du romantisme flamboyant, une puissance originale apparaissait : il donnait un paysage soigneusement encadré, un coin de banlieue, un jour de pluie, il copiait une naïade du parc de Versailles, un vieux portrait au pastel". Et le plus singulier, c'est qu'il ne donnait pas autant la vision de l'objet que celle de la peinture de l'objet : sa littérature nous fait repasser par un autre art avant d atteindre le modèle lui-même. On a justement remarqué

MANUSCRIT AUTOGRAPHE D'ALFRED DE MUSSET, û Ce poème e»/ / un des sonnets qu Alfred de Musset suppose avoir été écrits par te fils du Titien, et qu'il publia dans la nouvelle qui porte ce titre. (Bibl. Nat., Mss.) CL. HACHETTE

ALFRED DE MUSSET EN COSTUME DU XV!' SIÈCLE, a Gravure de Deveria. (Bibl. Nat., Est.) CL mCHETTE

que naturellement il voit chaque aspect de la nature comme correspondant au style, à la manière d'un maître ; et sa description se fait dans le goût de ce maître. < C'était un parc dans le goût de Watteau '\ » Aussi excellera-t-il à reproduire des tableaux : ses poésies sont comme un Musée de copies. Voici des primitifs allemands :

Les Vierges sur fond d'or aux doux yeux en amande. Pâles comme le lis, blondes comme le miel, Les genoux sur la terre et le regard au ciel

Son progrès consistera à abonder dans le sens de son talent et à dépouiller la sentimentalité romantique, à laquelle il avait d'abord sacrifié. Son voyage en Espagne l'y aida puissamment : jusque-là enfermé dans Paris, c'était la première fois qu'il voyait largement la nature. Mais les

L Biographie: Théophile Gautier, né à Tarbes en 1811, amené à Paris en 1814, entra dans l'atelier de Rioult, fit paraître ses premières Poésies en 1830, puis Albertus (1832) ; les Jeune France (1833), et Mlle de Maupin (1835), romans. Il fit de 1836 k 1855 la critique d'art, puis la critique dramatique à la Presse, d'où il passa au Moniteur uni' versel, remplacé ensuite par le Journal officiel. Il publia la Comédie de la mort et autres poésies en 1838 ; Espaha en 1845, après avoir fait en 1840 le Voyage d'Espagne ; en 1850, il alla en Italie ; en 1852, à Constantinople et à Athènes ; en 1858, en Russie. Il publia en 1852 ses Emaux et Camées ; de 1861 à 1863, le Capitaine Fracasse, roman commencé depuis vin^-cinq ans. Il mourut en 1872.

Éditions : Charpentier, 34 vol. in-18 {Poésies, 2 vol.. Émaux et Camées, 1 vol.).

A consulter : Le vicomte Spcelberch de Lovenjoul, Hist. des œuvres de Th. Gautier. Paris, 1887, 2 vol. in-8 ; Lundis d'un chercheur ; M. Du Camp, Th. Gautier (coll. des Gr. Ecr.lr.), in-16, 1890; E. Faguet, XIX* siècle; F. Brunetière, Évol. de la Poésie lyrique, IC' leçon : E. Richet, Th. Gautier, l'Homme, la Vie et l'Œuvre, 1873.

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