PASSEZ, JEUNES FILLES LE VIEUX CAPORAL LE BON DIEU
Trois vignelles de Grandville pour les ehansons de Béranger, où l'on peut voir quelle idée le chansonnier se faisait de l'amour, du patriotisme et de la religion. (Bibl. Nat., Imp.) CL. HACHETTE.
savant et artiste ; le jargon pâteux, incolore, banal de tout le monde : le style de Scribe, pour tout dire.
Mais des rythmes de chanson, très habilement choisis en vérité : des rythmes nets, vifs, qui saisissent l'oreille, que le vers impose presque à la simple lecture, par sa coupe précise et arrêtée.
Et surtout de l'action, toujours de l'action. La chanson de Béranger est récit ou drame ; et chaque couplet met en lumière un des moments principaux de l'action. Par la structure de ses chansons, Béranger est artiste, comme
L Peut-être de vieux libéraux trouveront-ils ce iugement un peu sévère. Il faut reconnaître qu'un écrivain n'est pas de tout point médiocre quand I àme d une nation presque entière se reconnaît dans ses formules et s'y trouve à l'aise. 11 ne faut pas exagérer le dédain pour toute cette " vulgarité bourgeoise ou populaire ». Il ne faut pas regarder de trop haut ces consciences de braves gens, médiocres sans doute par rapport à des conceptions idéales d'héroïsme ou de pureté, mais qui ont l'avantage d'être des consciences vivantes, agissantes, et non des visions de l'esprit ; cette honnêteté un peu grosse, qui vaut mieux, étant réelle, que les raffinements de doctrine qu'on ne traduit jamais en
Scribe par la structure de ses pièces. En ce sens même, la chanson de Béranger est populaire par le même mérite qui a fait la popularité de La Fontaine : p»arce qu'elle est toute action. Si l'on se rappelle l'étude que nous avons faite du Moyen Age, on comprendra à quelle puissante tradition se rattache Béranger ; l'on s'expliquera ainsi la merveilleuse adaptation de cette œuvre assez basse à notre moyen esprit, et pourquoi seule peut-être en notre siècle, les circonstances politiques aidant, cette poésie a été véritablement populaire
actes ; ces idées pas très hautes, pas très fines, rétrécissement ou abaissement des grandes idées morales ou métaphysiques, mais qui ont gagné à cette transformation théoriquement fâcheuse une extension, une puissance de diffusion, une aptitude à pénétrer dans les masses, que sans cela elles n'auraient jamais eues. On ne s'étonne pas que l'idéal chrétien ne se soit réalisé et répandu qu'en s'épaississant et en se dégradant : pourquoi exiger de l'idéal rationaliste et libéral qu'il s'affranchisse des conditions natarelles qui s'imposent à toute vulgarisation d'une idée?
LE THEATRE ROMANTIQUE
UNE LECTURE A LA COMÉDIE -FRANÇAISE EN 1830. a Peinlme par Heim. au Musée de Versailles. Lecture imaginaire faile par Andrieux devant une foule où l'on reconnaît entre autres, de gauche à droite . Casimir Bcnjcur Alexandre Duval, Mademoist Ile Mars, Émile Deschamps, Madame Ancelot, Soumet, Sanson, A. de Vigny, Frédéric Soulié, Nanteuil, Nodier.
Chcteaubriand, Vienne!, C. Delavigne, Scribe, Victor Hugo Alexandre Dumas, etc.... CL. Hf,CHiTTE.