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CHAPITRE IV

LE THÉÂTRE ROMANTIQUE

PREMIERS ESSAIS. 0 LA THEORIE DU DRAME ROMANTIQUE : ABOLITION DES UNITÉS ; MÉLANGE DES GENRES. HISTOIRE ET SYM - BOLE: DISPARITION DE LA PSYCHOLOGIE. ÉNORME ET CONFUSE CAPACITÉ DU DRAME. 0 LES AUTEURS: DUM.AS ; LA COULEUR LOCALE ; L'ACTION ; LE PATHÉTIQUE BRUTAL ETPHYSIQUE. V.HUGO : LE TYPE BYRONIEN DU HÉROS ROMANTIQUE ; MÉDIOCRITÉ PSYCHOLOGIQUE ET INVRAISEMBLANCE DRAMATIQUE DES DRAMES DE HUGO ; L'ÉRUDITION HISTORIQUE ET LES VISIONS POÉTIQUES ; LE LYRISME DU STYLE ; LE COMIQUE. ALFRED DE VIGNY ; CHATTERTON. DRAUE SYMBOLIQUE. ALFRED DE MUSSET : FANTAISIEL'^RIQUE; IDÉES GÉNÉRALES ET PHILOSOPHIE DE SON THÉÂTRE: LE MO/ TOUJOURS PRÉSENT. CAUSE DE VÉRITÉ ET DE SINCÉRITÉ ; SENS DU DIALOGUE. DE LA PSYCHOLOGIE ET DE LA CARICATURE, a LES RÉSULTATS DU THÉÂTRE ROMANTIQUE s LA TRAGÉDIE EST IMPOSSIBLE. DELAVIGNE ET PONSARD. RACINE RESTAURÉ PAR RACHEL. AVORTEMENT DU DRAME ROMAN- TIQUE, a COMÉDIE ET VAUDEVILLE. SCRIBE : INSIGNIFIANCE ET DEXTÉRITÉ ; MÉDIOCRITÉ MORALE. LA FARCE.

¥ E premier drame romantique qui tut joué fut le I fameux Henri IIJ et sa cour, en prose, d'Alexandre Dumas (11 février 1829). " Je ne me déclarerai pas fondateur d'un genre, parce que, effectivement, je n'ai rien fondé. MM. Victor Hugo, Mérimée, Vitet,

I. Voici une liste un peu plus complète: 1809. B. Constant, cf. p. 254.

1813. Mme de Staël, Allemagne, partie II, ch. xv-xxvi.

1820. Rémusat, la Révolution du théâtre, dans \e Lycée français, l.V (Critigues et él. lut., Paris, 1857, 2 vol. in-12), à propos du théâtre du comte J.-R. de Gain-Montagnac.

1821. Le Shakespeare àe C^uvLoX et \e Schiller de Barante (cf. p. 254); la Notice de Guizot sur Shakespeare.

1823. Fauriel, trad. du théâtre de Manzoni (contenant un article de Goethe, un dialogue de H. Visconti sur l'Unité de temps et de lieu, une lettre de Manzoni à M. C*** sur le même sujet). Cf. p. 254.

1824. Vigny, Muse française, p. 62 (sur les Œuvres posthumes du baron de Sorsum).

Loëve-Weimar, Cavé et Dittmer ont fondé avant moi, et mieux que moi ; je les en remercie ; ils m'ont fait ce que je suis. » Ainsi écrivait Dumas dans sa Préface : il aurait pu allonger la liste de ses précurseurs et de ses maîtres ^. Mais, en somme, il n'y a pour nous à tenir compte que de

1825. Mérimée, le Théâtre de Clara Gazul.

1826. Brugnière de Sorsum, Chefs-d'œuvre de Shakespeare, trad. conformément au texte original en vers blancs, en vers rimis et en prose,... 1826, in-8.

1827. V. Hugo, CromDzlL

1827. (Dittmsr et Cavé), les Soirées di Nuilly, es7'jtsî?î drjnjtiguz^ et historiques, par M. de Foigaray, in-3 (lire MjVet ou um cotîpiratioi sjj; l'EnPire).

1827-1829. Vitet, les Barricades (Préface intéressante de la 4* éd., 1833). 1827-18W. (Loeve-Veimars). Scènes contemporaines et scènes historiques, par le vie. de Chamilly (lire Le 18 brumaire).

1828. Mérimée, la Jacquerie.

EPOQUE CONTEMPORAINE

LE SUBLIME D'HERNANI. PLAT ROMANTIQUE, er Gravure de Langlumé aumjel de la représenlalion d'Hernani. (Bibl. Nat , Est.) CL. HACHETTE.

Mérimée et de V. Hugo : l'un, dans le Théâtre de Clara Gazul (1825), puis dans la Jacquerie (1828), offre un drame familier, pittoresque, coulé dans les formes de la vie actuelle ou de l'histoire, et dégagé des conventions traditionnelles. L'autre, dans la Préface et dans le Drame de Cromwell, dressa la théorie complète et le spécimen monumental du théâtre romantique.

Il nous faut, avant de regarder les œuvres, étudier les doctrines, !es formules nouvelles ou prétendues telles : V. Hugo nous servira de guide, Vigny et Dumas ^ nous aidant à dégager chez lui ce qui est la pensée commune de l'école.

THÉORIE DU DRAME ROMANTIQUE, a a Au théâtre comme partout, le romantisme se détermine d'abord par opposition au goût classique : le premier article de la doctrine est de prendre le contre-pied de ce qu'on faisait avant.

Aussi est-il facile de définir le drame romantique un drame où ni les règles ni les bienséances de la tragédie ne sont observées. Plus d'vrtités : sous prétexte, comme dit Vigny ^, de donner « un tableau large de la vie, au lieu du tableau resserré de la catastrophe d'une intrigue ». Plus de distinction des genres : « des scènes paisibles sans drame, dit Vigny, mêlées à des scènes comiques et tragiques ». Plus de style noble : « un style familier, comique, tragique, et parfois épique », toujours selon les termes de Vigny. La Préface de Cromwell nous dit la même chose

1. V. Hugo : Préface de Crcrr.well (éd. Souriau, Paris, 189/, in-I6) ; Préfaces des autre» drames. Dumas, Un mot (en tête de Henri 111) ; Préface de Charles VU chez ses grands vassaux. Vigny, Dernière Nail de travail (Préface de Chatterton) ; Avant-Propos de la Maréchale d'Ancre ; Avant-Propos de l'éd. de 1839 et Lettre à Lord*** (avant le More de Venise). — A consulter : P. Nebout, Le Drame romantique, Paris, 1897, in^.

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