ROMANCIERS NATURALISTES : EMILE ZOLA
L'école naturaliste, que Flaubert se défendait d'avoir fondée, s'est constituée à la fin du second Empire, sous l'influence de Madame Bovary et des théories littéraires de Taine, sous l'influence plus lointaine et d'autant plus prestigieuse des grands travaux des physiologistes et des médecins. Le maître qui a fourni les formules les plus impérieuses, les applications les plus éclatantes de la doctrine, est Emile Zola ^.
Flaubert n'était encore qu'un artiste : Zola est, prétend être un savant. Il s'inspire, outre Taine, de Claude Bernard. Un roman n'est plus seulement pour lui une observation qui décrit les combinaisons spontanées de la vie : c'est une expérience, qui produit artificiellement des faits d'où l'on induit une loi certaine et nécessaire. Il n'y a pas
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ÉPREUVE CORRIGÉE DE LA DÉBÂCLE, a (Bibl. Nat., Mss.) cl. hachette.
LE ROMAN
lieu de nous arrêter à la théorie du roman expérimental : elle repose sur la plus smgulière méprise. Zola n'a jamais aperçu la différence qui existe entre une expérience scientifiquement conduite dans un laboratoire de chimie ou de physiologie, et les prétendues expériences du roman où tout se passe dans la tête de l'auteur, et qui ne sont en fin de compte que des hypothèses plus ou moins arbitraires Zola ne nous a-t-il pas confié lui-même, dans une lettre rendue publique, que son roman du Rêve était une « expérience scientifique » conduite « à toute volée d'imagination »?
Passons donc condamnation sur les prétentions scientifiques de Zola : toute la série des Rougon-Macquart, cette histoire naturelle d'une famille sous le second Empire, ne nous apprend rien sur la loi de l'hérédité, ne la démontre ni ne l'explique. Dans l'hypothèse de la parenté qui unit tous les héros de ces romans, je ne puis voir qu'un artifice littéraire, assez mutile du reste : les œuvres ne perdraient rien à rester isolées dans leurs titres, comme elles le sont de fait. Car toutes les branches de la famille des Rougon- Macquart poussent de tous côtés, à toutes hauteurs, et la série ne me donne pas même cette impression générale que produit la Comédie humaine de Balzac : les récits divergents ne concourent pas à former en moi l'idée d'un vaste ensemble social, où les diverses parties se tiennent et se raccordent.
La faiblesse de la conception scientifique de Zola apparaît assez curieusement dans le caractère particulier de chacun des romans qui doivent l'exprimer. Il semblerait que l'objet principal du romancier devrait être l'étude de l'individu en qui se continue la névrose héréditaire : mais pas du tout. L'individu s'efface : et les documents qu'apporte Zola sont relatifs à une spécialité professionnelle, ici les chemins de fer, là les mines, là la broderie, ailleurs la finance. C'est Gervaise qui est une Rougon-Macquart, mais c'est à l'alcoolisme de Coupeau que l'auteur s'attache ; et Gervaise, avec son hérédité, n'aurait pas déraillé, si Coupeau n'avait bu.
Au reste, expérimentations scientifiques, ou explications techniques, tout le scientifique et tout le technique se valent chez Zola : il n'est même pas vulgarisateur comme Jules Verne. Ce n'est chez lui qu'agitation confuse, étalage incohérent de mots savants ou spéciaux, qui étourdissent sans éclairer. C'est de la science en trompe-l'œil.
La psychologie des romans de Zola est assez courte. Sa doctrine lui disait — et son tempérament ne protestait pas contre sa doctrine — que l'observation scientifique est extérieure, non intérieure. Il ne s'est pas douté que ce n'est qu'en soi qu'on connaît les autres. Il a vu passer des gens en blouse ou en redingote, gesticuler des bras, étinceler des yeux, râler ou saigner des corps : et il s'est demandé ce que cela signifiait. Ou plutôt, il l'a demandé à sa science :
1. Taine (Préface des Essais de critique) invitait à l'erreur.
2. Cf. ce prodigieux Paradou, dans la Faute de Vabbé Mouret : il ny a pas un exemple, même chez Victor Hugo, d"un aussi fantastique agrandissement de la réalité ; cependant
LA. RELIURE DE G£RV//N/£ LACERTEUX D'E. ET j. DE GONCCURT. £1 Edition tirée à trois exemplaires. L'exemplaire de la Bibliothèque Nationale est recouvert dune reliure sur la]uelle Carrière a peint les portraits des deux auteurs ; le portrait d Edmond se détache au premier plan. (G. Chamerot, édit.)
ses manuels de médecine lui ont montré des cas pathologiques ; ses manuels de physiologie lui ont expliqué les fonctions de la vie animale. Persuadé qu'il tenait tout l'homme, il n'a rien cherché dans la vie humaine au delà des accidents de la névrose et des phénomènes de la nutrition. Des agitations de fous, ou des appétits de brutes, voilà tout ce qu'il nous offre : de là, l'indigence psychologique, le vide inquiétant de ses bonshommes : de là la mécanique brutale et grossièrement conventionnelle de leurs actes. Ce sont des fous ou des brutes, de qui, au bout de quatre cents pages, après qu ils ont étalé leur vie, on n'a rien à dire, sinon que ce sont des brutes ou des fous.
Malgré ses ambitions scientifiques, Zola est avant tout un romantique. Il me fait penser à Victor Hugo. Il a un talent vulgaire et robuste, où domine l'imagination. Ses romans sont des poèmes, de lourds et grossiers poèmes, mais des poèmes. Les descriptions sont intenses, éclatantes, écrasantes, et tournent en visions hallucinatoires " : l'œil de Zola, ou sa plume, déforme et agrandit tous les objets. C'est un rêve monstrueux de la vie qu'il nous offre : ce n'en est pas la réalité simplement transcrite. Sa fantaisie effrénée anime toutes les formes inertes ; Pans, une mine, un grand magasin, une locomotive, deviennent des êtres effrayants qui veulent, qui menacent, qui dévorent, qui souffrent ; tout cela danse devant nos yeux comme dans un cauchemar. La pauvreté et la raideur des caractères
cl. les Misérables (le jardin de la rue Plumet) et les Chansons d s rues et des bois. Pour le principe de ce procédé descriptif, voir la « personne » de la cathédrale dans Notre-Dame de Paris.
EPOQUE CONTEMPORAINE
ILLUSTRATION POUR FROMONT JEUNE ET RISLER AÎNÉ, a Dessin de
P.- A. Laurens, gravure de Decisy. (Houssiaux édit.)
individuels les inclinent à devenir des expressions symboliques ^, et le roman tend à s'organiser en vaste allégorie, où plus ou moins confusément se déchiffre quelque conception philosophique, scientifique ou sociale, de mince valeur à l'ordinaire et de nulle originalité. Tout cela est bien d'un romantique, et l'on a pu qualifier de réalisme épique le genre de Zola. Des épopées sociologiques, voilà bien en efïet ce qu'il a donné, et j'y trouve à peu près autant de document humain que dans les épopées humanitaires de la Légende des siècles.
Mais c'est précisément ce romantisme, cette puissance poétique qui font la valeur de l'œuvre de Zola : cinq ou six de ses romans sont des visions grandioses qui saisissent l'imagination. Surtout incapable, comme il est, de faire vivre un individu, il a le don de mouvoir les masses, les foules : il est sans égal pour peindre tout ce qui est confus et démesuré, la cohue des rues, une réunion de courses, une grève, une émeute. Toutes les parties de Germinal qui expriment la vie et l'âme collectives des mineurs, sont étonnantes de largeur épique.
1 . Les gras et les maigres, du Venlre de Paris. Le paysan el le bourgeois, dans !a Débâcle. Ailleurs une femme qui devient la Femme, et son vice le Vice universel. Même dans le couple de / Assommoir, peu d'individualité, et, au contraire, puissante vérité typique. I 2. Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870) de Concourt. — Éditions : Les Hommes de Lettres (Charles Demailly), 1860; Sa^ur PhiUmène, 1861 ; Manette Salomon, 1867; Madame Cervaisais, 1869 ; Idées el sensations, 1866, in-8 ; la Femme au XVIII" siècle, 1862. in-8. Edmond de Concourt, après la mort de son frère, donna seul quelques romans {les Frères Zemganno, 1879) et leur yourna/ (3 séries, en 9 vol.. 1887- 1896). De Jules seul: Lettres, 1885. — A consulter : P. Bourget, Essais de psychologie.
Avec ce Germinal, qui est l'épopée du mineur du Nord, l'œuvre maîtresse de Zola est i Assommoir, l'épopée de l'ouvrier parisien. Par un heureux accord de ces sujets vulgaires et de son talent brutal, Zola a mis dans ces deux romans plus de vérité, une observation plus serrée et plus précise que dans les autres ; là aussi, plus de sincérité, je crois, et moins d'artifice verbal. Ce sont les deux maîtresses œuvres qui resteront de ce laborieux ouvrier.
Il a pris, dans sa Débâcle, un grand sujet, le plus douloureux sujet pour les Français qui ont vu l'Année terrible : l'œuvre a paru manquée à beaucoup de lecteurs, qui ont jugé que l'émotion était dans la matière et sortait malgré l'erreur de l'artiste.
Cependant, les études historiques fouillées et précises qu'on nous a données sur la guerre de 1870 laissent la même impression de confusion ; désarroi, incohérence, piétinement, désorganisation, et va-et-vient des masses, c'est bien ce que Zola a compris et peint. Seulement le procédé artistique ici est mauvais : le cadre romanesque est banal ; on voudrait que l'écrivain se fût débarrassé de toute fiction, et eût composé simplement des tableaux de la guerre, sans héros ni épisode de son invention.
Je ne dis rien ici des dernières œuvres de Zola : ces romans de philosophie sociale, intéressants pour le biographe, n'ajoutent rien à la gloire littéraire de Zola.
LES CONCOURT, DAUDET, MAUPAS.SANT. /if/â
Edmond et Jules de Concourt ^ ont inventé trois choses, ils le disent du moins : le naturalisme, la vogue du XVIII^ siècle, et le japonisme. Pour nous en tenir à la littérature, ils se flattent un peu ; cependant, Germinie Lacerteux est de 1865, et suivait Renée Mauperin, qui est de 1864. Or tant par l'une que par l'autre de ces deux œuvres, ils indiquaient trois caractères du naturalisme : d'abord l'usage du document, de la note prise au vol dans les rencontres de la vie ; traduisons : la substitution du reportage à la psychologie ; en second lieu, la superstition ou la préten-
A. DAUDET : LA' PETITE PAROISSE, a Dessin de Marchetti pour le feuilleton de l'Illustration où ce roman paraisioit en 1894
LE ROMAN
tion scientifique, la fréquentation de la clinique, l'étude de l'hystérie ici, là de la maladie de cœur, donc la substitution de la pathologie à la psychologie ; enfin, dans Germinie Lacerteux, le principe si contestable que les faits vulgaires et les milieux populaires sont le propre domaine de l'art réaliste, qu'il y a plus de réalité dans l'œuvre quand il y a plus de grossièreté dans la matière.
Les Concourt ont eu conscience d'avoir été « des créatures passionnées, nerveuses, maladivement impressionnables )> : ils ont été en effet des maniaques littéraires. Sur leurs terribles carnets ils ont couché tout ce que leurs yeux et leurs oreilles ont rencontré, choses et hommes, meubles et idées : plus sensitifs qu'intelligents, ils ont à l'ordinaire curieusement fixé l'aspect des choses, cruellement aplati les idées des hommes. Surtout ils ne se sont jamais doutés combien cette féroce application à tout convertir en notes pour des livres pouvait fausser les justes proportions, altérer la vraie couleur de la vie. Dans leur œuvre laborieuse, ils ont réussi surtout à exprimer certains types de détraqués et de déclassés, gens de lettres, artistes, acrobates ; ils ont rendu avec une singulière originalité les formes d'âmes les plus factices qu'une civilisation trop raffinée fait éclore, la jeune fille du grand monde parisien, par exemple, dans ce roman de Renée Mauperin, qui demeurera, je pense, l'une des œuvres caractéristiques de la seconde moitié du XIX^ siècle.
Enfin, par leur style tourmenté, raffiné, souvent extravagant ou alambiqué, souvent aussi d'une intense et originale précision, les Concourt ont exercé une grande influence sur leurs contemporains. Ils ont créé vraiment le style impressionniste : un style très artistique, qui sacrifie la grammaire à l'impression, qui, par la suppression de tous les mots incolores, inexpressifs, que réclamait l'ancienne régularité de la construction grammaticale, par l'élimination de tout ce qui n'est qu'articulation de la phrase et signe de rapport, ne laisse subsister, juxtaposés dans une sorte de pointillé, que les termes producteurs de sensations.
Alphonse Daudet ^, un fin Méridional, nature souple, nerveuse, séduisante, a subi l'influence de Zola et des
LA MAISON D'ALPHONSE DAUDET A CHAMPROSAY. cl neurdein.
PORTRAIT D'ALPHONSE DAUDET, PAR CARRIÈRE. /H (Collection Loys
Delteil.) CL. HACHETTE.
Concourt. Ce n'a pas été toujours pour son bien : mais le mal, en somme, n'est pas grave, et son œuvre met suffisamment en lumière son originalité. Lui aussi, il a eu des calepins noirs de notes ; lui aussi, il a déversé ses notes dans ses romans ; on y a trouvé le fait divers, le procès scandaleux de la veille ou de l'avant-veille. Lui aussi, il a pris une gravité de médecin consultant, il a tâté le pouls à la société ; on l'a vu déposer en justice comme un expert en psychologie, dont la consultation fait preuve.
Mais Daudet avait trop de spontanéité pour que ses théories pussent gâter son talent : et il nous a donné quelques-uns des plus touchants, des plus séduisants romans que nous avons. Tout ce qui est dans son œuvre impression personnelle et vécue, non pas seulement chose vue, mais chose sentie, ayant fait vibrer son âme douloureusement ou délicieusement, tout cela est excellent : il a été supérieur dans la description de tout ce qui intéressait sa sympathie. L'impersonnalité du savant n'a jamais été son fait : mais il a su objectiver sa sensation, remonter à la cause extérieure de son émotion, et, domptant le frémissement intérieur de son être, que l'on sent toujours et qui prend d'autant plus sur nous, il s'est appliqué à noter exactement l'objet dont le contact l'avait froissé ou caressé. Il est arrivé
I . Alphonse Daudet (né à Nîmes en 1840, mort en 1897), débute par un volume de vers, les Amoureuses (1858) ; Lettres de mon Moulin (1869) ; Contes du lundi (1873).
Éditions : Fromont jeune et Risler aîné (1874), le Nabab (1877), Sapho (1884), Charpentier, in-18 ; Jack Q vol., 1876) ; les Rois en exil (1879), VÉvangéliste (1883), Dentu, in-18 ; le Petit Chose (1868), Hetzel, in-18. et Lemerre, pet. in-12 ; l'Immortel (1880), Lemerre, in-18 ; Théâtre. Charpentier, 2 vol. in-18, 1880-1896. Œuvres complètes, éd. définitive, in-8. 17 vol., 1899-1901.— A consulter : A. Daudet, Trente Ans de Paris (1880), Souvenirs d'un homme de lettres (1888), Coll. Guillaume ; F. Brunetière, Z.e Roman naturaliste ; Doumic, Portraits d'e'crivains.
EPOQUE CONTEMPORAINE
PORTRAIT DE MAUPASSANT. a Gravure de Desmoulin. (Bibl. Nat., Est.) CL. HACHETTE.
à faire une œuvre objective, et point du tout impersonnelle. Provençal, il a décrit la Provence, son soleil, ses paysages, depuis le caricatural Tartarin jusqu'au très réel Roumestan. Ayant vécu à Lyon et à Pans, dans les quartiers populeux, parmi la petite bourgeoisie, ayant peiné, et longtemps coudoyé les gens qui peinent, commerçants, employés, ouvrières, il a représenté les vieilles maisons, les rues bruyantes de Lyon et de Pans, la vie laborieuse et tumultueuse des fabriques, les durs combats pour arriver aux échéances ou atteindre le jour de paye, l'effort journalier, épuisant, contre la misère : le Petit Chose, Jack, Fromont jeune et Risler aîné, des coins du Nabab et de l'Evangéliste sont d'exquises et fortes peintures de la vie bourgeoise et presque populaire. Daudet a l'intuition psychologique et la bonne méthode : il a su fabriquer son œuvre avec son expérience intime, sans étaler son moi. Il se pourrait bien que la vraie poésie réaliste, que nous cherchions précédemment, ce fût lui qui l'eût trouvée.
Enfin, Daudet a tenté aussi de grandes études historiques de mœurs contemporaines : le monde du second Empire dans le Nabab, le monde des souverains en déplacement ou en disponibilité dans les Rois en exil, le monde de l'Institut dans l'Immortel. Ce dernier roman est une complète erreur ; mais les précédents, dans le décousu et l'incohérence de leur composition, présentent d'admirables parties. Daudet, finement et nerveusement, a su rendre certains aspects du Pans de son temps, aspects de la ville, aspects des âmes ; il a dessiné de curieuses et vivantes figures : il a rendu aussi, en scènes touchantes ou
I. Guy de Maupassant (1850-1893), filleul de G. Flaubert. — Editions : Des t'en (1880), Charpentier ; t/ne vie (1883), Bel ami (1885), la Petite Roque (1886), etc., en tout 9 vol., V. Havard, in-18 ; Pierre et Jean (1888), Fort comme la mort (1889), Notre cœur, etc., en tout 8 vol., Ollendorff, in-18, — A consulter : F. Brunetière, Le Roman naturaliste. R. Doumic, Écrivains d'aujourd'hui ; G. Maynial, La vie et l'œuvre de Maupassant, 1906.
grandioses, l'idée que de loin, par les indiscrétions des journaux ou la publicité des tribunaux, nous pouvons nous faire des existences princières dans les conditions que le temps présent leur fait. Mais il a donné des analyses plus serrées et plus poignantes, dans ce roman de l'Evangéliste, où il a dépeint le ravage du fanatisme religieux dans certaines âmes contemporaines. Dans son écriture, comme on dit, un peu hâtive, trop voisine parfois des documents du calepin, c'est là vraiment une œuvre forte. 11 a réussi peut-être encore mieux dans Sapho, sujet scabreux et navrant, qu'il a traité avec une délicatesse, une force, une sûreté incomparables.
La répression de la sensibilité, l'étude sévère de l'objet ne coûtaient aucune peine à Guy de Maupassant ^ : aussi est-ce chez lui, après Flaubert, qu'il faut chercher la plus pure expression du naturalisme. Talent robuste plutôt que fin, sans besoin d'expansion sympathique, sans inquiétude intellectuelle, Maupassant n'avait ni affections m idées qui le portassent à déformer la réalité : ni son cœur ne réclamait une illusion, ni son esprit ne cherchait une démonstration. Flaubert lui apprit à poursuivre le caractère original et particulier des choses, à choisir l'expression qui fait sortir ce caractère. Une fois formé, au gré de son maître, Maupassant se mit à écrire des nouvelles et des romans remarquables par la précision de l'observation et par la simplicité vigoureuse du style.
Dans tout cela, pas de philosophie profonde : dans l'air
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